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"Autochtones ayant gardé leurs gènes de sauvage" : L'amende de Brigitte Bardot divisée par 2 en appel

Mars 2019, l'ancienne actrice dénonçait l'errance animale à La Réunion dans un courrier adressé au préfet. Elle y accablait les Réunionnais, les qualifiant de "population dégénérée". Jugée pour ces faits, elle avait été sanctionnée à payer une amende de 20.000 euros en première instance, décision qu'elle a contestée devant la cour d'appel qui vient de rendre une décision plus clémente
Ecrit par Isabelle Serre – le jeudi 15 décembre 2022 à 08H58

Le 19 mars 2019, Brigitte Bardot dénonçait l'errance animale et s'en prenait directement aux Réunionnais. Dans une lettre ouverte  adressée au préfet, elle qualifiait La Réunion "d'île du diable" et ses habitants "d'autochtones qui ont gardé leurs gènes de sauvages". L'ancienne actrice avait expliqué qu'elle recevait un grand nombre de courriers qui lui étaient adressés personnellement et dans lesquels "la barbarie des Réunionnais vis-à-vis des animaux" était dénoncée.

Population dégénérée, traditions barbares, île démoniaque, les adjectifs insultants étaient nombreux dans cette missive qui avait choqué jusque dans l'Hexagone.

Une plainte à la demande de l'ex-ministre des Outre-mer

À la demande d'Annick Girardin alors ministre des Outre-mer, le préfet avait déposé une plainte malgré les excuses présentées par Brigitte Bardot. Celle-ci a été poursuivie devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis pour injures raciales au même titre que son collaborateur, Bruno Jacquelin.

Après de multiples renvois, le procès s'était enfin tenu le 7 octobre 2022 devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis. Plusieurs associations et personnalités s'étaient portées parties civiles dont la Ligue des droits de l'homme, la Fédération Tamoule de La Réunion et le député Jean-Hugues Ratenon.

Coupable d'injures raciales envers les Réunionnais

25.000 euros d’amende et une diffusion dans les médias de la condamnation pour Brigitte Bardot et 5000 euros d’amende pour Bruno Jacquemin avaient été requis par le parquet.

Brigitte Bardot avait été reconnue coupable d’injures raciales envers les Réunionnais et condamnée à payer 20.000 euros aux parties civiles. Son collaborateur et responsable communication de la fondation, Bruno Jacquelin, était lui aussi reconnu coupable avec une amende à verser de 4000 euros.

Une décision contestée par l'ex-égérie du cinéma français et rejugée devant la cour d'appel de La Réunion, le 25 septembre dernier. Lors de ses réquisitions, l'avocat général avait proposé à la cour de prononcer une amende de 40.000 euros d’amende à l'encontre de Brigitte Bardot - 25.000€ requis en première instance - et 4.000 euros pour Bruno Jacquelin, soit 1.000€ de moins qu'au premier jugement.

Après en avoir délibéré, les magistrats de la cour ont condamné Brigitte Bardot à payer une amende de 10.000 euros, soit deux fois moins qu'en première instance, mais aussi à une parution à ses frais d'un extrait du jugement pendant trois jours dans Le Quotidien de La Réunion et Le Journal de l'Île.

Bruno Jacquelin est, quant à lui, sanctionné à hauteur de 2.000 euros dont il devra s'acquitter et aussi à la parution d'un extrait du jugement dans les quotidiens locaux.

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