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Le Tampon : interpellé deux fois en trois semaines avec du “dou”, il évite la détention immédiate

Ecrit par Gaetan Dumuids – le dimanche 4 octobre 2026 à 15H27

Un Tamponnais né en 2001 a été condamné ce vendredi 2 octobre par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre dans une affaire de stupéfiants. D’abord contrôlé début août avec plus de 15 grammes de “dou”, il a été interpellé trois semaines plus tard dans un lieu présenté comme un point de vente. Le tribunal l’a condamné à 18 mois de prison, dont 10 mois avec sursis probatoire.

L’affaire jugée ce vendredi 2 octobre en comparution immédiate au tribunal correctionnel de Saint-Pierre commence au début du mois d’août. Ce jour-là, Lucas est contrôlé par les gendarmes dans une station-service de Trois-Mares.

Dans ses affaires, les militaires retrouvent deux pochons de “dou” : l’un de 10,30 grammes, l’autre de 5 grammes. À l’audience, le jeune homme explique qu’il revenait d’acheter le produit. Selon lui, 5 grammes étaient destinés à sa propre consommation et 10 grammes à un ami.

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“Plus on achète en gros, plus le prix baisse”, explique-t-il devant le tribunal. Il affirme avoir payé 500 euros pour les 15 grammes.

Lors de ce premier contrôle, Lucas refuse de donner le nom de cet ami. Il refuse aussi de communiquer le code de déverrouillage de son téléphone. À la barre, il justifie ce silence par la peur de représailles contre lui et sa famille.

Après cette première interpellation, il bénéficie d’une composition pénale. Mais trois semaines plus tard, il réapparaît dans une nouvelle procédure.

Un lieu de vente signalé par le voisinage

Les gendarmes interviennent cette fois dans un squat présenté à l’audience comme un point de vente de “dou”, après des signalements du voisinage. Sur place, trois personnes sont contrôlées, dont Lucas.

Les déclarations des autres mis en cause pèsent dans le dossier. Lucas se présente comme étant au service de Loïc. Les deux autres le décrivent plutôt comme un acteur placé au même niveau que lui.

Lucas, de son côté, conteste cette lecture. Il affirme avoir eu un rôle limité. Selon sa version, il récupérait de l’argent pour Loïc en échange de sa propre consommation.

“Je suis tombé dans un engrenage plus gros que moi”, assure-t-il.

“Je suis tombé dans le dou”

À l’audience, Lucas reconnaît les faits qui lui sont reprochés, contrairement à sa position en garde à vue, où il contestait. Son discours est désormais centré sur sa consommation et sur sa volonté de s’en sortir.

“Je suis tombé dans le dou et j’ai du mal à m’en sortir. Je n’ai jamais été un criminel”, déclare-t-il devant le tribunal.

Il évoque aussi le décès de sa grand-mère, qui l’aurait marqué, et sa première nuit passée en prison, vécue comme “un électrochoc”.

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“Je ne veux plus aller là-bas”, dit-il. “Je n’ai plus envie de consommer, je n’ai plus envie d’être dans ce trafic.”

Le jeune homme présente un casier judiciaire vierge. Un précédent lié au cannabis est évoqué à l’audience, sans condamnation importante.

Le parquet pointe une nouvelle interpellation très rapide

Pour le procureur, le dossier ne peut pas être réduit à une simple consommation personnelle. Le ministère public rappelle que le “dou” est une drogue “addictive et onéreuse” et insiste sur les conséquences de ce produit sur les familles, le voisinage et l’ordre public.

“Il a été interpellé avec 15 grammes en sa possession. Il a refusé de parler, il a refusé de se soumettre au dépistage, il a refusé de donner son code téléphonique, et malgré ça il a eu une clémence”, relève le procureur.

Trois semaines plus tard, le jeune homme est retrouvé dans un lieu présenté comme un point de vente. Pour le ministère public, son comportement en garde à vue tranche avec celui adopté à l’audience, où il pleure à plusieurs reprises.

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“Il a eu une attitude de voyou durant sa garde à vue, en totale discordance avec son attitude d’aujourd’hui”, estime le procureur.

Selon le parquet, Lucas et Loïc avaient un rôle d’approvisionnement dans le dossier. “Quand on a peur des représailles, c’est qu’on a atteint un niveau important dans le trafic”, ajoute le ministère public.

Le procureur requiert trois ans de prison, dont un an avec sursis probatoire, une interdiction de contact avec les deux autres mis en cause, la confiscation de deux téléphones et un maintien en détention pour la partie ferme.

La défense conteste un rôle important

Pour la défense, les réquisitions sont trop sévères au regard des éléments du dossier. Me Ben Ali Ahmed estime que le ministère public a davantage insisté sur les conséquences générales de la drogue que sur les faits précis reprochés à son client.

L’avocat relève aussi l’absence de confrontation entre les trois mis en cause, malgré 48 heures de garde à vue. Selon lui, les déclarations divergent et ne permettent pas d’établir clairement le rôle de chacun.

“Il y a deux versions. Comment peut-on savoir la vérité ?”, interroge-t-il.

Me Ben Ali Ahmed rappelle également que les deux autres personnes poursuivies dans ce dossier ont connu un sort judiciaire différent, avec des peines de 18 mois aménageables.

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“Venir demander trois ans de prison alors que les deux autres ont une sanction beaucoup plus clémente, alors que les rôles ne sont pas démontrés, c’est extrêmement sévère”, plaide-t-il.

Pour la défense, Lucas avait un rôle limité et aucune violence ne lui est reprochée. L’avocat demande une peine plus mesurée, avec un sursis probatoire et un aménagement sous bracelet électronique.

18 mois de prison, pas de mandat de dépôt

Le tribunal reconnaît Lucas coupable, mais ne suit pas entièrement les réquisitions du parquet. Il le condamne à 18 mois de prison, dont 10 mois assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans.

Le jeune homme devra respecter une obligation de soins, travailler, s’acquitter des obligations fixées par la justice et ne pas entrer en contact avec les deux autres mis en cause.

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Le tribunal ne décerne pas de mandat de dépôt et laisse au juge de l’application des peines le soin de décider de la suite. Lucas ne repart donc pas immédiatement en détention. La juridiction explique tenir compte de son implication plus limitée et de la nécessité de rester cohérente avec les peines déjà prononcées dans ce dossier.

L’avertissement est toutefois clair : en cas de nouveau délit, le jeune homme risque la révocation de ses sursis.

Etiquettes : Dou | Le Tampon | PU1

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