Asthme : Une mortalité 4 fois plus importante qu'en métropole

Quel est l'objectif des actions qui ont été menées aujourd'hui?
Comme l'an dernier à l'occasion de la journée mondiale de l'asthme, nous avons choisi de mener une action de prévention au sein d'un établissement scolaire. Après le Tampon, nous nous sommes rendus cette année au collège de l'Etang-Salé auprès d'élèves de 6ème. Comme beaucoup d'actions de prévention, le jeune public est une cible importante, plus on sensibilise tôt, mieux c'est.
Notre Département connaît un taux important de personnes asthmatiques. Où en est-on en 2010?
Nous constatons que toujours beaucoup de gens à la Réunion sont concernés puisque 19% de la population est asthmatique (10% en moyenne dans les régions de métropole).
Il est toujours aussi difficile d'expliquer pourquoi la Réunion est tant touchée par cette maladie. Une part de génétique importante sans doute, un environnement favorable aux allergies aussi... Quoi qu'il en soit, nous sommes confrontés à des cas sévères, ce qui sous-entend plus d'hospitalisation et de mortalité.
Comment prévenir?
Nous insistons sur le caractère chronique de la maladie et, comme aujourd'hui, nous faisons une démonstration de mesure du souffle. Cette étape est trop souvent oubliée.
Faire de la prévention comme cela a été le cas aujourd'hui dans un établissement scolaire permet, à terme, de freiner les hospitalisations trop nombreuses, et la mortalité qui est quatre fois plus importante qu'en métropole.
On le dit souvent, avoir de l'asthme n'empêche pas d'avoir une vie tout à fait ordinaire...
L'asthme n'est pas une fatalité, et on vit très bien avec. Mais comme pour beaucoup de traitements chroniques, une certaine lassitude et une angoisse vis-à-vis du traitement s'installent. On a, par exemple aujourd'hui, communiqué sur le fait que ce n'est pas un traitement qui s'avale, il faut l'inhaler. La technique nécessite un apprentissage particulier qu'il faut maîtriser pour obtenir des résultats intéressants.
On peut pratiquer n'importe quel sport lorsque l'on est asthmatique?
Il doit être adapté à la personne, avec un traitement associé. Seule contre-indication, la plongée sous-marine. Et depuis peu, on se rend compte que la natation n'est pas forcément la bonne solution car le chlore est très irritant. De façon générale, on conseille d'aller à son rythme. Il faut s'écouter, apprendre à se connaître.
Et la sexualité?
Il est vrai que c'est un sujet récent, qu'il est nécessaire d'évoquer. Certaines personnes sont gênées par leur asthme lors des rapports sexuels, ont des difficultés respiratoires...
Pour le patient, c'est tabou, et le médecin ne pense pas forcément à poser ce type de questions. C'est en tout cas une réflexion qui commence sérieusement à avancer. On se rend compte que nos interrogatoires doivent être plus précis.


