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Assurance : comment se faire indemniser après un cyclone ?

Ecrit par Julien Delarue – le lundi 3 mars 2025 à 16H42
Photo : Pierre Marchal / Anakao Press

Après le passage du cyclone Garance, les sinistrés doivent s’appuyer sur leurs assurances pour obtenir réparation des dégâts subis. Mais tous les dommages ne relèvent pas forcément du régime des catastrophes naturelles. Explications.

Chaque saison cyclonique soulève son lot d’interrogations pour les sinistrés. Quels dégâts sont couverts par l’assurance ? À quelles conditions un cyclone est-il reconnu comme une catastrophe naturelle ? Et quelles sont les démarches à entreprendre pour être indemnisé ? Interrogé sur Réunion La 1ère, James Huet, président du comité des assureurs, indique que les premières estimations d'un cabinet d'expertise font état d'environ 50.000 sinistrés à La Réunion après le passage de Garance.

Un cyclone combine plusieurs phénomènes : vents violents, inondations, submersion marine, coulées de boue… Pourtant, pour que l’État reconnaisse un événement comme catastrophe naturelle, certaines conditions doivent être remplies. Concernant le vent, il doit atteindre au moins 145 km/h en moyenne sur dix minutes ou 215 km/h en rafales mesuré en surface. Si ces seuils ne sont pas atteints, l’indemnisation repose uniquement sur la garantie tempête de votre assurance habitation. L’État statue commune par commune et publie, si nécessaire, un arrêté interministériel au Journal officiel.

Les assurés disposant d’un contrat habitation, entreprise ou automobile incluant la garantie catastrophe naturelle sont couverts à condition que cet arrêté soit prononcé. Cette garantie prend en charge les dommages directs aux bâtiments, aux meubles, aux véhicules et aux équipements agricoles stockés. En revanche, elle ne couvre pas les bateaux, les avions, ni les marchandises transportées. Les cultures non engrangées et le bétail en extérieur sont également exclus, relevant d’aides spécifiques comme le fonds de secours pour l’Outre-mer.

Ce qui est exclu des assurances

Certains dommages ne sont pas pris en charge par l’assurance, même en cas de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. C’est le cas des biens non assurés en dommages, comme les clôtures, jardins, parkings et terrains. Les récoltes en plein champ, les sols et le bétail non enfermé sont également exclus et doivent faire l’objet d’une demande d’aide auprès des dispositifs publics. De même, les pertes indirectes comme la privation de jouissance d’un bien, la perte de loyers ou les marchandises périssables en raison d’une coupure d’électricité ne sont pas couvertes, sauf garantie spécifique prévue au contrat. Enfin, les dommages résultant d’un vol ou d’un acte de vandalisme commis à l’occasion d’un cyclone ne relèvent pas du régime des catastrophes naturelles, mais de la garantie vol si elle est souscrite.

Les voitures face aux inondations : une couverture variable

Les véhicules submergés par les inondations posent une question cruciale d’indemnisation. Seuls les véhicules assurés en tous risques ou disposant d’une garantie complémentaire couvrant les catastrophes naturelles peuvent prétendre à une prise en charge des dommages causés par l’eau. En revanche, les voitures assurées au tiers ne sont pas couvertes, sauf si l’assuré a souscrit une extension spécifique. Une situation qui peut laisser de nombreux automobilistes sans recours après un cyclone, notamment dans les zones fortement exposées aux inondations.

Les voitures assurées au tiers ne sont pas couvertes

Autre point à surveiller : l’état du véhicule après une submersion. Si un moteur a été noyé, tenter de le redémarrer peut aggraver les dégâts et compromettre l’expertise. Il est donc conseillé d’attendre l’avis d’un garagiste ou d’un expert mandaté par l’assurance avant toute tentative de remise en route.

Les démarches pour être indemnisé

En cas de sinistre, il est impératif de déclarer les dommages à son assureur dans les 30 jours suivant la publication de l’arrêté. L’assureur dispose ensuite d’un mois pour mandater un expert et proposer une indemnisation. Une fois l’accord trouvé, le versement doit être effectué sous 21 jours. Si l’état de catastrophe naturelle n’est pas reconnu, les dommages sont indemnisés selon les garanties du contrat, notamment la garantie tempête qui s’applique systématiquement aux dégâts causés par le vent.

Enfin, une franchise légale reste à la charge de l’assuré. Son montant varie selon les biens concernés : 10 % du montant des dommages pour les professionnels (avec un minimum de 1.140 euros) et trois jours d’activité pour les pertes d’exploitation. Pour les collectivités sans plan de prévention des risques naturels, cette franchise peut être multipliée jusqu’à quatre fois en cas de catastrophes successives.

Dans tous les cas, la vigilance est de mise. Les sinistrés doivent conserver des preuves des dégâts (photos, vidéos) et consulter leur assureur pour vérifier l’étendue de leur couverture.

Lire aussi : Tout savoir sur le cyclone Garance

Etiquettes : Cyclone Garance

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