Ary Yee Chong Tchi Kan : Ma réaction au décès de M. Chu Fu-shiang
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Le 14 novembre, je publiais un courrier à la suite de la poignée de main médiatique entre Xi Jinping, président de la République Populaire de Chine et Ma
Yin-jeou, président de la République de Chine (Taïwan) qui a eu lieu à Singapour le 7 novembre. J'avançais l'idée que la réconciliation chinoise est en
bonne voie, par conséquent, les Réunionnais ne doivent plus se diviser en suivant l'un des 2 camps, mais de consacrer leurs efforts au service de La
Réunion, au renforcement de la fraternité Réunionnaise. Je saisis l'opportunité du décès de M. Chu Fu-shiang et, surtout l'absence de reconnaissance
publique à son égard, pour illustrer mon hypothèse.
Cet homme, ancien commerçant très connu à Saint Benoit, était un fervent soutien de la réconciliation Chinoise. Il était une référence pour ici et là-bas.
Pendant longtemps, il assumait une sorte de diplomatie populaire, en particulier dans la période tendue où la position du gouvernement Français virait à
l'hystérie anti-communiste. De ce fait, il était constamment inquiété par les policiers des renseignements généraux.
Très discret et généreux, il a accompagné toutes les actions visant à renforcer les liens entre La Réunion et la Chine. C'est ainsi qu'il y a 30 ans, il avait
remis au PCR une pétition des associations culturelles réunionnaises qui réclamaient l'installation d'un Consulat de Chine. Cette revendication a été portée
au plus haut niveau décisionnaire, à Beijing, par une délégation du PCR qui était invitée par le Parti Communiste Chinois pour des échanges d'analyses
politiques, après une absence de relation durant 20 ans. C'était en novembre 1985.
A cette époque, M. HU Yao-bang, chef du PCC et Président de la Chine, avait la lourde tâche d'appliquer les décision du grand tournant historique opéré
par la direction de son parti en 1978, une expérience inédite, 11 ans avant la fin de la guerre froide. Par exemple, la zone économique spéciale de
Shenzhen n'était encore qu'un concept. Ce village de pêcheurs compte aujourd'hui 14 millions d'habitants. Ici, à La Réunion, nous rêvions de rétablir un
système ferroviaire qui n'est toujours pas réalisé! Les dirigeants actuels de la Chine viennent de consacrer un "symposium" à l'œuvre de ce visionnaire, à
l'occasion du centenaire de sa naissance.
La décennie qui suivit cette rencontre au sommet entre les partis Chinois et Réunionnais a donné lieu à de nombreuses initiatives issues de canaux
différents, mais qui ont toutes convergé vers l'ouverture officielle du Consulat de Chine, à Saint Denis. Le Conseil Régional, sous la présidence de Paul
Vergès, avait accompagné et facilité son installation, en 2009. Apparemment les Réunionnais en sont satisfaits puisque, selon le volume de visas traités,
notre Consulat est classé deuxième sur 7 établissements répartis sur l'ensemble Français.
Il reste à faire l'inventaire du nombre de délégations officielles que Mr Chu Fu Shiang a reçues et le nombre d'initiatives dont il a honoré de sa présence;
nous serions surpris du rôle essentiel tenu par cet homme si humble et discret.
J'écris ce billet pour que personne n'oublie la contribution décisive de M.Chu à l'ouverture de La Réunion vers la Chine, surtout que de nombreux Chinois
sont morts à La Réunion, sans avoir pu revoir une seule fois leurs parents. En ce sens, cet homme est l'exemple de quelqu'un qui a œuvré pour La
Réunion et les Réunionnais, pour que vive la fraternité Réunionnaise. Nous devrions lui en être très reconnaissants.
Ary YEE-CHONG-TCHI-KAN,
Fondation Fraternité Réunionnaise.


