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Après la mobilisation devant la préfecture, le dossier Batay coq s’invite devant le tribunal

Ecrit par S.I. – le jeudi 18 décembre 2025 à 15H29
© Pierre Marchal

Après la mobilisation de plus de 400 propriétaires de coqs de combat devant la préfecture, le dossier du batay coq s’est invité ce jeudi au tribunal administratif. Saisie d’un recours en référé contre l’arrêté préfectoral, la juridiction rendra sa décision ce vendredi 19 décembre.

La mobilisation des propriétaires de coqs de combat n’a pas faibli à La Réunion. Plus de 400 manifestants se sont rassemblés ce mercredi 18 décembre devant les grilles de la préfecture pour réclamer la levée de l’arrêté préfectoral interdisant, jusqu’à nouvel ordre, la pratique du batay coq sur l’île. Une interdiction prise à la suite de la découverte d’un foyer de la maladie de Newcastle dans une basse-cour du Tampon, entraînant la mise en place d’une zone de protection de 3 km et d’une zone de surveillance de 10 km autour du foyer.

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À l’issue des échanges avec les services de l’État, les représentants des propriétaires ont obtenu une première avancée : une dérogation autorisant l’ouverture de quatre ronds de batay coq répartis autour de l’île. "Il y aura des batay coq pour le 20 décembre, c’est une première victoire et ce n’est que le début", s’est félicité Guy Barret, porte-parole du mouvement, rappelant l’importance symbolique de cette date, marquée chaque année par de nombreux tournois.

Lire aussi : "Il y aura des batay coqs pour le 20 décembre"

La préfecture invoque l’urgence sanitaire

Mais le bras de fer s’est également poursuivi sur le terrain judiciaire. Ce jeudi matin, le tribunal administratif de Saint-Denis examinait un recours en référé déposé par des propriétaires de coqs de combat, demandant la suspension de l’arrêté préfectoral. La décision doit être rendue ce vendredi 19 décembre.

À la barre, la représentante de la préfecture a défendu la légalité et la nécessité des mesures prises. Elle a insisté sur la gravité de la situation sanitaire : "La maladie de Newcastle est très contagieuse et mortelle, aussi bien pour les volailles que pour la faune environnante. L’enquête épidémiologique a révélé qu’un ron batay était concerné et avait reçu des participants. Il y avait urgence à agir sur un territoire fragile."

Selon la préfecture, il ne s’agit toutefois pas d’une interdiction définitive de la pratique. "Il n’est pas question d’interdire l’élevage ou les événements autour du batay coq. Les mesures ne sont pas faites pour durer et seront levées dès que le virus ne circulera plus", a-t-elle assuré.

Une réglementation jugée "floue" et disproportionnée

Juriste de formation et se présentant comme un acteur de terrain, Antoine Fontaine a assuré la défense des propriétaires de coqs de combat lors de l’audience. Il conteste notamment les mesures générales prévues par l’arrêté, en particulier l’obligation de déclaration et de vaccination des coqs, assortie de sanctions pénales.

"Hier, le préfet a indiqué qu’il était favorable à l’ouverture de quelques ron batay, ce qui prouve que d’autres mesures sont possibles. Entre la gestion de la crise sanitaire et l’obligation de déclaration et de vaccination, nous sommes dans le flou", a-t-il plaidé, rappelant que "Dieu sait combien de Réunionnais détiennent des volailles".

Interpellé par la présidente du tribunal, qui a rappelé que l’obligation vaccinale est prévue par la réglementation, Antoine Fontaine a précisé : "Oui, mais uniquement pour les filières professionnelles. Or l’arrêté concerne aussi les particuliers, le non-commercial. Nous demandons la suspension de ces mesures dans l’attente d’un recours sur le fond, car La Réunion est la seule à imposer de telles obligations aux particuliers."

"Ce n’est pas qu’une histoire de coqs, c’est une question de droit"

À la sortie de l’audience, Antoine Fontaine a réaffirmé ses inquiétudes, évoquant une atteinte aux libertés individuelles et un manque de cohérence dans l’application de l’arrêté. "L’obligation vaccinale ne relève pas de la gestion de crise, c’est une mesure permanente qui n’existe qu’à La Réunion. En plus, l’obligation de déclaration est assortie de sanctions pénales."

Il pointe également une communication jugée insuffisante de la part de l’État, notamment concernant les dérogations accordées pour le 20 décembre : "Il a été précisé seulement aujourd’hui devant le juge que le préfet avait mis en place un régime de dérogation. Les critères ne sont pas clairement connus, tout cela reste très flou."

Pour Antoine Fontaine, les conséquences concrètes de l’arrêté posent question : "Si demain j’emmène mon coq malade chez le vétérinaire, je peux me faire verbaliser sur la base de cet arrêté. À un moment donné, il faut de la cohérence."

Déterminé, Antoine Fontaine n’exclut pas de porter l’affaire plus loin : "S’il faut aller jusqu’au Conseil d’État, nous irons. Nous ne lâcherons pas. Ce n’est pas qu’une histoire de coqs, c’est une question de droit, de libertés et d’attachement à nos traditions et à nos parcs à poules."

La décision du tribunal administratif, attendue ce vendredi 19 décembre, est désormais très scrutée par les propriétaires de volailles et les amateurs de batay coq, à la veille d’une journée du 20 décembre hautement symbolique à La Réunion.

Etiquettes : Filière volaille

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