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Abattoir Evollys : Duchemann et Grondin contestent la décision et annoncent un pourvoi en cassation

Ecrit par J.D – le vendredi 4 juillet 2025 à 11H26

Après la décision de la cour d’appel confirmant la reprise en main d’Evollys par la Soficoop, le groupe Duchemann et Grondin réagit. Dans un communiqué, Cédric Duchemann dénonce une « victoire paradoxale » et annonce son intention de se pourvoir en cassation.

Le groupe Duchemann et Grondin réagit à la décision de la cour d'appel de Saint-Denis. À la suite de l’arrêt de la cour d’appel de Saint-Denis, qui consacre la récupération par la Soficoop de l’intégralité des parts de l’abattoir Evollys à l’Étang-Salé, le dirigeant du groupe, Cédric Duchemann, a publié ce vendredi un communiqué offensif. « Rien ne change », martèle-t-il, en se félicitant que la gouvernance opérationnelle d’Evollys reste, selon lui, entre les mains d’EDG.

Lire aussi : Guerre de la volaille : la Soficoop garde la main sur l'abattoir Evollys

« La cour d’appel de Saint-Denis a rendu un arrêt qui conforte EDG à la gouvernance de l’abattoir Evollys », affirme Cédric Duchemann, considérant que les pactes d’associés « véritables fondations de cet outil essentiel » n’ont pas été résiliés sur ce point par la cour. Pour le groupe, il s’agit donc d’un troisième revers infligé à l’administrateur judiciaire, qui tentait d’écarter EDG de la gestion de l’abattoir. « Nos collaborateurs, qui s’étaient massivement mobilisés contre ce possible retour, peuvent être complètement rassurés », poursuit le communiqué, assurant que l’équipe en place poursuivra son travail « pour faire grandir la filière volaille, avec les éleveurs, et pour les consommateurs réunionnais ».

Vers la cour de cassation

Cédric Duchemann ne cache cependant pas son désaccord sur la deuxième partie de l’arrêt, à savoir l’annulation de la promesse de cession de 50 % des parts d’Evollys au groupe Duchemann et Grondin. Une décision « juridiquement critiquable », estime-t-il, et qui va selon lui à l’encontre de l’intérêt de la Soficoop, alors en redressement judiciaire et qui se voit privée, souligne le communiqué, « du produit important de la cession des parts ».

Surtout, le dirigeant pointe le paradoxe d’une victoire dont le coût pourrait s’avérer très élevé pour la coopérative. « La Cour rappelle qu’il y aura un prix à payer pour cette résiliation, soit 36 millions d’euros de préjudice au profit du groupe Duchemann et Grondin », insiste Cédric Duchemann, qui s’interroge : « Peut-on réellement parler d’une victoire pour Soficoop, dont les difficultés ne résultent aucunement de la filière avicole ? » Il renvoie la responsabilité de ces difficultés à d’autres activités du groupe Urcoopa, citant notamment CANE ou Nutrima.

Fidèle à sa ligne, le groupe Duchemann et Grondin annonce son intention de se pourvoir en cassation pour contester la partie de l’arrêt relative à la propriété des titres. En parallèle, le groupe affirme vouloir poursuivre son engagement au service de la filière réunionnaise, en renforçant notamment le combat contre la volaille d’importation et en améliorant le traitement des sous-produits.

« Il y a encore tant de paris à relever », conclut Cédric Duchemann, qui souhaite malgré tout « bonne chance à la Soficoop pour son redressement judiciaire ». Une manière d’acter une nouvelle étape dans ce dossier complexe, où la bataille judiciaire semble loin d’être terminée.

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