À mi-parcours, la majorité régionale revendique avoir "sauvé la Région de l'impasse financière"

De la Nouvelle Route du Littoral à la relance du transport ferroviaire, en passant par la construction de lycées, la Région Réunion affirme avoir repris le chemin des grands chantiers. Mi-mandat oblige, la majorité régionale en a profité pour détailler son action.
Quatre ans après le début de sa mandature, Huguette Bello, présidente de la Région Réunion, a présenté ce lundi un premier bilan d’étape de l’action régionale. Entourée de plusieurs vice-présidents de son groupe, la présidente a évoqué un contexte difficile marqué par les crises politiques et géopolitiques mais affirme avoir su "garder le cap" grâce à un projet structuré autour de trois piliers : développement humain, développement économique et transition écologique.
À noter l’absence remarquée des élus du groupe mené par Ericka Bareigts, composante de la majorité régionale, officiellement pour des "contraintes d’agenda", nous indique-t-on.
Redressement budgétaire : "Nous avons sauvé la Région"
Première fierté affichée par Huguette Bello : la remise à flot des finances régionales. À son arrivée en 2021, le ratio de désendettement culminait à 11,8 années. Il a été ramené à 7,1 années en 2024. "Nous avons sauvé la Région de l’impasse financière", affirme-t-elle. Ce redressement a été rendu possible par plusieurs mesures : réforme de la continuité territoriale, stabilisation des effectifs, maîtrise des dépenses.
Dans le même temps, la collectivité a dû affronter deux dossiers lourds : la NRL et Air Austral. Sur le premier, la présidente rappelle l’ouverture à la circulation du viaduc et les accords de Matignon III qui ont permis de relancer le projet. "Nous avons négocié avec le gouvernement de l'époque les accords de Matignon III pour garantir la participation de l'État à l'achèvement de la NRL, alors que tous les crédits avaient déjà été consommés. Nous avons aussi tenu bon face aux groupements et leurs réclamations extravagantes. Le tribunal nous a donné raison".
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Sur le second, elle salue le sauvetage de la compagnie régionale grâce au plan validé par la Commission européenne. "L'effort budgétaire consenti par la Région a été à la hauteur de l'enjeu", a-t-elle également rappelé.
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Une Région à nouveau "bâtisseuse"
Dès sa prise de fonction, la majorité régionale a dû faire face à une situation budgétaire tendue. "En 2021, la Région était étranglée par la dette", insiste Huguette Bello. Trois ans plus tard, la collectivité revendique un redressement notable : dette stabilisée, autofinancement rétabli, et plus de 300 millions d’euros d’investissements votés sur le dernier exercice.
La présidente l’assure : la Région a retrouvé sa capacité d’investissement. Le niveau d’investissement atteint 738 millions d’euros en 2024, contre 403 millions en 2020. Des projets structurants sont en cours : nouveaux lycées, poursuite de la NRL, train régional. "Nous avons restauré la vocation de la Région comme collectivité bâtisseuse", souligne Huguette Bello, en insistant également sur les politiques en faveur de l’éducation, du pouvoir d’achat et de la justice sociale.
Cantine à un euro, Car Jaune gratuit pour les publics prioritaires, extension du taux zéro sur les produits de première nécessité : autant de mesures qui visent à "répondre à la préoccupation centrale des Réunionnais : le pouvoir d’achat", ajoute la présidente de la Pyramide inversée.
Patrick Lebreton : "Équilibrer les investissements"
Le premier vice-président, Patrick Lebreton, a lui aussi défendu le bilan de l’équipe en dénonçant les choix passés. "Avant 2021, toute l’énergie de la Région était canalisée vers un seul chantier : la NRL. C’était un pari risqué, un appauvrissement des autres secteurs. Depuis, la donne a changé", affirme-t-il.
Il revendique une nouvelle méthode : rééquilibrer les investissements entre les territoires, relancer la commande publique (la Région serait aujourd’hui le premier donneur d’ordre de l’île), et soutenir les TPE/PME. "Ce n’est pas un hasard, c’est une volonté politique, un engagement", ajoute-t-il.
Sur le sujet sensible de la continuité territoriale, Lorraine Nativel, 2e vice-présidente, a mis en avant une réforme de fond : "Il fallait rendre ce dispositif plus juste et conforme au droit". En 2019, la Région finançait à elle seule un dispositif évalué à 53 millions d’euros, en toute illégalité selon le tribunal administratif. Désormais, LADOM pilote l’accompagnement avec la participation régionale.
Parmi les nouveautés phares : le bond de ressourcement étudiant, mis en place après la crise sanitaire, a permis à plus de 4.400 étudiants de rentrer temporairement à La Réunion. "Lorsque les étudiants se portent bien, ils réussissent mieux", souligne Lorraine Nativel.
Formation professionnelle et jeunesse : modernisation numérique et retour du PACTE
Céline Sitouze, vice-présidente à l’éducation, a insisté sur les mesures en faveur des lycéens : distribution gratuite d’ordinateurs portables, accès à des licences numériques et à 180 euros de connexion Internet par an. La cantine à 1 euro a vu le nombre de demi-pensionnaires grimper de 16.000 à 23.000 élèves en deux ans.
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Autre mesure saluée : l’internat gratuit pour les lycéens des cirques de Mafate, Cilaos ou Salazie. "C’est une économie de 1.400 euros par an pour les familles, et cela évite les décrochages scolaires", souligne l’élue.
La vice-présidente Karine Nabénésa, en charge de la formation professionnelle, a tenu à rappeler le "retard considérable" accumulé sous la précédente mandature. "Avant 2021, la Région avait refusé de signer le PACTE, ce qui a privé les Réunionnais de 100 millions d’euros de financement pour la formation", dénonce-t-elle.
Depuis, le plan d’investissement dans les compétences a été relancé, avec un objectif clair : "faire mieux, plus vite, et au plus près des besoins des Réunionnais". Résultat : le nombre de places en formation a été multiplié par trois, passant de 4.000 à près de 13.000.
Autre avancée majeure : les bénéficiaires du RSA, autrefois exclus des dispositifs régionaux, peuvent désormais accéder aux formations financées par la collectivité. "C’est justement ce public qu’il fallait accompagner en priorité", insiste Karine Nabénésa.
Enfin, la gestion de l’AFPAR (Agence pour la formation professionnelle des adultes) a été assainie. La Chambre régionale des comptes, qui l’a contrôlée pour la première fois en 60 ans, a salué une gouvernance "saine et efficace", assure Karine Nabénésa. Des propos qui tranchent pourtant avec les conclusions de cette même CRC qui, tout en saluant l'assainissement de la structure, avait tout de même appelé à une réforme de la gouvernance de l'AFPAR.
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Environnement et mobilités : cap sur l’économie circulaire et le train
Le conseiller régional Fabrice Hoarau, en charge de l’environnement et des transports, a mis en avant la relance du Plan régional des déchets, désormais adossé à des financements européens. Deux unités de valorisation énergétique sont en cours de construction et un centre de traitement des déchets dangereux est en projet. "L’économie circulaire devient une filière porteuse de richesses et d’emplois", affirme-t-il.
En matière de transports en commun, le réseau Car Jaune fait également l’objet d’une attention particulière de la part de la collectivité régionale. "Nous avons travaillé à une nouvelle délégation de service public ambitieuse, en concertation avec le GIE Car Jaune et les professionnels du secteur", explique Fabrice Hoarau, conseiller régional délégué à l’environnement, aux déchets et président de la commission transports. Objectif : améliorer significativement la qualité du service. Cette nouvelle DSP prévoit l’achat de 83 bus neufs, pour plus de confort, de fiabilité et de sécurité.
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Côté route, la NRL va se poursuivre avec un démarrage des travaux de l’échangeur de La Possession prévu "d’ici septembre/octobre 2025". Mais l’annonce la plus symbolique reste le projet de train à La Réunion, soutenu par 77 % des contributeurs aux États généraux de la mobilité. "Nous travaillons avec l’État sur son financement", assure Fabrice Hoarau.
Nouvelle économie, tourisme durable et gouvernance rénovée
Patrick Lebreton a également mis en avant le virage pris en matière de développement économique avec un schéma rénové et des outils renforcés : fonds de soutien régional, chèque numérique, accompagnement des filières innovantes. Il évoque aussi la nouvelle ambition touristique, incarnée par la création du Comité Réunionnais du Tourisme (CRT), né de la fusion de l’IRT et de la FRT.
"Le tourisme ne doit plus être l’affaire de quelques-uns, mais de tous les Réunionnais", affirme Patrick Lebreton, qui insiste sur les projets lancés dans l’Est et les Hauts.
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Enfin, la présidente rappelle que de nouvelles règles de gouvernance ont été posées dès le début de la mandature : fin des rémunérations pour les présidents de SPL, délégations confiées à tous les élus majoritaires. "Aucun d’entre eux n’a été bridé".
Un cap maintenu, malgré les incertitudes
Consciente des défis à venir — inflation, incertitudes budgétaires, baisse des dotations — Huguette Bello appelle à "faire plus, dans la mesure de nos moyens". Le bilan de mi-mandat entend démontrer qu’un autre modèle est possible : "En 2021, nous avons stoppé une politique centrée sur un unique projet. Nous avons réinvesti tous nos champs de compétences au service de l’ensemble des Réunionnais".


