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“Air Austral ne brûle plus de cash”

Ecrit par Philippe Madubost – le lundi 23 juin 2025 à 20H51

Alors que la compagnie souffle ses 35 ans cette année, la compagnie annonce une situation financière en amélioration au terme de l'exercice 2024/2025 avec un résultat d'exploitation positif. Le résultat net reste lui toujours déficitaire. Le retour à la rentabilité est espéré pour 2026.

Son conseil de surveillance tout juste terminé, c’est la presse qui a été conviée ce jour dans les bureaux d’Air Austral pour une présentation des résultats de la compagnie pour l’exercice 2024/2025. Première bonne nouvelle : le chiffre d'affaires affiche une légère hausse de 1 %, à 447 millions d’euros. « Ce qui peut paraître relativement faible, mais il faut mettre cette augmentation en parallèle d’une capacité de production sur l’année en baisse de 4 % », met de suite en avant le président du directoire d’Air Austral, Hugues Marchessaux.

Deux raisons principales expliquent cette baisse : les conséquences des cyclones Chido et Garance, et des avions cloués au sol à la suite de problèmes de maintenance. Le président évoque le cas d’un 787 « immobilisé en Espagne depuis septembre 2024, qui devait être de nouveau disponible en avril mais ne le sera finalement pas avant l’été ». Le cyclone Chido a lui « très fortement impacté » les vols au départ de Mayotte vers Paris. Loin d’être un détail, Mayotte représentant 25 % de l’activité de la compagnie.

Un résultat d'exploitation dans le vert

Malgré ces contraintes, la société annonce des résultats en hausse. Alors que l’excédent brut d’exploitation affichait un déficit de 32 millions d’euros l’an dernier, il termine l'exercice dans le positif à un peu plus de 9 millions d’euros. Le résultat d’exploitation termine lui aussi l’exercice légèrement positif, à plus de 2 millions d’euros. « Ce sont les deux marqueurs de la performance de l’exploitation », commente le responsable. « L’objectif de l'équilibre est atteint puisque notre résultat d’exploitation est même légèrement positif », se félicite-t-il.

La situation financière reste tout de même fragile : le résultat net reste négatif, à -11 millions d’euros, « car nous sommes pollués par des éléments exceptionnels, notamment des coûts de maintenance sur la flotte A220, des coûts qui sortent du champ normal de l’exploitation ». La compagnie compte dans sa flotte trois avions A220, « mais nous n’avons jamais pu faire voler plus de deux avions en même temps, du fait des plages de maintenance supplémentaires auxquelles nous avons dû faire face, ce qui a impacté notre réseau moyen-courrier ».

Si la baisse de capacité est de 4 % en général, elle atteint 17 % sur le moyen-courrier. « Malgré tout, la compagnie a tenu grâce à l'engagement de ses personnels et à l’appui de nos actionnaires ». Pour rappel, le résultat net était de -79,7 millions d’euros à l’issue de l’exercice précédent.

Lire aussi : Retour à l’équilibre pour Air Austral : "Nous devons redevenir une compagnie rentable"

Une compagnie en "convalescence"

Pour expliquer cette amélioration financière, la société met en avant les résultats de l’accord de performance collectif et du plan de retournement en cours, une hausse des recettes par un meilleur remplissage des avions, plus de recettes complémentaires (achat de surclassement, de sièges, d’accès salon…) — que la société souhaite développer encore davantage — mais aussi par une baisse des coûts (contrats escales, catering…), chiffrée à 15 millions d’euros sur l’année. La compagnie a aussi bénéficié d’une baisse du prix du carburant en début d’année (le poste pèse à lui seul 35 % des charges). Air Austral a transporté 1,16 million de passagers au total et note une augmentation de son trafic fret de 9 %, avec 14 100 tonnes transportées sur l’exercice.

« Notre compagnie est en convalescence, elle va mieux, mais il y a encore beaucoup de choses à faire pour assurer sa pérennité dans le futur », se projette Hugues Marchessaux. Il vise le retour à la rentabilité dès 2026, basé sur un exercice budgétaire ambitieux, présenté hier lors de son conseil de surveillance, « en espérant être moins pénalisé par les effets flotte et le retour de notre deuxième 777 ».

La compagnie se fixe comme objectif, au terme du nouvel exercice qui démarre, de faire progresser son chiffre d’affaires de 4 %, de doubler son résultat d’exploitation, et de terminer sur un résultat net « à l’équilibre ». Les perspectives pour les mois à venir sont présentées comme bonnes : les lignes vers Paris depuis La Réunion et Mayotte affichent un taux de remplissage « dynamique ».

La ligne vers Bangkok passera à trois fréquences en fin d’année. Air Austral continue par ailleurs de signer des partenariats avec d’autres compagnies, comme récemment avec Air Madagascar, pour ouvrir davantage de destinations vers la Grande Île.

Lire aussi : Air Austral : après un dernier exercice dans le rouge, les actionnaires remettent 15 millions d'euros et cherchent de nouveaux financements

Les regard tournés vers l'Iran

Dans le même temps, la compagnie continue de rembourser sa dette (plus de 100 millions d'euros NDLR) : « Air Austral ne génère plus de dettes, ne consomme plus de cash. Trop longtemps, cette compagnie a brûlé du cash, pour prendre un terme consacré, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Nous avons remboursé aujourd’hui une grande partie de notre passif fournisseur et nous payons les intérêts de notre dette ». Concernant le moratoire (dette publique), ce dernier est en cours de renégociation.

Un nouvel exercice qui démarre dans un contexte géopolitique incertain, en particulier concernant le prix des carburants, avec la menace de l’Iran de fermer le détroit d’Ormuz — même si la compagnie a souscrit des « couvertures » financières. « Un dollar en plus ou en moins, c’est grosso modo un million d’euros en fin d’année », illustre-t-il. Concernant le couloir aérien actuel via la mer Rouge, un changement du plan de vol n’est pas envisagé pour l’heure.

Etiquettes : Air Austral

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