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À La Réunion, trop peu de déchets recyclés et trop d'enfouissement

Ecrit par J.D – le jeudi 5 juin 2025 à 08H15

En 2021, chaque Réunionnais a produit en moyenne 595 kg de déchets ménagers, un volume supérieur à la moyenne nationale. En cause, une forte proportion de déchets verts liée au climat tropical. Mais derrière ce chiffre, c’est toute la gestion locale des déchets qui montre ses limites, entre enfouissement massif et recyclage insuffisant.

La Réunion a généré près de 518.000 tonnes de déchets ménagers en 2021, soit 595 kg par habitant, un niveau supérieur à la moyenne nationale (548 kg). Ce chiffre place l’île au 29ᵉ rang des départements français les plus producteurs de déchets. Mais si l’on exclut les déchets verts, dus à la végétation abondante et aux conditions climatiques tropicales, le territoire chute au 65ᵉ rang du classement. Les déchets verts représentent à eux seuls 151 kg par personne à La Réunion, soit presque le double de la moyenne hexagonale.

Près de la moitié des déchets sont encore constitués d’ordures ménagères résiduelles (270 kg/habitant), soit 25 kg de plus que dans l’Hexagone. Ces déchets, peu ou pas triés, sont directement enfouis sur l’île. Le recyclage, lui, stagne. Seuls 12 % des déchets sont constitués de matériaux recyclables (papier, plastique, métal…), soit à peine 69 kg par habitant, loin derrière la moyenne française de 127 kg. Pire : une part importante de ces matériaux, triés mais souillés ou sans filière locale, finit elle aussi enfouie.

Une meilleure performance dans le tri des déchets mais la collecte des matériaux recyclables reste en retard (source Insee)

L'enfouissement encore trop utilisé

L’enfouissement reste le mode de traitement dominant sur l’île : en 2021, 63 % des déchets collectés y ont été destinés, un niveau bien au-dessus de l’objectif de 10 % fixé par la loi AGEC pour 2035. Les deux centres d’enfouissement, à Sainte-Suzanne et à Saint-Pierre, approchent d’ailleurs de la saturation alors que la création de nouvelles installations se heurte à la pression foncière et aux oppositions locales.

Le recyclage souffre d’un manque de débouchés et d’infrastructures adaptées. Certains matériaux comme les briques alimentaires, bien qu’en théorie recyclables, finissent dans les poubelles classiques et sont enfouis. D’autres sont exportés, avec un impact sur l’empreinte carbone et des coûts alourdis par le fret maritime.

À La Réunion, la moitié des déchets ménagers sont destinés à être enfouis (source Insee)

Par ailleurs, la tarification incitative, en vigueur dans certaines régions de métropole pour encourager la réduction des déchets, n’a pas été mise en place à La Réunion. Les collectivités craignent une augmentation des dépôts sauvages, déjà problématiques, et une charge financière accrue pour les ménages modestes.

Entre 2011 et 2021, les ordures ménagères résiduelles ont légèrement diminué (-45 kg/habitant), mais le rythme reste insuffisant. Le tri progresse, notamment en déchetterie, mais à un rythme trop lent pour espérer atteindre les objectifs fixés pour 2030. Seuls 37 % des déchets réunionnais ont été valorisés ou recyclés en 2021, loin des 65 % visés par la loi pour 2025.

Face à ce constat, des pistes existent : extension de la consigne de tri prévue en 2026, amélioration des filières locales, développement du compostage des biodéchets désormais obligatoire, et renforcement du réseau de déchetteries. Mais pour sortir durablement de l’enfouissement massif, c’est une véritable transition écologique qui s’impose.

Lire aussi : Gestion des déchets à La Réunion : exportation ou enfouissement, un débat stratégique

Etiquettes : Déchets

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