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Qui sont ces Réunionnais qui voteront Front National?

Quel est le profil-type d'un sympathisant du Front National ? Un déçu de la politique "gauche/droite" ou un convaincu de la première heure ? Le diner-débat de Saint-Leu qui a réuni environ 200 invités mardi soir répond en partie à la question. Noirs, blancs, plus de retraités que de jeunes tout de même, composaient ce mini-panel très disparate. Finalement, très peu de sympathisants se déroberont devant notre caméra. Signe peut-être que l'adhésion aux idées de ce parti est de plus en plus assumée. Tour de tables...
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 9 février 2012 à 07H38

"Les gens ont encore peur de s'afficher clairement en faveur de Marine Le Pen. C'est normal" nous dit avec décontraction un transfuge de l'UMP qui s'apprête, dit-il, à couler pour la première fois de sa vie d'électeur un bulletin estampillé extrême droite à la prochaine élection.

Autour de la table de ce restaurant de Saint-Leu mardi soir, une impression de grande mixité prédomine au final. Hors des clichés du retraité métro qui vote FN, une typographie exacte du sympathisant frontiste paraît plus difficile qu'il n'y paraît à délimiter. Sous le chapiteau, blancs, cafres, yabes, malbars peinent à croire qu'ils peuvent approcher celle en qui ils mettent leurs espoirs. Il faut dire que le discours de leur candidate 30 minutes plus tôt avait eu de quoi les galvaniser devant l'adversité, celle des manifestants anti-FN par exemple.

"Je ne suis militant d'aucun parti mais depuis que mi vote, moin la toujours vote Le Pen, enfin pour Jean-Marie à l'époque" nous prévient Arsène, la cinquantaine, yabe ayant travaillé en tant que routier en métropole, plus précisément dans les Yvelines. Aujourd'hui, il dit désespérer devant l'augmentation des coûts des aliments pour son bétail. Arsène est éleveur et son choix est fait pour avril prochain.

 

"Marine est dans notre coeur" s'exclame une sympathisante, créole, et très remontée par les barrages des manifestants anti-FN de l'après-midi. "Le Pape la di a nou sorte dan fénoir, rentre dans la lumière eh bien jusqu'à maintenant on était embrouillé par monsieur Sarkozy".

Des idées arrêtées mais l'anonymat tout de même...

Un autre invité nous répond. "30 ans ou 40 ans de gauche-droite ou de droite-gauche mi vois pas ce que ça a donné, c'est bonnet blanc et blanc bonnet" nous dit ce cinquantenaire également créole blanc. Pas réellement affirmatif sur le fait qu'il votera bien Marine Le Pen en 2012, il dit vouloir "analyser le programme de chacun".

Venu seul ce soir, il ne manquera pas de regretter l'absence de certaines personnes de son entourage. Des amis dit-il qui ont préféré décliner leur venue à la Pointe des Châteaux car ils sont "craintifs" des médias et du fait qu'on puisse les voir dans un tel meeting. "Il n'y a pas de raisons de l'être car on est en démocratie" rétorque l'intéressé. Il finira la soirée avec ses nouveaux amis. Pas de doute, sur les questions politiques, ils sont sur la même longueur d'onde.

Avis partagé par un autre invité qui jure ne pas être encarté au Front. Métropolitain, il est simplement venu faire son marché comme il le fait pour chaque candidat d'une "élection importante pour notre pays". Malgré ses idées qui lui font dire que les manifestants rencontrés un peu plus tôt ont tort de "diaboliser la candidate du FN", il préférera rester anonyme. Sa présence ici ce soir ne serait pas forcément comprise de tous ses collègues, avance-t-il.

Bref, être militant ou simple sympathisant du Front National continue à être difficilement divulgable. De quoi dérouter plus d'un institut de sondages, comme pour un certain 21 avril 2002.

 

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