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Les élus de la Cirest veulent passer à la vitesse supérieure

Ecrit par S.I. – le mardi 1 septembre 2026 à 16H37

Pour sa conférence de presse de rentrée, la Cirest a choisi le terrain plutôt qu’une présentation classique. Ce lundi 31 août, Joé Bédier et plusieurs élus ont présenté les actions engagées et les projets à venir dans l’Est, autour de l’économie, de l’habitat, du tourisme, de l’environnement et de l’eau. Avec une ambition affichée : être davantage visible et proche des habitants.

"Moins parler de ce que nous voulons faire, davantage montrer ce que nous faisons et ce que nous allons concrètement réaliser." Pour Joé Bédier, président de la Cirest, cette phrase résume la nouvelle méthode de l’intercommunalité. La tournée organisée lundi, de Saint-Benoît à La Plaine-des-Palmistes, a permis d’illustrer cette volonté avec la visite d’un jardin partagé avec compostage à Saint-Benoît, d’un Ecobox, du centre-ville de La Plaine-des-Palmistes, ou encore celle de l’unité de potabilisation de Bras-des-Calumets.

La Cirest veut ainsi devenir "plus visible sur le terrain, plus proche de ses six communes" et plus facilement identifiable par les habitants, insiste Joé Bédier. Cette proximité passera aussi par le numérique, avec une application mobile annoncée pour le quatrième trimestre 2026. Une réflexion sur le "rebranding" de la collectivité est également engagée afin de mieux raconter et valoriser le territoire.

Avec Paniandy, la Cirest veut aménager autrement

Premier vice-président chargé notamment du développement économique, Patrice Selly a rappelé les ambitions de la Cirest pour transformer les atouts de l’Est en activité et en emplois. "Paniandy doit donc être à la fois une zone économique attractive et une démonstration de notre capacité à aménager autrement", affirme-t-il.

Le projet d’extension de la zone d’activité économique de Paniandy, à Bras-Panon, entre désormais dans une nouvelle phase. Les travaux ont débuté pour aménager près de 20 hectares destinés aux entreprises. Les candidatures reçues fin 2025 doivent faire l’objet d’un nouvel examen avant les futures attributions.

Autre levier : la zone franche renforcée, entrée en vigueur le 1er janvier 2026. Patrice Selly souhaite désormais obtenir de l’État un élargissement du dispositif, notamment aux commerçants et professions libérales actuellement exclus, ainsi qu’une extension des exonérations aux charges sociales.

La Cirest entend également poursuivre le développement des Ecobox dans ses six communes pour soutenir les TPE, artisans et petits commerçants. Le futur SCOT, dont l’approbation est toujours visée pour 2027, doit enfin permettre de mieux organiser le développement économique, l’habitat, les mobilités et la préservation des espaces naturels et agricoles.

Loger les habitants sans les faire partir

Sur l’habitat, Adélaïde Cerveaux défend une politique visant à permettre aux habitants de rester sur leur territoire. "La politique de l’habitat ne s’arrête pas à la porte du logement. On doit prendre en considération l’être humain", explique-t-elle. Construction de logements, réhabilitation du parc existant et lutte contre l’habitat indigne constituent les principaux axes.

La vice-présidente insiste également sur l’importance du cadre de vie, à l’image des jardins partagés qui favorisent le lien entre habitants et les pratiques environnementales de proximité. La collectivité entend notamment accompagner la réhabilitation et l’amélioration des logements existants, lorsque les familles sont confrontées à des problématiques de vétusté, d’inconfort ou d’adaptation.

La lutte contre l’habitat indigne constitue également un enjeu majeur. Elle nécessite une mobilisation collective de la Cirest, des communes, de l’État, des bailleurs, des opérateurs et des partenaires sociaux. L’objectif est aussi de mieux articuler habitat, aménagement et mobilités afin de construire un territoire où les habitants peuvent se loger, se déplacer, travailler et accéder aux services dans de bonnes conditions.

Faire de l'Est une destination, pas un passage

Du côté du tourisme, Anne Chane-Kaye-Bone Tavel, présidente de Côté Est depuis juin 2026, veut faire de l’Est une véritable destination et non plus un territoire que l’on traverse. "L’Est n’est pas seulement un territoire que l’on regarde, c’est un territoire que l’on vit."

L’office entend mieux connecter sites, activités, hébergements et professionnels, tout en renforçant son accompagnement. Un observatoire du tourisme doit améliorer la connaissance de la fréquentation et des flux. Un point d’accueil à Saint-André et des dispositifs "hors les murs" sont envisagés.

Le marketing territorial sera renforcé autour du concept de "terre de sens", avec notamment une présence accrue sur Instagram. Est Aventure sera reconduite en octobre et novembre 2026. La valorisation des sites existants, comme les berges de la rivière des Roches, fait également partie des priorités.

Déchets : réduire et réemployer

Pour l’environnement, Bruno Robert met quant à lui l’accent sur la réduction des déchets, le tri et le réemploi. Modernisation des déchèteries, nouvelles filières de valorisation, développement des ressourceries et compostage doivent permettre de réduire les tonnages et de développer l’économie circulaire.

La maîtrise des coûts reste également centrale. La Cirest entend poursuivre son travail avec le SYDNE afin de conjuguer réduction des déchets, valorisation et maîtrise de la fiscalité pour les contribuables.

Eau : "économiser, mieux piloter, sécuriser"

Dernier grand dossier : l’eau. Après la visite de l’usine de potabilisation de Bras-des-Calumets, Joé Bédier a présenté une stratégie en trois axes : "économiser, mieux piloter et sécuriser". La collectivité veut d’abord réduire les pertes. À La Plaine-des-Palmistes, les fuites nocturnes sont passées d’environ 60 à 20 m³ par heure. À Sainte-Rose, elles ont diminué de 70 à 35 m³ par heure.

La télérelève doit être finalisée au quatrième trimestre 2026 à La Plaine-des-Palmistes et Sainte-Rose. Elle permettra de mieux mesurer les consommations, sans constituer en elle-même une augmentation du prix de l’eau.

Plusieurs investissements sont déjà programmés : 680.000 euros pour le renouvellement du réseau à Sainte-Rose, avec une livraison prévue au premier trimestre 2027, et la sécurisation électrique du forage de Bras-Piton, à La Plaine-des-Palmistes, à la même échéance.

À plus long terme, la Cirest poursuit sa réflexion sur "l’autoroute de l’eau", destinée à étudier les possibilités d’interconnexion entre les ressources et les territoires. Mais la priorité immédiate reste la réduction des pertes, le pilotage des réseaux et la sécurisation des équipements.

À travers ces différents dossiers, Joé Bédier veut installer une nouvelle méthode : agir rapidement sur les besoins du quotidien tout en préparant les grands équilibres futurs. Une ligne directrice résumée par le président : "passer d’une gestion de crise à une véritable politique de résilience de l’Est".

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