PEC : "On n'aura jamais les moyens de compenser la perte des emplois aidés", prévient Jeannick Atchapa

La rentrée scolaire a pu se dérouler normalement ce mardi à Bras-Panon malgré la chute du nombre de PEC. Pour y parvenir, la commune a recruté plusieurs dizaines de CDD, pour un effort financier qui devrait atteindre à terme environ un million d'euros. Un effort budgétaire qui aura des conséquences sur les autres services municipaux, prévient Jeannick Atchapa.
Les écoles ont ouvert normalement ce mardi matin à Bras-Panon. Un soulagement pour la municipalité qui, ces dernières semaines, n'avait cessé d'alerter sur les conséquences de la baisse drastique du nombre de contrats Parcours emploi compétences (PEC).
Lors de sa tournée des établissements ce mardi, Jeannick Atchapa est revenu sur l'effort réalisé par la commune pour maintenir des effectifs suffisants dans les écoles.
"Les conséquences, elles sont importantes. Mais on a voulu malgré tout assurer cette rentrée. Donc l'effort a été consenti sur le recrutement en CDD du personnel pour que nos écoles puissent fonctionner normalement", explique le maire.
La commune a recruté 27 CDD pour l'heure pour le fonctionnement des écoles et 27 autres pour les cantines. Avec une vingtaine de PEC qui arriveront à leur terme au cours des prochains mois et devront être remplacés, Jeannick Atchapa estime qu'environ 75 recrutements auront finalement été nécessaires.
Environ un million d'euros d'effort supplémentaire
Une réponse qui permet de sauver la rentrée, mais qui pèse lourdement sur les finances municipales.
"Pour nous, c'est environ un million d'euros d'efforts supplémentaires au niveau du budget dans un contexte restreint, inflationniste, où les demandes sont de plus en plus importantes", chiffre Jeannick Atchapa.
Une facture qui confirme les inquiétudes exprimées par l'édile ces dernières semaines. Face à l'effondrement du quota de PEC accordé par l'État, le conseil municipal avait acté la création de 70 postes contractuels en CDD pour permettre aux écoles de fonctionner.
Mais cette enveloppe mobilisée pour la rentrée réduit désormais les marges de manœuvre de la commune.
"On gère en bon père de famille, mais là on arrive à un niveau qui, pour nous, est très, très compliqué à gérer", reconnaît le maire.
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"Les difficultés vont vraiment commencer"
Si les écoles ont été préservées, les conséquences de la baisse des PEC devraient donc désormais se déplacer vers les autres services municipaux.
"Notre disponibilité budgétaire ne sera plus à la hauteur pour les autres services qui vont en pâtir. Et donc les écoles fonctionnent, mais bientôt nous allons avoir une dégradation des services publics dans notre service environnement, notre service technique, notre service des sports. Et c'est là où les difficultés vont vraiment commencer", prévient Jeannick Atchapa.
Une dégradation qui pourrait s'inscrire dans la durée.
"Le format du service public est en train d'être modifié. On fera les efforts qu'on veut, la commune n'aura jamais les moyens de compenser la perte des emplois aidés", insiste-t-il.
Le constat fait écho aux alertes lancées par plusieurs maires réunionnais avant la rentrée. La diminution des PEC oblige les collectivités qui en ont les moyens à recruter directement des agents pour assurer les missions prioritaires. À l'échelle de l'île, la facture s'élève en millions d'euros, sans pour autant parvenir à remplacer l'ensemble des contrats disparus.
À Bras-Panon, la priorité a été donnée aux écoles. Mais l'équation reste entière pour les espaces verts, les équipements sportifs ou encore les interventions des services techniques.
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Peu d'espoir d'un changement de cap
Jeannick Atchapa assure que le dialogue avec les services de l'État se poursuit et évoque une écoute de la part du préfet. Mais le maire ne se fait guère d'illusions sur une augmentation prochaine des quotas.
"Il y a une écoute de l'État, du préfet. Malheureusement, ce n'est pas à ce niveau que ça se décide, mais au niveau du gouvernement. Et on a bien vu dans les messages qui sont envoyés qu'il y a peu de chances qu'il y ait un revirement de situation."
A entendre Jeannick Atchapa, c'est maintenant que le plus dur commence.


