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Baisse des contrats aidés : la proposition d'un élu de Bras-Panon pour "sauver" les PEC

Ecrit par Zinfos974 – le mardi 28 juillet 2026 à 15H20

Après la chute drastique du nombre de contrats Parcours emploi compétences accordés par l'État, Mario Edmond, élu à Bras-Panon, avance une piste pour permettre aux communes de conserver davantage de PEC sans augmenter leurs dépenses : maintenir le dispositif, mais sans participation financière de l'État pour les contrats employés directement par les collectivités.

Comment éviter que la chute des PEC ne se transforme en gouffre financier pour les communes ? Après avoir alerté sur les conséquences de la réduction des contrats aidés, Mario Edmond, élu à Bras-Panon, met cette fois une proposition sur la table.

Dans une tribune, il revient d'abord sur les conséquences déjà redoutées dans les collectivités : difficultés dans les écoles, restauration scolaire, sécurité des élèves, entretien des espaces verts ou encore fonctionnement du périscolaire.

"Chaque jour ou presque apporte son lot de désillusion, suppression du périscolaire, arrêt de la restauration, impossibilité d'assurer la sécurité dans les établissements scolaires, incertitude quant à la capacité de garantir la rentrée dans de bonnes conditions, incapacité d'entretenir les espaces verts", énumère l'élu.

A ses yeux, le dispositif permettait également "à beaucoup de personnes en situation de précarité de pouvoir améliorer sensiblement leur condition et de rester connectées à la société active par une activité dont certains semblent prendre conscience de l’importance depuis l’annonce qui a été faite de réduire drastiquement leur nombre".

Des PEC financés à 100 % par les communes

Plutôt que d'attendre un hypothétique retour en arrière du gouvernement, Mario Edmond propose de conserver le mécanisme des PEC pour les collectivités, mais en supprimant leur prise en charge financière par l'État.

"La solution consisterait à maintenir les contrats PEC sans aide financière de l'État. Les communes n'auraient pas à recourir à des CDD à un coût plus élevé mais à des PEC sous le même régime et aux mêmes conditions actuelles mais dont elles supporteraient l'intégralité de l'indemnisation", propose-t-il.

Le raisonnement repose sur l'enveloppe que les collectivités consacraient déjà au dispositif. Jusqu'à présent, les communes finançaient une partie du coût des PEC, le reste étant pris en charge par l'État. En conservant le même budget mais en assumant désormais l'intégralité du coût de chaque contrat, elles pourraient, selon Mario Edmond, maintenir environ la moitié de leurs anciens effectifs.

"Finalité, pas de surcoût pour les communes et une réduction de seulement 50 % du nombre de contrats au contraire des réductions de plus de 92 %, tel que décidé."

Lire aussi : "Nous serons en grande difficulté" : pourquoi Bras-Panon craint de ne plus pouvoir entretenir ses sites les plus fréquentés

Éviter de remplacer les PEC par des CDD plus coûteux

La proposition intervient alors que plusieurs communes cherchent actuellement à remplacer une partie des contrats disparus par des agents contractuels financés sur leurs propres deniers.

Bras-Panon en constitue justement une illustration. Après être passée d'environ 150 PEC à seulement 11 accordés par l'État, la municipalité a décidé de créer 70 postes contractuels afin d'assurer le fonctionnement des écoles à la rentrée. Une opération qui représente plus d'un million d'euros de dépenses supplémentaires pour la commune.

C'est précisément ce paradoxe que Mario Edmond entend résoudre : la collectivité dispose de beaucoup moins de contrats aidés mais doit finalement dépenser davantage pour assurer les mêmes missions.

"Le vrai drame de la décision de réduire le nombre de PEC, au-delà des considérations humaines, c'est d'en avoir beaucoup moins mais de coûter beaucoup plus cher aux communes qui sont obligées de recourir à des emplois en CDD", estime-t-il.

Lire aussi : PEC : facture en millions d'euros et services "dégradés", les communes sous tension avant la rentrée

Réserver l'aide de l'État aux associations d'insertion

Deuxième volet de sa proposition : Mario Edmond souhaite que les financements que l'État continuerait à consacrer aux PEC soient réorientés vers les associations d'insertion, notamment celles chargées de l'entretien des espaces verts et des sites touristiques.

L'objectif serait d'éviter leur disparition, qui aurait un effet domino sur les collectivités. Privées de ces associations, les communes devraient en effet récupérer elles-mêmes l'entretien de nouveaux espaces alors qu'elles disposent déjà de moins de personnel.

"Les communes se retrouvent seules avec moins de personnel, moins de subventions, moins de contrats, mais devront aussi faire avec moins d'associations extérieures et assurer par leurs propres moyens et à leur seule charge l'entretien de beaucoup plus d'espaces", souligne l'élu.

Mario Edmond reconnaît lui-même que sa proposition n'a rien d'une solution miracle. Mais face à une situation qui inquiète désormais de nombreux maires réunionnais, il appelle à chercher une alternative au statu quo.

"Il s'agit d'une solution qui vaut ce qu'elle vaut et mon unique souhait, c'est qu'il en existe de meilleures, pourvu que l'on ne reste pas à la situation dramatique actuelle pour les communes, pour les personnes en précarité mais aussi pour nos villes, nos écoles et nos espaces de vie collective."

Etiquettes : Bras-Panon | Contrats aidés | PEC | PU1

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