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Saint-Leu : le propriétaire de l’ex-restaurant “Le Souffleur” jugé pour des travaux sans autorisation

Ecrit par P.B. – le dimanche 26 avril 2026 à 09H50

Des travaux réalisés sans autorisation dans une zone naturelle protégée du littoral de Saint-Leu ont conduit un propriétaire devant le tribunal judiciaire de Saint-Pierre.

En 2018, Antoine* parvient à convaincre l’ensemble des héritiers de lui céder l’ancien restaurant “Le Souffleur”, un bien familial inoccupé depuis plusieurs décennies. Situé en zone naturelle classée en protection forte, le site fait rapidement l’objet de travaux destinés à transformer à nouveau le bâtiment en habitation.

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En décembre 2024, alors que le propriétaire engage des travaux d’extension, de clôture et projette d’installer une piscine, les agents de l’Office français de la biodiversité interviennent sur place. Ils constatent l’absence d’autorisation pour ces aménagements. Une situation confirmée quelques mois plus tard, en septembre 2025, par la DEAL, qui se rend également sur place.

L’ensemble du littoral sud de Saint-Leu, en raison notamment du secteur de la Pointe au Sel, est en effet soumis à une réglementation stricte. Classée par décret ministériel et arrêté préfectoral, la zone nécessite des autorisations spécifiques.

Un projet contesté en zone protégée

À la barre, Antoine reconnaît avoir interrompu le chantier de la piscine, mais explique avoir poursuivi l’installation de la clôture pour des raisons de sécurité. Il maintient cette position devant le tribunal, où il est poursuivi pour plusieurs infractions au code de l’urbanisme. Malgré ses démarches auprès du service urbanisme de la mairie de Saint-Leu, le prévenu affirme n’avoir “jamais été informé de ce qui est possible de faire ou pas”.

Le propriétaire soutient par ailleurs qu’il ne s’agit pas de nouvelles constructions, mais d’extensions réalisées sur des structures existantes, détruites lors du cyclone de 2013. Face aux questions du juge, il se borne à répéter “qu’on lui a dit à la mairie”.

Des infractions caractérisées selon le parquet

Le ministère public rappelle les enjeux environnementaux du dossier. “L’objectif du tribunal n’est pas de clouer au pilori les gens”, indique la représentante du parquet. “L’objectif est de préserver les terrains agricoles et les zones naturelles particulièrement impactés à La Réunion.” Elle souligne que les infractions sont caractérisées, malgré les difficultés à établir précisément l’état initial du permis de construire délivré dans les années 1940.

Une peine de 5 000 euros d’amende avec sursis est requise, assortie d’une obligation de régulariser la clôture dans un délai d’un an, sous peine d’une astreinte de 20 euros par jour. La démolition des extensions, de la piscine et de l’annexe est également demandée dans un délai d’un an, sous peine cette fois d’une astreinte de 100 euros par jour. Le ministère public laisse toutefois la possibilité d’une régularisation auprès des services compétents.

De son côté, la défense plaide “la bonne foi”. L’avocate d’Antoine insiste sur la nature des travaux, évoquant une pergola et une arrière-pièce déjà existantes avant leur extension. “Il n’y a certes pas d’autorisation mais ces travaux peuvent être régularisables”, soutient-elle. Elle affirme également l’absence d’atteinte à l’environnement et appelle le tribunal à la clémence, demandant de “privilégier le dialogue” plutôt que des mesures de démolition.

Le jugement a été mis en délibéré au 28 mai prochain.

*prénom d'emprunt

Etiquettes : Saint-Leu | Tribunal | urbanisme

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