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Carburant à La Réunion : opérations escargots ce lundi 13 avril

Ecrit par L.C – le dimanche 12 avril 2026 à 15H21

Réunis au sein d’une plateforme intersyndicale,  L'Union professionnelle de défense des entreprises réunionnaises, de nombreux professionnels ( ambulanciers, agriculteurs, infirmiers libéraux, camions du BTP, et taxis), ont annoncé le lancement d’une grève illimitée à partir de ce lundi, dénonçant des mesures jugées insuffisantes de la part de l’État et des collectivités.

À la suite d’une réunion organisée la semaine dernière avec les autorités, plusieurs propositions ont été mises sur la table, notamment pour compenser la hausse brutale des prix du carburant. Si l’État et la Région Réunion ont avancé certaines mesures, celles-ci sont considérées comme temporaires et inadaptées par les représentants des professionnels.

Après analyse et concertation, ces mesures ne sont pas satisfaisantes, affirme l' Union professionnelle de défense des entreprises réunionnaises qui a donc décidé d’intensifier la mobilisation.

La plateforme insiste sur son caractère unique : elle regroupe une grande diversité de secteurs économiques. Agriculteurs, transporteurs, ambulanciers, taxis, VTC, terrassiers ou encore ingénieurs libéraux sont concernés.

Ce n’est pas une lutte de transporteurs, mais une bataille "pour l’ensemble des entreprises réunionnaises", souligne un porte-parole. Au total, près de 8 000 entreprises seraient impactées par cette crise.

Une hausse du carburant jugée insoutenable

En quelques semaines, le prix du gazole est passé de 1,25 € à 1,54 €, avant de subir une augmentation brutale de 52 centimes au 1er avril. Une situation jugée intenable pour les professionnels, qui doivent désormais arbitrer entre paiement du carburant, salaires et charges.

Les professionnels demandent une aide complémentaire d’environ 600 000 euros, afin d’absorber une partie du choc. Selon eux, une enveloppe de 200 000 à 230 000 euros permettrait déjà de compenser une hausse de 10 centimes.

Ils appellent notamment la Région et les communes à réduire temporairement les taxes sur le carburant, qui représentent environ 50 centimes par litre. Une telle mesure pourrait, selon eux, faire baisser rapidement les prix.

Les collectivités interpellées

Les syndicats interpellent directement les élus locaux, estimant que les communes pourraient contribuer à hauteur d’environ 10 000 euros chacune pour soutenir l’économie locale.

Lire aussi : Crise des carburants : la Région confirme sortir le chéquier pour éviter l’explosion des prix

Ils dénoncent également certaines dépenses publiques jugées non prioritaires dans le contexte actuel, appelant à des mesures exceptionnelles face à une situation exceptionnelle.

Une grève "responsable"

Malgré la mobilisation, l’intersyndicale assure vouloir mener une grève sans blocage total de la population. Les actions viseront principalement des sites stratégiques et centres de décision. Plusieurs opérations escargots sont prévues, démarrant de Saint-Benoît, Saint-Paul et Saint-Pierre pour converger vers la Région et la Préfecture.

Certains secteurs prévoient plutôt une réduction de leurs services (transport de marchandises, taxis, professions libérales), afin de limiter l’impact sur les habitants. Les professionnels alertent également sur les politiques nationales, notamment en matière de transition vers les véhicules électriques. Selon eux, les infrastructures locales ne sont pas adaptées, notamment en raison d’un réseau électrique déjà fragile.

Ils appellent à des mesures spécifiques au territoire réunionnais, soulignant les différences avec la métropole et d’autres territoires de l’océan Indien.

L’intersyndicale se dit toutefois ouverte à la discussion et laisse encore une dernière chance aux décideurs pour trouver une issue. Nous ne voulons pas faire grève, mais nous n’avons pas eu de réponses satisfaisantes, expliquent les représentants, qui espèrent encore une avancée rapide.

Etiquettes : carburant | Grève

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