Sainte-Marie : Céline Sitouze en pole position

Sainte-Marie, commune ancrée à droite depuis toujours, va-t-elle tombée dans l’escarcelle de la gauche après le très bon score enregistré par Céline Sitouze ce dimanche ? C’est possible si Richard Nirlo et Jean-Louis Lagourgue n’enterrent pas la hache de guerre entre les deux tours.
Une élue de gauche, Céline Sitouze, en tête à 33% et deux candidats de droite, Jean-Louis Lagourgue et Richard Nirlo, aux coudes à coudes à 25% et des poussières chacun. Mathématiquement, la victoire pourrait revenir à la droite mais en politique 2 + 2 ne font pas toujours 4. Surtout dans le contexte de Sainte-Marie où le maire sortant et l’ancien sénateur se livrent une guerre sans merci depuis plusieurs années et ce jusqu’au dernier jour de la campagne, vendredi dernier.
A sa permanence, située à un jet de pierre de la mairie tant convoitée, Céline Sitouze savoure sa victoire sitôt l’annonce de sa course en tête pour ce premier tour des municipales. Elle se félicite que les électeurs ont « fait le choix du renouveau en reléguant au second plan l’ancien maire et le maire actuel ». Elle est persuadée que la population « ne veut plus de cette politique d’anciens élus corrompus qui sont là depuis 40 ans et qui dilapident les caisses de cette commune. Ils ne veulent plus de ces deux gangs avec toutes ces manœuvres et ces intimidations. Ils aspirent au calme et à la sérénité. Ils veulent surtout voir leur commune, qui a tant de potentiel, se développer ».
Un mince réservoir de voix
Même si elle affiche une belle assurance, Céline Sitouze sait qu’il y a encore beaucoup de la coupe aux lèvres. Car son réservoir de voix pour le second tour est mince. Elle peut bien évidemment compter sur celles de son ex-compagnon de route en politique, le socialiste Christian Annette, qui a fait un score de 6,72% ce dimanche. Un Christian Annette qui ne cache pas sa déception même si pour lui le combat politique continue encore et toujours. Même s’il n’est pas en position de force pour négocier un accord, il se dit néanmoins prêt « à la fusion selon certaines conditions ». Pour cela, il souhaite pouvoir glisser deux lignes de son programme dans celui de Céline Sitouze : « La rigueur de la gestion de la commune pour redonner du pouvoir d’achat à Sainte-Marie et l’inscription de la Plaine de Gillot au PLU pour créer 5.000 emplois. » Et donc obtenir deux délégations, celle des ressources humaines et celle des finances, dont il estime être le seul à pouvoir garantir le succès. Un vœu pieux ? A voir.
Christain Annette promet en tout cas d’annoncer sa décision mardi prochain. Céline Sitouze entrevoit encore de grapiller quelques voix parmi les 4,5% totalisées par Gilbert Sellier voire par Giovanni Payet. En théorie, cela ne fait pas le poids au regard des 50,66% que totalisent Jean-Louis Lagourgue (25,6) et Richard Nirlo (25,06). Sans compter les voix de la candidate du Rassemblement National, Valérie Legros. Car les quelque 4,69% qu’elle totalise sous son nom reviennent en principe à la droite traditionnelle.
« J’oses espérer que Monsieur Nirlo appliquera ce désistement républicain »
Seulement voilà, le torchon brûle depuis si longtemps entre Jean-Louis Lagourgue et son ex premier adjoint, Richard Nirlo, que les deux hommes semblent irréconciliables. Céline Sitouze le sait mieux que quiconque et elle espère forcément en profiter pour tirer son épingle du jeu. Hier soir encore, plusieurs signaux ont confirmé que le divorce entre les deux hommes était consommé. Par exemple, Jean-Louis Lagourgue a attendu que les derniers résultats soient tombés avant de prendre la parole devant les médias mais aussi devant une foule de militants postée à sa permanence de la Grande Montée.
Profitant de sa très courte tête d’avance sur le maire sortant, il a lancé à la foule acquise à sa cause : « J’en appelle dès ce soir au désistement républicain avec 86 voix devant monsieur Nirlo. » Avant d’insister : « Et j’oses espérer que Monsieur Nirlo appliquera ce désistement républicain. » Mathématiquement, Jean-Louis Lagourgue estime qu’il peut l’emporter avec « 1.200 voix de plus en ajoutant toutes celles de droite ». Interrogé sur un éventuel refus de la part de Richard Nirlo de s’aligner sur le principe d’un désistement républicain, Jean-Louis Lagourgue campe sur ses positions. « Dans ce cas, il assumera les conséquences de son choix et c’est Sainte-Marie bien évidemment qui en supportera les conséquences… »
« Ce soir, le combat ne s’arrête pas »
Preuve à la fois que la rupture est profonde entre les deux hommes et que la déception est immense du côté de Richard Nirlo, ce dernier a complètement disparu des écrans radars tout au long de la soirée électorale. Le maire sortant n’a pas fait d’apparition en mairie et sa permanence électorale était close avant 20 heures. Richard Nirlo a attendu 23h35 pour s’adresser à ses électrices et à ses électeurs par le biais d’un communiqué de presse aux contours plutôt flous.
« Ce soir, le combat ne s’arrête pas. Au contraire, il continue. Nous allons prendre le temps d’analyser les résultats et d’échanger avec notre équipe dans les prochaines heures pour déterminer la suite à donner, avec toujours la même ligne : agir dans l’intérêt de Sainte-Marie et des Saint-Mariens ». Le camp de Richard Nirlo et celui de Jean-Louis Lagourgue s’apprêtent-ils à signer la paix des braves ? Ça ne semble pas impossible. Si c’était le cas, cela pourrait sonner le glas de la carrière politique de l’ex premier adjoint à qui le sénateur avait offert son écharpe en 2018.


