Saison cyclonique : le préfet Patrice Latron vante les travaux dans les ravines

Patrice Latron est descendu dans le lit de la rivière des Pluies, ce jeudi 19 février, afin de constater l’avancement des travaux engagés par l’État pour rétablir la bonne circulation des eaux, altérée par les matériaux charriés il y a un an par le cyclone Garance.
Des dizaines de pelleteuses et de camions travaillent depuis plusieurs semaines dans le fond de la rivière des Pluies. L'objectif : déplacer environ 150 000 tonnes de matériaux qui obstruent, depuis le passage du cyclone Garance en février de l’année dernière, l’écoulement des eaux en amont du vieux pont qui relie Saint-Denis et Sainte-Marie.
Les services de l’État sont à la manœuvre dans ce chantier dont l'enjeu consiste à recentrer le cours d’eau, qui s’est dangereusement déplacé jusqu’à lécher la berge côté Saint-Denis et attaquer sérieusement celle-ci à des endroits où des habitations affleurent sur une paroi, non loin d’un vide d’une dizaine de mètres.
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Ce jeudi 19 février, le préfet Patrice Latron est venu constater l’avancement des travaux, lesquels doivent s‘achever en avril si la saison cyclonique est clémente. Plus d’un kilomètre de linéaire à traiter, et déjà 70 000 tonnes de matériaux extraites pour être ensuite repositionnées de façon à garantir le recentrage du lit.
L'endiguement des ravines, pas toujours la solution
Pas question d’emporter les matériaux hors de la rivière, ou de creuser trop en profondeur : depuis le cyclone Gamède de la fin février 2007, qui avait emporté avec lui le pont de la rivière Saint-Etienne, la leçon a été apprise : interdit de fragiliser l’engraissement des ravines, au risque de déchausser les piles des ponts. L’exploitation sans contrôle, pour le secteur du BTP, des matériaux présents en quantité « inépuisable » ne serait donc plus à l’ordre du jour.
De l’eau est passée sous les ponts, aussi, depuis Garance et même l’endiguement des ravines n’est plus présenté comme une solution à tous les maux : le bétonnage des berges accélère le débit des eaux et peut faciliter l’inondation des terrains voisins en cas de déviation du circuit d’écoulement des eaux.
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C’est ce qu’a expliqué Patrice Latron a un riverain attiré dans le fond de la rivière par la présence inhabituelle de citadins escortés par des journalistes. L’homme, un membre du collectif des habitants du quartier de la Rivière-des-Pluies qui s‘était monté après Garance, souligne que ses voisins et lui se sentiraient plus en sécurité si la rivière était endiguée.
Plus de 6 millions d'euros de travaux d'entretien
Toujours selon le riverain, ce sont les matériaux déplacés lors du chantier titanesque du basculement des eaux d’Est en Ouest qui ont dévalé jusqu’à la mer lors de Garance. « Si vous montez trois kilomètres plus haut après le Grand éboulis, vous verrez qu’il y a encore des centaines de tonnes de roches », assure-t-il, en prédisant que les même causes produiront de nouveau, un jour, les mêmes effets.
Selon les services de l’État, entre 6 et 7 millions d’euros ont été engagés pour l’entretien des ravines depuis Garance, dans le cadre du Pacte d’avenir (dont l’enveloppe totale se monte à 50 millions d’euros). « C’est à comparer aux 250 000 euros qui avaient mobilisés l’année précédente », insiste Patrice Latron.
Reste toutefois à pérenniser ces financements afin de sécuriser chaque année le plus grand nombre de ravines. Quant au débat entre les intercommunalités et l’État pour savoir où commencent et où s’arrêtent les compétences de la Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations), le préfet souligne l’avoir provisoirement mis de côté pour se concentrer sur l’urgence du moment, tout en précisant qu’il saura, en temps voulu, rappeler les collectivités à leurs devoirs.


