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Abattoir Evollys : une montée en cadence sous surveillance environnementale

Ecrit par J.D – le lundi 2 juin 2025 à 05H59

La société Evollys veut accroître la cadence de son abattoir de volailles à L’Étang-Salé sans agrandir ses bâtiments. Si l’étude d’impact est jugée globalement satisfaisante, l’Autorité environnementale réclame des garanties sur les rejets, les nuisances et la gestion des déchets. Les riverains, eux, redoutent que les odeurs ne s’aggravent encore.

C’est un projet sans mètre carré supplémentaire, mais aux conséquences bien réelles sur l’environnement. L’abattoir de volailles Evollys, implanté depuis 2012 dans la zone industrielle des Sables à L’Étang-Salé, ambitionne d’augmenter ses capacités de production. La Mission régionale d’Autorité environnementale (MRAe) de La Réunion a rendu un avis particulièrement attentif sur ce dossier. Si elle ne se prononce ni pour ni contre, elle formule une série de recommandations.

Tout savoir sur l'abattoir Evollys

L’entreprise, anciennement Crête d’Or, prévoit d’abattre jusqu’à 275.000 volailles par semaine, soit 55.000 par jour. Le tout sans agrandir les bâtiments, mais en optimisant les équipements existants. C’est précisément cette absence de changement structurel qui alerte l’Ae : « Le projet entraînera une hausse des rejets liquides et solides, alors même que les capacités de traitement de la station d’épuration communale sont déjà sous tension. »

Le rapport pointe un premier écueil : les eaux usées. Evollys représente à lui seul 30 % des volumes traités par la station d’épuration de L’Étang-Salé. Avec le projet, les volumes d’eaux usées augmenteraient, sans réévaluation précise de la capacité de traitement globale. L’Autorité environnementale suggère de créer un second bassin tampon en amont de la station de pré-traitement, afin d’éviter toute pollution du milieu naturel en cas de saturation.

un « jury de nez » face aux nuisances olfactives

Autre préoccupation majeure : les nuisances olfactives. Malgré une enquête réalisée auprès de riverains en 2014, les remontées persistantes sur les odeurs émanant du site interrogent. L’Ae demande la mise en place d’un système de surveillance en temps réel, et la réalisation d’une nouvelle évaluation olfactive, idéalement avec un « jury de nez » associant des habitants du voisinage. À défaut, elle considère les mesures proposées dans le dossier comme insuffisamment étayées.

Le bruit est également évoqué. L’étude acoustique date de 2011, bien avant les évolutions de la zone et de l’usine elle-même. Aucune donnée récente sur les contrôles en matière de bruit n’a été fournie, un manque jugé problématique.

Quant aux déchets carnés – viscères, sang, plumes, boues – leur volume est en augmentation de 3 à 4 %. Dans un contexte où les capacités de traitement à La Réunion sont déjà limitées, l’Autorité environnementale exige que la compatibilité du projet avec les filières existantes soit démontrée, et que des alternatives soient proposées en cas de saturation.

Enfin, les effets cumulés avec les autres industries de la zone (station d’épuration, SICA des Sables, SICA Aucre, etc.) n’ont pas été suffisamment pris en compte selon l’Ae, qui invite à une analyse croisée. Elle recommande aussi une évaluation complète des émissions de gaz à effet de serre, y compris celles liées aux véhicules, pour répondre aux exigences climatiques actuelles.

En toile de fond, un enjeu plus large : celui de la souveraineté alimentaire. Le projet se justifie, selon Evollys, par la demande croissante en produits locaux et la nécessité de concurrencer les importations. Mais sans vision claire sur les solutions de substitution ni sur le devenir des anciennes installations, le projet pose aussi la question de la planification industrielle à long terme sur le territoire.

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