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Sécheresse : la Cirest avance sur son projet d'une "autoroute de l'eau"

Ecrit par S.I. – le mercredi 12 février 2025 à 17H31

La sécheresse exceptionnelle qui touche l’Est de La Réunion en 2025 met à rude épreuve l’approvisionnement en eau potable. Face à cette crise, la Cirest a présenté son plan d’action, comprenant des investissements majeurs et un projet ambitieux : l’"Autoroute de l’Eau".

L’année 2025 marque un épisode de sécheresse exceptionnel à La Réunion, en particulier dans l’Est de l’île, où une telle situation ne s’était pas produite depuis plusieurs décennies. Face à cette crise, la Communauté intercommunale Réunion Est (Cirest) a présenté ce matin son plan d’action pour limiter les impacts futurs et garantir un accès pérenne à la ressource en eau.

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Saint-André et Salazie parmi les plus touchées

Les communes de Saint-André et Salazie figurent parmi les plus affectées par cette crise de l’eau. À Saint-André, où 15.000 abonnés sont concernés par des coupures nocturnes et diurnes, la gestion de la crise a coûté 1,1 million d’euros à fin janvier 2025. Cette somme inclut notamment la distribution de 500.000 bouteilles d’eau et l’installation de 51 citernes pour un montant de 120.000 euros.

À Salazie, les coupures nocturnes (hors secteur de Terre-Plate) ont généré une facture de 200.000 euros. Ces coûts sont entièrement pris en charge par la Cirest.

Des études et des investissements pour sécuriser l’approvisionnement

Pour anticiper de futures crises, la Cirest prévoit plusieurs études de faisabilité et des travaux d’envergure. À Saint-André, des études seront lancées pour la réhabilitation du captage des Citronniers, arrêté depuis 2018, ainsi que pour une connexion au site de Dioré. Des essais techniques sont également en cours pour une éventuelle remise en service du forage de Terre-Rouge 2. Par ailleurs, un nouveau réservoir de stockage sera construit à Dioré et une interconnexion en eau potable sera mise en place entre Saint-Benoît et Bras-Panon.

D’autres communes bénéficieront également d’investissements. À Salazie, des études seront menées pour sécuriser l’approvisionnement en eau via la Ravine Pont de Chien et la Ravine des Merles. À La Plaine-des-Palmistes, les réservoirs du site de Piton des Songes seront mobilisés pour le stockage d’eau brute. Enfin, Saint-Benoît verra le forage Sévère 2 et celui de Bourbier les Hauts équipés des infrastructures nécessaires.

L’"Autoroute de l’Eau", un projet stratégique

Parmi les projets majeurs envisagés, la Cirest mise sur la création de l’"Autoroute de l’Eau", qui vise à capter et redistribuer les ressources de la Rivière de l’Est. Cette étude permettra d’évaluer la disponibilité de la ressource face aux effets du changement climatique, d’identifier les contraintes techniques et environnementales, et d’étudier les modalités de mobilisation des volumes d’eau. Le projet prévoit entre 32 et 35 kilomètres de canalisation en distribution gravitaire entre Sainte-Rose et Saint-André, avec une possibilité de production d’énergie électrique d’environ 1.000 kW.

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Un défi financier majeur

Laurent Jean-François, directeur Eau et Assainissement à la Cirest, met en avant l’urgence de la situation : "Le premier levier pour améliorer la situation est la réparation des fuites. Ensuite, d’importants investissements doivent être réalisés. Rénover les 900 km de réseaux d’eau potable représenterait un coût d’environ 900 millions d’euros."

Face à l’ampleur des investissements nécessaires, les collectivités locales appellent à un soutien renforcé de l’État et des partenaires institutionnels. Patrice Selly, président de la Cirest, insiste sur la nécessité d’une anticipation accrue : "Il va falloir anticiper davantage, investir dans les infrastructures nécessaires pour assurer une ressource en eau suffisante, même en période de sécheresse prolongée."

Il souligne également l’importance d’un soutien financier pour mener à bien ces projets, estimés à plusieurs dizaines de millions d’euros, et appelle à une mobilisation conjointe "des fonds européens, départementaux et nationaux"

Alors que les premiers projets de réhabilitation et d’interconnexion des réseaux se dessinent, l’avenir de l’eau dans l’Est de l’île dépendra des décisions prises dans les mois à venir. Si les financements suivent, la Cirest espère pouvoir engager un véritable tournant dans la gestion de la ressource, pour que ces pénuries ne deviennent pas la norme.

Retrouvez notre dossier complet sur la sécheresse à La Réunion ici 

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