Bientôt la révolution à la Réunion ?

[Atlantico]urlblank:http://www.atlantico.fr/decryptage/reunion-maghreb-revolution-chomage-crise-107033.html est un nouveau site d'information en ligne dont l'objectif à demi avoué est de devenir à terme le Médiapart de Droite. Il s'est notamment fait remarquer par de récents scoops sur l'affaire DSK, grâce à l'évidence à des fuites bien organisées par le gouvernement.
Dans sa rubrique 'Décryptage", le site a publié ce matin une sorte de Tribune libre d'Eric Beeharry, le fondateur d'un jeune mouvement politique intitulé "Ensemble pour la Réunion", qui s'était présenté aux dernières élections cantonales dans le 2ème canton de Saint-Denis où il n'avait obtenu que... 8 voix, soit 0,16% des suffrages.
Si Eric Beeharry a du mal à engranger les suffrages, il n'en a pas moins des idées... très tranchées. C'est ainsi que dans une tribune publiée par Atlantico, après avoir fait le parallèle avec les révolutions qui se propagent au Moyen Orient, il affirme de façon péremptoire que "la révolution couve à la Réunion", du fait de son taux de chômage de 30% (50% chez les jeunes).
Je vous livre le dernier paragraphe de son analyse, qui résume assez bien l'ensemble de sa pensée. A vous de juger...
"Dès lors, tous les ingrédients sont réunis pour un soulèvement populaire. Pauvres de plus en plus nombreux, classes moyennes déclassées, dualisation de la société entre nantis et exclus, classe politique inefficace et dangereusement passive, toutes ces données renforcées par la crise poussent les citoyens réunionnais à la frustration et même à la colère.
Observant attentivement les révolutions du Maghreb, du Moyen Orient et maintenant les Indignados en Espagne, la jeunesse réunionnaise sans avenir - pourtant diplômée - et tous les autres exclus de la société de consommation s’interrogent sur l’opportunité d’une imitation locale de ces contestations, dont la résonance se fait de plus en plus mondiale. D’autant plus que la Réunion (passée directement du statut de colonie à celui de département français en 1946) n’a jamais connu de Révolution. L’île n’a pas vécu cette bascule historique qu’ont connue la plupart des régions du monde et qui fait évoluer les mœurs d’un coup, mais répartit aussi mieux les richesses durablement.
Pour autant si ces événements avaient lieu, il n’y aurait pas forcément lieu de s’en réjouir. Des figures politiques qui militaient dans les années 40, 50 et 60 pour l’indépendance de l’île sont toujours là, à veiller au grain.
Un élu local de leur tendance m’a même confirmé qu’ils n’attendaient que cela pour enfin s’attribuer tout le pouvoir. On verrait alors une caste politique se substituer à une caste économique, avec le risque pour la société réunionnaise de sombrer dans une misère absolue comparable à Madagascar. Soit l’exact contraire des aspirations des Réunionnais. Alors si un soulèvement populaire exaspéré par l’incapacité politique à sortir la Réunion du statu quo devait avoir lieu, espérons qu’elle sera menée par des Réunionnaises et des Réunionnais éclairés. Des citoyens qui chercheront avant tout un développement équilibré et accéléré, plutôt que la tentation de la République bananière".


