Décryptage du budget 2025 : qu'est-ce qui va changer pour les particuliers et les entreprises ?

Surtaxes pour les entreprises maritimes et les rachats d’actions
Les armateurs comme CMA-CGM ne seront pas épargnés. Une taxe exceptionnelle sur le résultat d’exploitation de leur activité de fret maritime va frapper ces géants. Elle s’élèvera à 8 % en 2025, pour un rendement attendu de 500 millions d’euros, avant de retomber à 5,5 % en 2026. Il faut sans doute s'attendre à La Réunion, à une hausse du fret dès l'année prochaine. Cette taxe sera, à n'en pas douter, répercutée sur le consommateur.
Autre mesure attendue : la fameuse taxe sur les rachats d’actions, longtemps promise, voit enfin le jour. À partir de 2025, les grandes entreprises (chiffre d’affaires supérieur à 1 milliard d’euros) devront s’acquitter d’une taxe de 8 % sur les opérations de rachat suivies d’annulation de leurs propres actions, un effort qui devrait rapporter 200 millions d’euros.
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Réforme des cotisations sociales et fin de la baisse de la CVAE
Les employeurs paieront davantage de charges patronales sur les bas salaires. Inspiré par le rapport Bozio-Wasmer, le gouvernement compte revoir les allègements de cotisations sociales pour pousser les entreprises à augmenter les salaires. Cette "désmicardisation" pourrait rapporter 4 milliards d’euros dès l’an prochain. Elle devrait être étalée sur deux années. Reste à savoir comment cette annonce sera accueillie par les entreprises à La Réunion, où une grande majorité des salariés sont payés au Smic.
Côté impôt sur les entreprises, la promesse de supprimer la Contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) est encore repoussée. Sa suppression totale est décalée à 2027, bien que le gouvernement assure toujours vouloir y mettre fin.
Les ménages aisés ciblés, mais pas seulement
Pour les particuliers, l'effort fiscal sera concentré sur les plus aisés. Le barème de l’impôt sur le revenu sera revalorisé de 2 %, une bonne nouvelle, dans ce marasme budgétaire, pour de nombreux foyers qui éviteront de devenir imposables. Cependant, les plus hauts revenus se verront appliquer un taux plancher de 20 % d’imposition, visant ceux gagnant plus de 250.000 euros par an pour un célibataire, ou 500.000 euros pour un couple.
Retour à la hausse des taxes sur l’électricité et l'immobilier
La taxe sur l’électricité, réduite pendant la crise énergétique, va fortement remonter à partir du 1er février 2025. Cela se traduira par un surcoût de 120 euros par an pour un ménage moyen, mais le gouvernement affirme que la baisse des prix de l’électricité sur les marchés devrait limiter l’impact sur la facture des consommateurs. A l'écouter, les tarifs réglementés – ils concernent les ménages en Outre-mer en raison de l'absence de concurrence dans le secteur – devraient connaître une baisse de 9% de leur facture. Réponse en 2025.
Enfin, les avantages fiscaux liés à la location meublée seront réduits. Désormais, les amortissements seront réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable au moment de la cession du bien. Cette réforme, visant à freiner le développement des locations meublées courtes durées, devrait rapporter 200 millions d’euros en 2025. Cette demande insistante avait été faite par de nombreux élus, notamment pour détendre l'offre de logements disponibles à la location longue durée sur leur territoire. La Réunion n'échappe pas à ce phénomène.
La taxe aérienne et le bonus-malus automobile : de nouvelles contributions écologiques
En réponse aux objectifs climatiques, le gouvernement envisage d’augmenter la taxe aérienne et de durcir le système du bonus-malus automobile. La taxe de solidarité sur les billets d'avion (TSBA), qui frappe déjà les billets d’avion, pourrait être relevée pour inciter les compagnies à réduire leurs émissions de CO2. Cette hausse viendrait impacter les passagers, avec une augmentation progressive des prix des billets, notamment sur les vols intérieurs et les vols long-courriers. La hausse de la TSBA devrait rapporter un milliard d’euros à l’Etat l’an prochain. Sur ce point, les compagnies aériennes qui desservent les Outre-mer dénoncent la hausse de cette taxe, au risque de remettre en cause tout un modèle économique.
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Du côté des voitures, le bonus-malus écologique sera réformé pour être encore plus incitatif. Les véhicules polluants subiront des malus renforcés, tandis que les véhicules électriques et hybrides continueront de bénéficier de bonus plus élevés, mais rabotés... « Les aides 'financeront en priorité les ménages les plus modestes', annonce également le document de présentation du budget. Aujourd’hui, le bonus écologique représente un coup de pouce de 4.000 euros (7.000 euros pour les ménages les plus modestes) à l’intention des particuliers souhaitant acheter une voiture électrique. Le montant était encore de 5.000 euros en 2023. Une nouvelle baisse sensible est donc sans doute à prévoir l’an prochain », indiquent Les Echos. Quant au barème du malus ? Il sera durci. Ce n'est pas une surprise. « Le seuil de déclenchement passera de 118 grammes de CO2 émis au kilomètre à 113 grammes au 1 er janvier, puis à 106 grammes en 2026, et 99 grammes en 2027. Du côté du malus poids, le seuil sera abaissé de 1,6 à 1,5 tonne, 'dès 2026' .» Ces décisions risquent d'alourdir, un peu plus, la facture pour les ménages ayant encore besoin de véhicules thermiques.


