Saint-Paul 3 : Le canton des particularités

Conseiller général sortant : Gilbert Mardénalom (UMP)
Les candidats (partis tels qu'inscrits auprès de la préfecture) :
Laurence Lougnon (PS)
Eric Camian (sans étiquette)
François Léa (La Réunion en confiance)
Jean Erpeldinger (Europe Ecologie Les Verts)
Dolorès Pelops (sans étiquette)
Philosa Mailly (Union des Démocrates Indépendants)
Clovis Pavaye (Divers droite)
Sandra Sinimalé (sans étiquette)
Dominique Romély (Mouvement populaire pour un changement MPPC)
Georgette Trabouillet (Divers droite)
Pascaline Chéreau-Némazine (PCR)
Analyse :
Le canton 3 de Saint-Paul (Petite France, Guillaume, Bernica, Plateau-Caillou, Bois Rouge, Fleurimont, Bellemène) représente à lui seul toutes les facettes de la politique réunionnaise et des spécificités de ces cantonales précisément. On y trouve le deuxième canton le plus disputé, des candidats qui ont changé de casaque ou encore des déçus n'ayant pas eu l'investiture tant espérée.
Tout d'abord, le nombre de prétendants : 11 candidats, seul le canton de Saint-Denis 2 en propose plus avec 13. Ensuite parce que devant l'écrasante majorité des élus sortants qui ont du mal à décrocher, Gilbert Mardénalom laissera derrière lui un siège vacant. Élu suite à une élection rejouée en 2005 pour cause d'annulation du Conseil d'Etat de l'élection de François Léa (Sans étiquette - Divers gauche à l'époque), Gilbert Mardénalom fait donc déjouer toutes les mauvaises langues qui présentent l'homme politique comme incapable de céder sa place.
Un point d'interrogation ressort tout de même de cette pléthore de candidats. Pas moins de trois d'entre eux sont censés composer la majorité du conseil municipal saint-paulois. Ainsi, Pascaline Chéreau-Némazine (8ème adjointe) du PCR affrontera sa collègue du PS Laurence Lougnon (6ème adjointe) et Jean Erpeldinger (7ème adjoint) du parti écologique. En s'affrontant de la sorte dans le cadre des cantonales, l'équipe municipale présente publiquement un visage désuni.
A contrario, il était difficile au PS et à Europe Ecologie-Les Verts de ne pas présenter un des leur. Le premier parce que Laurence Lougnon représentait l'évidence même sur un territoire qu'elle connaît bien, ne parlons même pas de son patronyme qui résonne au bon souvenir du vieux tangue bien connu dans les parages de Petite France (et pas que là d'ailleurs). Le second parce que le parti écologique souhaite jouer les premiers rôles cette année.
Europe Ecologie-Les verts présentera 15 candidats sur les 25 cantons renouvelables : une première. En parlant de patronyme célèbre, on ne saurait dire si celui de Sandra Sinimalé saura lui aussi résonner au creux des oreilles des 17.000 inscrits du canton. Avantage ou inconvénient quand on sait le passif de l'ancien maire de Saint-Paul, seuls les électeurs donneront une réponse probante ce dimanche.
Canton "surprenant" jusqu'au bout, Saint-Paul 3 offrira à ses électeurs de droite le choix entre 3 candidats: un officiel, deux divers droite et au moins deux qui penchent officieusement, de part leurs parcours, à droite. C'est donc François Léa qui aura la tâche de fortifier la victoire UMP de 2005, élection inespérée faut-il encore le rappeler. François Léa qui connaît bien ce canton pour l'avoir représenté au Conseil général pendant quelques mois seulement de 2004 à 2005 avant cette annulation. Une étiquette "Réunion en confiance" qui sonne comme un goût de déjà vu dans la politique réunionnaise puisque François Léa avait été élu en 2004 sous l'appellation sans étiquette - divers gauche. Un virage politique dont la Réunion semble être une pépinière plus que productive.
Les électeurs suivront-ils celui qu'ils avaient élu sous une autre couleur politique en 2004 ? Réponse dès dimanche. Un choix de la liste de Didier Robert qui paraît d'ailleurs étonnant pour Georgette Trabouillet au vu de la certitude, avant la révélation de cette liste que ce soutien allait lui revenir. Un épisode que Georgette Trabouillet a fini par accepter, non sans bruit et fracas, mais en maintenant sa candidature en tant que divers droite.
Il reviendra aux électeurs du canton 3 de compter les points dimanche et de décerner qui de François Léa, Georgette Trabouillet ou Clovis Pavaye est de droite (ou le plus de droite) ? En marge de ces candidatures désirées et non récompensées, il est des candidats qui font fi de toutes ces considérations. Est-ce par conviction ou par jeu, histoire de brosser le plus large possible ? Impossible à dire. A défaut d'un positionnement lisible, Dolorès Pelops (sans étiquette) pourra se rappeler au bon souvenir de la population saint-Pauloise, elle qui fût conseillère municipale du temps de la mandature Bénard.
En parlant de lisibilité, l'Union des Démocrates Indépendants nous ferait presque oublier que nous ne sommes pas dans une élection américaine. Mais attention, Philosa Mailly, sa représentante, n'est pas seule à s'avancer sous cette bannière qui détone. Saint-Paul 4 et 5 auront également leur candidat "démocrate indépendant". "La surprise du premier tour, ce sera moi". C'est en tout cas ce que prévoit Dominique Romély du Mouvement populaire pour un changement (MPPC). Venant du milieu associatif, il peut à juste titre revendiquer un travail de terrain mais aussi, petite originalité devant les nombreux fonctionnaires qui "candidatent" au Palais de la Source, une suppléante "au chômage". Une façon selon le duo de représenter cette frange de la population "en galère".
Moins connu, Eric Camian part sans étiquette mais avec des convictions. Comme celui du non cumul des mandats pour le futur élu du canton qu'il réclame comme une évidence. On imagine d'ailleurs très bien ses remarques pointées à l'adresse des conseillers municipaux saint-paulois. Un déficit certain de notoriété qui ne semble pas si préjudiciable pour Eric Camian au vu de l'absence d'une figure marquante de la politique locale sur ce canton 3 qui reste donc très ouvert.
Petit clin d'oeil amusé avant de conclure sur la "surreprésentativité" des femmes. Une fois n'est pas coutume elle sont 6 à reléguer leurs suppléants masculins sur le banc des remplaçants...


