Cantonales : Pour quoi vote-t-on ?

Entre promesses de campagne et réalité des compétences d'un Conseil général, le manque de connaissances permet à de nombreux candidats de promettre ce qu'ils ne pourront réaliser demain. Le Conseil général est surtout connu pour ses actions sociales mais son champ d'action ne s'arrête pas là.
L’action sanitaire et sociale comme pilier numéro 1
L’action sociale constitue le bloc principal des compétences départementales. Elle représente environ 60% des budgets départementaux. Les conseils généraux sont en charge de l’action en faveur des personnes âgées, des personnes handicapées ou de l’enfance, et de l’insertion des personnes en difficulté. Dans le domaine sanitaire, le Département est notamment responsable de la protection de la famille et de l’enfance. Si cette mission peut paraître importante, elle est largement dominée par une gestion de transferts sociaux uniquement (RSA, APA…). Ce qui fait du budget 2011 de cette collectivité à 1,466 milliards d'euros le double de celui de la Région (702 millions d'euros pour l'exercice 2011). Sur ce volet finalement, les moyens d'action d'un conseiller général sont donc limités.
L'une des grandes confusions qui règne dans l'esprit de nombreuses personnes reste la compétence du Département en matière scolaire. Ainsi, la construction et l’entretien des collèges, de leurs équipements dont l’équipement informatique, les bibliothèques de prêts, sont de la responsabilité des Départements. Plus connu du grand public, le Département subventionne des activités culturelles et entretient des musées et des espaces culturels.
Le Conseil général vous transporte !
Le Conseil général assure également l'aménagement et l'entretien de la voirie départementale voire participe au financement de la voirie communale (via les cofinancements). L’aménagement et l’exploitation des ports départementaux de commerce et de pêche, l’organisation des transports collectifs routiers de personnes et notamment le transport scolaire relèvent également de la compétence des départements.
Développement économique et aide aux communes
Le Conseil général aide les communes et les intercommunalités (CINOR, TCO par exemple) à investir et à s’équiper dans de nombreux domaines : alimentation d’eau potable, assainissement, électrification, voirie, financement d’équipements communaux (mairies, gendarmeries, centres de secours), embellissement des villages, protection de l’environnement, aménagement foncier... Dans les mêmes conditions, le Département intervient également par le biais de contributions et de financements aux projets urbains et à la politique de la ville.
Moins évident à première vue, le Département peut participer au financement des aides aux entreprises, dans le cadre d’une convention passée avec la Région. Enfin, bien connu à la Réunion, le Conseil général participe à la modernisation de l'agriculture et à l'installation des jeunes agriculteurs, ce qui d'ailleurs ne manque pas de ressortir dans les discours des candidats qui réclament plus de volontarisme du Département dans ce domaine.
Le tourisme aussi, d'une certaine façon
Les conseils généraux ont une mission de protection de l’environnement. Ils veillent notamment à la préservation des espaces verts, à la gestion de l’eau et des déchets. Le fameux Plan d'élimination des déchets ménagers et assimilés en est d'ailleurs le meilleur exemple. Les randonneurs que vous êtes peut-être se rappelleront lors d'une prochaine sortie que les itinéraires de promenades et de randonnées de l'île sont de la responsabilité de ce même Département.
De quel emploi parlent les candidats ?
On le voit, la compétence de l'"emploi" revient, et ça n'a jamais changé, à l'Etat, malgré tout ce que peuvent promettre les candidats. D'ailleurs, ne sont-ils pas nombreux à réclamer un effort supplémentaire de la part de l'État pour ces fameux contrats aidés qui ont tant fait parlé. A moins qu'il faille comprendre par les promesses de "plus d'emplois", plus de "contrats aidés". Ce qui éviterait sans doute des désillusions dans l'électorat une fois les élections passées.
Enfin, devant cette panoplie d'actions de la part de l'assemblée départementale, certains ne manqueront pas de rappeler que les compétences semblent parfois se chevaucher avec celles du Conseil régional. Une confusion qui devrait s'estomper en 2014 où les conseillers territoriaux prendront place à la fois au Palais de la Source et à la pyramide inversée. Mais cette réduction de moitié des futurs conseillers territoriaux ne marquera pas pour autant un éclaircissement flagrant des compétences de chacune des collectivités. Pour preuve, la loi du 16 décembre 2010 portant réforme des collectivités territoriales a prévu que certaines compétences, comme le tourisme, le sport et la culture pourront toutefois être partagées, à titre exceptionnel, en raison de leur spécificité. La clarification n'est peut-être pas pour demain.



