La Possession : La campagne de trop pour Roland Robert ?

Conseiller général sortant : Roland Robert (Parti communiste réunionnais)
Candidats :
Vanessa Miranville - Europe Ecologie Les Verts (suppléant : Axel Cindor)
Rolland Lallemand - PS (suppléant : Sarah Rupert)
Jérôme Testan - La Réunion en confiance (suppléante : Marie-Andrée Lacroix-Faveur)
Roland Robert - Parti communiste réunionnais (suppléante : Marcelle Puy)
Analyse :
C'est finalement l'un des cantons qui opposera le moins de candidats pour ces cantonales. Ils sont seulement quatre sur la ligne départ, ce qui est un fait rare à souligner aux vus de l'inflation des candidatures cette année, d'autant qu'ils étaient le double en 2004. Alors qu'il y a sept ans, la dispersion des voix avait favorisé une élection rapide de Roland Robert, cette concentration pourrait pousser le candidat sortant dans un second tour qui constituerait déjà une forme de victoire pour ses opposants.
Le grand enjeu de ce canton comptant près de 20.000 électeurs (puisque le canton de la Possession est calqué sur celui de la commune) est de savoir si un renouvellement de bail du conseiller sortant marquera un nouveau record de longévité.
Roland Robert, âgé de 74 ans, marque de son empreinte depuis 40 années la ville de la Possession. Sera-ce la campagne de trop ? Toujours est-il que Roland Robert peut déjà se targuer d'être présent au conseil général depuis 1973. Depuis cette date, aucune élection cantonale ne lui a échappé. Le 4ème Vice-Président du Département et membre du groupe Alliance a en effet été réélu en 1979, 1985, 1992, 1998 et 2004. Une longévité exceptionnelle qui se trouve être également l'un des principaux points d'attaque de ces opposants. Malgré la levée de jeunes pousses en politique, Roland Robert peut, pour se rassurer, s'appuyer sur ses excellents résultats de 2004. Dès le premier tour, celui-ci l'avait emporté haut la main avec 56,93% des voix. Repoussant ses sept autres concurrents à moins de 10%, à l'exception de Jean-Yves Morel, le premier derrière Roland Robert mais avec seulement 10,03% des voix, suivi par le socialiste Jean Hugues Savigny avec 9,27%.
Au Parti socialiste cette année, Rolland Lallemand a une mission délicate : se détacher le plus possible du candidat sortant tout en respectant un pacte de non-agression formellement appelé "charte de bonne conduite" avec le candidat du PCR. Siégeant au conseil municipal depuis 1995 mais ayant pris ses distances avec le maire, Rolland Lallemand est en effet bien rôdé aux joutes électorales. Une présence discrète dans l'opposition qu'il jugeait à notre micro comme "inutile" tant il ne souhaitait "pas entrer dans le jeu de Roland Robert". En janvier dernier, lors de l'officialisation de sa candidature, il avait bel et bien appelé la population à appuyer sa candidature pour un renouvellement de la classe politique. Les propos restent mesurés mais le candidat PS sait dans le même temps qu'il faudra jouer cette carte du changement "d'homme" pour se faire une place sur un territoire dédié au vote communiste depuis 40 ans. Âgé de 54 ans, le proviseur de profession fait figure de cadre du parti où il occupe le poste de trésorier fédéral et fait également partie du bureau politique.
De l'expérience des deux candidats PS et PCR s'oppose la jeunesse de la concurrence.
Vanessa Miranville sait déjà depuis fin 2010 quelle portera les couleurs écologiques à l'issue d'un vote interne. Cette élection, ancrée par définition sur un territoire précis, servira de révélateur du taux de popularité de la candidate des Régionales de 2010. Malgré les divergences de partis, celle-ci rejoint l'ensemble de ses concurrents sur la nécessité de marquer ces élections par un renouvellement du candidat sortant. Pour convaincre, elle s'appuiera sur un autre jeune bien connu dans le milieu culturel possessionnais en la personne d'Axel Cindor. Fer de lance des attaques vis-à-vis du maire et conseiller général actuel, Vanessa Miranville espère bien attirer vers elle cette nouvelle vague de votants qui, comme elle à la Possession, n'a toujours connu que Roland Robert aux responsabilités. Faisant parler sa fibre écologique.
Un leadership naturel envers les jeunes que compte bien s'accaparer le tout nouveau en politique Jérôme Testan. Investi par la Réunion en confiance (UMP ?) de Didier Robert, le comptable dans le BTP espère bien créer un électrochoc à droite dans un bastion imprenable depuis des années. En 2004, Jean-Yves Morel, estampillé UMP, avait récolté 10,03% des voix, faisant de lui le deuxième candidat à l'issue d'un premier tour déjà décisif. Cette année, jouant la carte de la nouveauté à droite, ce dernier s'est effacé au profit de Jérôme Testan, âgé, lui, de 35 ans.



