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Cinq candidats pour Nasion Rénioné

Nasion Rénioné, le parti indépendantiste, présentera cinq candidats aux cantonales. Aniel Boyer, le leader du mouvement, le reconnaît, cette campagne est une vitrine, l'occasion de faire connaître ses convictions au plus grand nombre.
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 23 février 2011 à 18H16


Aniel Boyer met les choses au clair immédiatement, cette candidature n'est qu'une opportunité pour faire connaître son parti et ses idées, il n'est donc pas là pour "un place" mais parce que la campagne est une occasion de communiquer et de se faire entendre. Le leader de la cause indépendantiste reconnait d'ailleurs le paradoxe de la situation, lui qui est "contre la départementalisation mais qui participe à une élection pour élire des responsables du département".

Il aurait d'ailleurs aimé pouvoir être présent dans tous les cantons mais "l'argent y manque a nou", reconnaît-il. Le mouvement sera finalement représenté dans seulement cinq cantons avec notamment Aniel Boyer dans le Tampon 4.

"Les départementalistes sont des collaborateurs de la colonisation"

Celui qui "bataille contre la francisation" de la Réunion assure que "les départementalistes sont des collaborateurs de la colonisation". Il dénonce notamment le problème de l'illettrisme qui est sous-évalué car on ne dénombre pas "tous les gens qui savent lire mais qui ne comprennent pas ce qu'ils lisent". Pour lui, il y aurait autour de 200.000 illettrés à la Réunion et la langue créole serait une "langue étrangère".

Il évoque également le problème du chômage et les solutions trouvées par les politiciens de gauche et de droite, c'est-à-dire de partir en métropole pour trouver un emploi : "la mobilité comme banna y di". Pour Aniel Boyer, on déplace le problème en France où "il y a plus de 5  millions de chômeurs". La candidate du Port, Doriane Dijoux, renchérit sur les recrutements, notamment ceux du Parc national pour lequel, selon elle, on recrute en métropole plutôt qu'à La Réunion " Les logements et les emplois doivent être prioritairement pour les Réunionnais", souligne t-elle.

Autosuffisance alimentaire

Les candidats du parti sont convaincus que leurs idées sont très souvent reprises par les différents partis politiques. Ainsi, lorsqu'Aniel Boyer parle "d'autosuffisance alimentaire", Paul Verges évoque "le développement endogène". Plus généralement, les indépendantistes regrettent la multiplication des importations, les "arrivages par container" de produits qui pourraient pousser à la Réunion et le problème de la malbouffe avec la restauration rapide plutôt que les produits du terroir. Ils dénoncent "le gâchis", notamment pour "les fruits-péï qui sont jetés comme les letchis cette année". Jean-Claude Baret, le candidat de Saint-André, est persuadé que les directives européennes sont inadaptées à la spécificité locale, notamment pour ce qui concerne l'usage du bois.

Parmi les nombreux sujets abordés, les indépendantistes évoquent également le problème de l'eau et regrettent que certains quartiers comme Bras-Creux soient encore délaissés après 60 années de départementalisation. Ils s'inquiètent des augmentations toujours plus grandes du prix de l'eau, de l'électricité et des carburants. Bernard Grondin, le candidat de l'Etang Salé, craint pour le financement du RSA et pressant "des augmentations d'impôts pour financer ces nouvelles mesures."

Finalement, les candidats concluent en dénonçant les stratégies politiques pour défendre des intérêts personnels et appellent à la résistance. Ils en sont convaincus, la Réunion finira par se révolter à l'image de la Tunisie.

 

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