Bernard Padavatan (St-Denis 2) : "Promettre des emplois c'est bien, le faire c'est mieux"

Zinfos974 : Connaissez-vous bien le canton que vous briguez ?
Bernard Padavatan : Je le connais d'autant bien que j'y suis né et que j'y travaille et que j'y vis. Conseiller général, ça reste un mandat de proximité. J'ai du mal à comprendre qu'il y ait des candidats qui ne vivent pas sur ce canton.
Vos déclarations à l'égard du conseiller sortant, monsieur Zanéguy ont été durs…
Je note tout simplement qu'il y a 11 personnes (dont le sortant) qui se sont déclarées jusqu'à maintenant sur le canton 2. Ça veut dire, d'une part, que la démocratie s'exprime et c'est une bonne chose. Mais on peut en avoir une autre lecture. Ça peut aussi dire que 10 candidats sont contre le conseiller sortant.
Qu'est-ce qui pourrait amener un électeur à porter sa voix sur votre nom ?
La différence fondamentale entre les autres candidats et moi c'est que je suis le seul à avoir créé des emplois de par mon activité. Je ne veux pas être un élu alimentaire. Chacun est libre de se porter candidat. C'est bien de parler de l'emploi mais sur tous les candidats, je suis le seul qui ait un bilan en la matière. Je leur dis : Avez-vous seulement créé un seul emploi ? Il faut parler des choses qu'on maîtrise.
Cette activité dont vous parlez, qu'elle est-elle ?
Je suis président de l'association consacrée à la petite enfance qui s'appelle "Jardin de Poucelinat". C'est une soixantaine de personnes qui travaille dans ces crèches, plus une vingtaine qui devrait l'être courant 2011.
Tous les candidats parlent d'emploi dans cette élection, est-ce le rôle d'un Conseil général ?
Je suis intimement convaincu que la création d'emplois est possible à la Réunion. Mais je suis réservé quant à l'utilisation des emplois aidés. Avec un contrat de six mois, vous n'avez pas de projets à long terme. L'inconvénient du contrat précaire, c'est une manière indirecte d'empêcher les jeunes d'évoluer, de les maintenir sous le coude des élus.
Je parlerai d'emploi dans ma campagne car c'est un domaine que je maitrise mais je ne ferai pas de promesses. Il ne faut pas faire croire que l'on va créer des emplois. Bien que l'emploi soit une compétence de l'État, il est possible de mettre en place des dispositifs d'incitation à la création d'emplois en accompagnant les porteurs de projets dans les domaines de compétence du Département (petite enfance, aide à la personne, maisons de retraite et micro-projets). Il y a aussi un effort à faire au niveau de la simplification des démarches administratives.
En matière d'emploi, on revoit ressurgir le terme de préférence régionale, quelle est votre avis ?
J'opposerais préférence compétale à la préférence régionale. Ça veut dire quoi ? Dans les faits, quand je reçois un postulant, je l'écoute, je regarde son cv, ses ambitions, si c'est un créole tant mieux, c'est tout. Mais à la Réunion, le système marche à l'envers, ce sont les subventions qui créent les besoins. Ce qui est important, c'est le porteur du projet et non le projet car ça reste à la tête du client malheureusement.
Quelle est votre approche de la campagne ? En sachant que c'est une première pour vous…
Je dis à la population : "c'est vous qui allaient m'aider. Vous connaissez le mieux le territoire que vous habitez". Le temps de son mandat, je n'ai vu que deux fois monsieur Zanéguy. Sur le deuxième canton, il y a cinq crèches, il n'y a jamais mis les pieds. Du Conseil général et de la mairie, j'ai reçu zéro euro. Et puis, si je suis élu, je n'ai pas l'intention de déménager à la Montagne par exemple.
De quel score vous créditez-vous ?
Mon vœu c'est d'être élu au 1er tour. Mais être élu, ce n'est pas une fin en soi, l'important c'est d'accéder à un budget pour faire bouger les choses. Vous avez des candidats qui, au mois de janvier, distribuent des galettes des rois à la population. Il faut sortir de cet état d'esprit. Il faut être honnête.
Quel est votre Conseil général idéal ?
Il faut déjà passer par un renouvellement de cette classe politique. Un homme, un mandat, c'est aussi ce que je souhaite car quand ils sont élus on ne les voit plus. Ensuite, il faut replacer l'humain dans tous les projets.
Quels sont vos projets concrets pour le canton que vous briguez ?
Réparer la RD60 qui est la seule route traversant Sainte-Clotilde vers le Bois-de-Nèfles, ainsi que la RD44. Entreprendre des travaux de rénovation de nos collèges (Deux Canons, Juliette Dodu, Bourbon et Saint-Michel). Soutenir les micros-projets de service ou commerciaux portés par des personnes désireuses de s'insérer dans la vie active. Je pense également à la création d'un mini-port de pêche aux Deux Canons. Enfin, il faut que le conseiller général assiste aux conseils d'administration des collèges du canton, ce qui n'est pas le cas.
Sur l'ensemble du département, je prône la création d'une bourse d'initiative jeune pour accompagner les projets sportifs, artistiques, culturels et humanitaires. Ou encore renforcer la solidarité envers les personnes vulnérables en améliorant le transport adapté des personnes handicapées ou en réévaluant le chèque santé en faveur des seniors.
Pourquoi ne pas avoir choisi un parti de droite pour cette campagne ?
Ils ont les moyens financiers, moi j'ai l'honnêteté. Être le candidat d'un parti, c'est perdre de sa liberté (ndlr : il se présente sous l'étiquette divers droite).



