Commission des financements des partis politiques : L'UMP va bien, le FN en difficulté

Dans son rapport sobrement intitulé "Publication générale des comptes des partis et groupements politiques au titre de l'exercice 2009", la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques éclaire, par sa neutralité, la situation réelle des partis politiques nationaux. Alors que, dans les grandes lignes, on apprend que les grands partis arrivent à maintenir leur voilure grâce aux dons (UMP), les petits partis, eux, jouent la carte du militantisme avant tout.
Constituée de neuf membres issus de façon égalitaire du Conseil d'État, de la Cour de cassation et de la Cour des comptes, la commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques est missionnée par décret du Premier ministre pendant cinq ans (renouvelables). Leur lettre de mission : établir chaque année la photographie de la situation financière des partis nationaux.
Dans son rapport sorti le 29 décembre dernier, la commission se penche sur l'exercice 2009 de ces mêmes partis.
Les dons vers le PS s'effondrent des deux tiers en un an
D'une année sur l'autre, le budget socialiste est sensiblement le même, mais en 2009, les dons se sont effondrés, passant de 1,6 million à moins de 500 000 euros, ce qui constitue seulement un peu moins de 1% des recettes du parti à la rose. En revanche, le Parti socialiste peut toujours compter sur ses élus qui sont restés généreux. Leurs contributions cumulées ont largement contribué au bénéfice réalisé par le parti socialiste. Elles pèsent pour plus d'un quart des recettes. De quoi pallier, pour un temps, le désengagement des donateurs.
Même exclu du gouvernement, Eric Woerth reste "Monsieur finances"
Au parti de la majorité présidentielle, une autre logique s'impose. Les élus mettent moins la main à la poche. Ainsi, les contributions des élus ne pèsent que pour 3,2% dans les recettes alors que les cotisations des adhérents atteignent les 10,9% (en légère hausse par rapport à 2008). L'UMP continue à bénéficier de vagues d'adhésion depuis la présidentielle de 2007 malgré des turbulences. Mais la palme de la générosité à l'UMP, bien devant ses élus et ses adhérents, vient des dons. Plus de 7 millions d'euros y ont été collectés (soit 13,3% du budget du parti) au cours de l'exercice 2009. Une générosité ravivée par un certain Eric Woerth, ancien ministre déchu du dernier remaniement pour des histoires de gros sous. "Le Premier cercle", nom du club de riches donateurs qu'il anime, est la véritable locomotive des dons d'industriels et autres sympathisants.
Le FN de plus en plus dépendant des dons
En 2009, le Front national clôture ses comptes sur une perte de 836.000 euros. Ce qui, en soi, est déjà conséquent mais se révèle être beaucoup moins important que le déficit enregistré un an auparavant (2,5 millions en 2008). Mais les créances s'accumulent. Dans son droit de réponse à la commission, le parti d'extrême droite précise qu'il "pourrait être difficile de faire face à certaines échéances prochaines" à moins qu'il ne parvienne à vendre son siège de Saint-Cloud. En attendant, le FN s'en remet aux dons, ce qui est finalement un mauvais signe. En 2008, ils représentaient 3% des recettes. En 2009, la part explose à 25%.
L.O. n'est pas mieux loti
Une situation délicate pour le Front national qu'il partage aisément avec Lutte Ouvrière, incarné, malgré son passage de témoin, par Arlette Laguiller. En 2009, le mouvement totalise un niveau de dons à hauteur de 20,6% de ses recettes (656.237 euros). Les cotisations des adhérents restent significatives (30%).
L'UDF... pour les nostalgiques
On l'oublierait presque, mais l'UDF n'est pas totalement mort. Même si son existence tient de la symbolique avec 1.450 euros de cotisations d'adhérents et 13.237 euros de contributions d'élus, des militants et sympathisants continuent bien d'adresser chèques et virements à l'ancien parti centriste. Depuis la rupture de 2007 et la naissance du Modem, celui-ci prend en charge l'ensemble du personnel et des frais matériels de son ancêtre.



