L'opposition ramène la majorité régionale sur le terrain des projets routiers

Aline Murin-Hoarau de l'Alliance sonne la charge sur le volet culturel : "Les musées de l'île ne doivent pas devenir des Disneyland. Je regrette les propos tenus par Jacqueline Farreyrol sur la langue créole. Oui, nous sommes fiers d'être réunionnais".
La réponse laconique du président de Région, Didier Robert : "je crois qu'il y a un monde qui nous sépare", avant de laisser la parole à son vice-président en charge de la culture. Pour Jean François Sita : "une augmentation de 395%. Vous pensez réellement que c'est une politique de culture créole au rabais. Vous avez encore une lecture politique de la culture. Nous, nous avons une politique de la culture qui est pragmatique".
Un volet culture qui a vite été balayé par celui "traditionnel" de la route du Littoral, des 2.000 bus emmenés par un toujours aussi virulent Camille Sudre. "Moi, je veux parler finances", lance d'entrée de jeu l'élu de l'Alliance.
Les compliments avant la pluie de critiques
Morceau choisi : "Nous discutons aujourd'hui de votre premier budget, on va être forcément indulgent. Le rapport de présentation, je le trouve bien, j'aime bien les actions nouvelles", lance-t-il, ironique, avant d'en venir au flot de critiques. "Sur le fond maintenant : il y a deux choses qui me choquent. Tout d'abord, + 6% de dépenses de fonctionnement. Comment voulez-vous faire des efforts d'investissements si vous augmentez par ailleurs vos dépenses de fonctionnement ?"
Camille Sudre tient en garde : "si vous ne réduisez pas votre train de vie, on va droit dans le mur et garder cette proportion 60 % d'investissements, 40% de fonctionnements deviendra intenable. L'année dernière, nous avions diminué nos dépenses de fonctionnement de 3,7% malgré un transfert de compétences alors que là il n'y a pas de nouveaux transferts de compétences dans ce budget 2011. Le problème monsieur le président : la Région sera suspectée de dilapider l'argent public. Ne laissez pas filer les dépenses de fonctionnement", a-t-il poursuivi au cours de sa longue intervention.
Le deuxième grief de l'élu de l'Alliance a porté sur le programme pluri-annuelle des investissements (PPI). Une inquiétude relayée par André Thien Ah Koon : "Comment allons-nous pouvoir voter le budget sans la connaissance de ce document ?", a-t-il questionné la présidence.
Trans eco express et route du Littoral, encore
"Avez-vous la capacité pour financer ces 2.000 bus promis ?", a lancé Camille Sudre en guise de prélude à un feu nourri de reproches sur l'un des projets majeurs de l'actuelle majorité. "La route du Littoral, c'est 70 millions d'euros dès l'année prochaine, mais le projet n'est pas bouclé. On ne connaît pas le coût des voies sur mer à l'entrée de Saint-Denis avec les voies pour les bus", a-t-il martelé avant de rappeler le contexte de gel des dotations de l'État pendant trois ans.
La réponse de la majorité est venue de Fabienne Couapel-Sauret, 12ème Vice-présidente en charge du Transport : "le Trans eco express pourrait être l'avenir du projet de transport collectif réunionnais. Il ne s'agit pas que de créer 2.000 bus, mais bien de créer une véritable filière autour de ce projet".
A midi, le vote du budget n'a toujours pas débuté.



