Violences conjugales, pistolet, zamal : Trois raisons de finir en détention

Jules A., 29 ans, s'évertue à expliquer la même chose, insistant sur la jalousie maladive réciproque du couple. À ce propos, le procureur lui fait la remarque : "Vous l'avez textée 37 fois au cours d'une seule soirée alors qu'elle était au restaurant avec une amie. Elle explique quand elle sort qu'elle doit vous appeler en visio pour que vous pussiez voir avec qui elle est, vous trouvez ça normal ?".
"Elle aussi elle est jalouse et elle aussi, elle me tape. Elle a son caractère. Je reconnais que je l'ai bousculée mais j'essaye de me défendre comme je peux. C'est aussi à cause de l'alcool", répond le prévenu au tribunal. La victime reconnait cette version dans la lettre qu'elle a écrite à l'attention du président.
Son casier fait état de 8 mentions dont 4 pour des violences
Outre les violences, Jules A. doit aussi répondre de transport et détention de l'arme retrouvée dans sa voiture. Il explique qu'il fait du tir sportif en club et que suite à une interdiction du tribunal, il ne savait pas quoi en faire : "Les armes, c'est une passion. Je l'ai mise dans la voiture car elle ne voulait pas de ça chez nous", indique le prévenu qui comparait en état de récidive pour les violences pour avoir été condamné en avril 2022. Il s'en était pris à son ex-compagne. Son casier fait état de 8 mentions dont 4 pour des violences.
"Sa première condamnation est pour des violences avec arme et 10 ans plus tard, il est à nouveau poursuivi pour des violences et la détention d'une arme. Tout ce que la victime a dit est avéré même si elle reconnait avoir un fort caractère. Comme elle le dit, 'il n'a pas de limite'. Même en grade à vue, il use d'un subterfuge pour lui envoyer un texto et lui demander de retirer sa plainte. Il a un gros problème avec l'alcool. Il reconnait certes, mais il inverse les rôles", fustige le procureur qui requiert une peine de 2 ans de prison assortis d'un mandat de dépôt et une interdiction de contact.
"Un homme ne se résume pas à son casier judiciaire", répond Me Jean-Jacques Morel. "On demande 2 ans pour une affaire qui mérite 2 mois. S'il n'avait pas ce casier, il ne serait pas là. Il s'agit de deux êtres qui sont mal dans leur peau, ce qui en fait une relation explosive. Vous jugez des violences réciproques, ce ne sont que des ralé-poussé. Les disputes sont le plus souvent verbales", conclut la robe noire après lecture de la lettre de la victime.
Le tribunal condamne finalement le prévenu à 18 mois de prison ferme et ordonne son incarcération.


