Ecole Candide-Azéma : l’alarme qui rend fou

Il y a des bruits qui sont juste dérangeants ; d’autres qui incommodent grave ; et enfin, ceux qui rendent cinglé. C’est ce qui nous arrive, Boulevard Notre-Dame-de-la-Trinité, à Saint-Denis. Une alarme qui rend fous de chez cinoques de chez mabouls de chez décrépis du ciboulot !
On connaît tous ces alarmes de voiture se déclenchant intempestivement. Un coup de vent violent, un coup de pare-chocs, une souris qui pète, un poivrot qui se détronche avec sa pile… wi-wi-wi-wi-wi-wi… Cela se solde en général par un propriétaire réveillé en sursaut et en rogne par bobonne, qui dévale l’escalier et met fin au bruit infernal, sous les huées de tout l’immeuble. Ça dure cinq minutes et on n’en parle plus.
Là, changement de partition.
On est au bout du Boulevard Notre-Dame-de-la-Trinité, là où il y a des immeubles, un laboratoire d’analyses, une école primaire, une annexe municipale et plein de braves gens qui aimeraient bien roupiller tranquilles. Erreur ! Toute cette nuit, celle du mardi 14 au mercredi 15, à partir de 21 heures (et ça dure encore ce matin), une alarme s’est déclenchée. Wi-wi-wi-wi-wi-wi…
Ça réveille tout le quartier et ça siffle comme ça cinq à huit minutes durant. Ça s’arrête, on soupire de soulagement et on se rappelle au bon souvenir de Morphée ; sinon aux gendarmes de Section de recherches pour ceux qui adorent les feuilletons policiers français. C’est mon cas. On en profite pour ouvrir large les fenêtres en raison de cette fichue chaleur et on s’apprête à jouir d’une tranquillité quand, 3 minutes plus tard : wi-wi-wi-wi-wi-wi…
Il n’y a donc pas un p… de m… de c… de chauffeur qui va enfin arracher son alarme ? Il n’a donc pas envie de dormir, lui aussi ? Ben non, y’en a pas et je vous dis plus loin akoz.
A 9 heures du mat, ça continue ; appelant le 17, je permets à un brave policier de profiter lui aussi du concert.
A 10 heures, descendant me dégourdir les (ou la) jambes, je constate que l’alarme diabolique ne vient pas du tout des immeubles alentour mais… de l’école Candide-Azéma, juste en face. Pauvre Candide !
C’est à se poser des questions… Cette école n’a pas de gardien, bien. Elle a donc une alarme pour se prémunir contre les intrusions indésirables. Jusque là ça va. Mais… à quoi sert une alarme si elle n’alarme personne ? Normalement, ce genre de dispositif est relié direct à un système central de surveillance chargé d’envoyer des vigiles, des pandores, des gros bras, des amstaff, une division blindée, que sais-je.
Si le signal sonore a fait ch… tout le monde toute la nuit et ce matin encore, c’est que, comme disait Reynaud (Fernand, pas Paul), « y’a comme un défaut ».
C’est bien beau de vendre des systèmes d’alarme, c’est bien beau d’en faire des publicités, débiles de chez crétin, sur toutes les TV. Mais encore faut-il que ça marche !
Là, je vous raconte juste ce que j’ai subi, et tout mon voisinage avec moi, depuis un nombre d’heures incalculable. Mais le quartier de la Trinité n’est pas le seul à rêver de battes de base-ball : c’est dans toute La Réunion que ça se produit.
Moi, j’ai eu la chance d’être écouté et entendu par le fonctionnaire du 17. Mais bien souvent, les victimes de sifflements gothiques ne savent à qui s’adresser. Les vendeurs de systèmes d’alarme ? Aux abonnés absents.
Il faudrait leur expliquer, aimablement je souligne, les règles de la déontologie appliquées au droit de roupiller tranquilles. Avec un nerf de boeuf par exemple. Et en même temps, la lecture à haute voix des oeuvres complètes de B.H.-L. Ils sauraient alors ce que veut dire « le bruit qui rend fou »…


