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Vidéo - Handicap : Privés de la vue, ils font le tour de l'île en tandem

Ils sont non-voyants ou malvoyants. Ce handicap ne les empêche pas de se lancer dans le défi de réaliser 227 km en tandem. Un tour d’île en trois jours.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 18 novembre 2021 à 14H25

La pause est bien méritée. L’équipe des trois tandems peut enfin souffler, prendre le temps de boire de l’eau et surtout déguster quelques pâtisseries. La bonne humeur est au rendez-vous chez un opticien de Saint-Denis, lieu du ravitaillement. Partis de Saint-Leu au matin, les trois binômes du projet "Des yeux et un tandem" se préparent à un dernier challenge  du jour : la montée de Pic-Adam.

Conséquence d’un accident de travail, Ti-Bob, à l’initiative de ce projet, a perdu la vue. Jean-Phillippe Sevagamy est lui aussi non-voyant, suite à une maladie. Jennyfer est malvoyante et, comme les deux autres sportifs, pédale à l’arrière du tandem électrique. "Le pilote de devant est à la fois le pilote et le copilote de rallye, et nous, on pédale derrière. Il nous détaille tout ce qu’il voit, on écoute et on se concentre. Même quand on croise une jolie fille, il nous avertit (rires)", précise Jean Philippe Sevagamy.

Confiance et coordination
 
La clé pour le fonctionnement de ces tandems pilotés est la coordination et la confiance envers son partenaire. Derrière ce projet de la SAMSAH DV 974 (Service d'accompagnement médico-social pour adultes handicapés Déficients Visuels) qui fait partie de l’IRSAM (Institut régional des sourds et des aveugles de Marseille) se cachent des mois de préparation et d’entrainement.

Le trio qui parcourt 227 km en 3 jours est accompagné d’un bénévole, d’un éducateur spécialisé et d’une psychomotricienne. Une voiture-balai accompagne le cortège également. "Ti-Bob a eu l’idée de créer ce projet, il est passionné de tandem", avance Jean-Philippe Sevagamy. L’intéressé renchérit et délivre ses secrets. "C’est un moyen pour nous de rester en bonne santé et de faire travailler notre cardio. Il faut être fort et dynamique dans sa tête. En tant que non-voyant, on est concentré sur le bruit des voitures comme sur la route du littoral où ça défile, mais surtout sur la voix de notre partenaire".
 

 

 

Devenir autonome

En parallèle des cyclistes réunionnais, l’IRSAM a lancé une grande marche à Marseille avec plus de 400 personnes dans le cadre de la semaine de l'emploi des personnes handicapées. Si Ti-Bob, Jean-Philippe Sevagamy et Jennifer sont conscients de leur handicap, ils parviennent à être autonomes avec l’aide de l’association. "Je suis obligé de vivre avec ça depuis mon accident de travail, il y a huit ans. Les professionnels nous aident pour continuer à faire ce qu’on faisait avant", souligne Ti-Bob. Même son cloche pour Jean-Philippe qui est fier de pouvoir cuisiner un rôti parfaitement cuit. "Je cuisine comme tout le monde et mon rôti est toujours bien rose. Il faut avoir une forte mentalité pour être autonome. Il faut lutter et ne pas rester enfermer chez soi. Il faut le vouloir", conclut l’homme de 50 ans.

 

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