Election présidentielle au Brésil : "Cette campagne déchaîne les passions"

Plus de 140 millions d’électeurs brésiliens sont appelés à voter pour leur président ce dimanche. Un scrutin qui oppose Jair Bolsonaro pour le parti social-libéral et Fernando Haddad du parti des travailleurs (PT).
Enis Rockel suit avec attention cette élection qui "divise les Brésiliens parfois au sein même d’une famille". Le guide conférencier et professeur d'histoire de La Réunion à l'Université nous livre son analyse.
Il faut dire que l’élection se déroule dans un contexte marqué par la crise économique, la violence et la corruption. "D’emblée on a l’impression que le choix se porte entre la peste et le choléra". Le Parti des travailleurs après 13 ans passé au pouvoir a "montré ce dont il était capable ". La corruption mine le pays. L’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva, celle qui lui a succédée Dilma Rousseff, mais aussi des directeurs des grandes administrations, ont été soit incarcérés soit destitués au cours de leur mandat, rappelle Enis Rockel.
Jair Bolsonaro, militaire, homme politique depuis 30 ans, n’a jamais été condamné. "Il semble avoir les mains propres mais ce sont ces idées, ces prises de positions controversées qui heurtent la sensibilité européenne", commente le Brésilien. La campagne s’est jouée sur les réseaux sociaux où "des vidéos circulent montrant ses réponses brutales". "Son programme prône les valeurs familiales et patriotiques. On a jamais autant entendu l’hymne national, vu les couleurs du drapeau brésilien... un réveil nostalgique", avance Enis Rockel.
Surnommé le "Trump tropical", Bolsonaro a cependant tout au long de sa carrière politique tenu des propos outrageants notamment contre des femmes ou des homosexuels. Le candidat a été poignardé en plein bain de foule en septembre dernier.
En tête à l’issue du premier tour, Bolsonaro avec 46,06 % des suffrages, en passe d’être élu, avait dénoncé des problèmes sur certaines urnes électroniques. "Le tribunal suprême électoral organise les élections. Une fraude provoquerait une grave crise". Pour Enis Rockel, "cette campagne électorale déchaine des passions qui il l’espère s’estomperont demain soir".


