Une nouvelle technique pour tuer "chirurgicalement" le ver blanc

La pire menace des champs de canne et des maraîchages est sur le point de trouver plus fort que son appétit insatiable pour les racines des plantes. C'est en tout cas tout l'espoir que les chercheurs de la FDGDON portent dans cette minuscule "boîte de pétri", cette boîte de plastique, stérile et scellée (voir l'image plus haut) qui contient l'ennemi numéro 1 du ver blanc.
A l'intérieur donc : un champignon qui répond au doux nom de "beauveria brongniartii" et dont la caractéristique salutaire tient dans son pouvoir de "parasiter" le ver blanc.
Jusqu'à présent, l'utilisation de ce champignon se faisait par l'unique moyen d'épandage du "Betel" (nom commercial du beauveria) dans les sillons de replantation des cannes. En clair, résume Gérard Canabady, président de la fédération, "on attendait que le ver blanc vienne au champignon, cette fois-ci c'est nous qui venons vers lui".
La méthode proposée aujourd'hui consiste à "utiliser le ver blanc contre ses propres congénères". Le contenu de la boîte doit être versé dans de l'eau dans laquelle l'agriculteur ou le maraîcher devra "tremper" les hannetons (stade adulte du ver blanc). Les spécimens badigeonnés de cette souche sont simplement relâchés dans la nature où, au gré de leur périple, ils dissémineront naturellement le même germe aux oeufs qui ne dépasseront pas le stade larvaire. Dans ce schéma idéal, la reproduction de l'hoplochelus marginalis (nom scientifique du ver blanc) est enrayée.
"Frappe chirurgicale" Vs épandage massif
Cette solution a le mérite d'être "biologique", de "frapper chirurgicalement", là où les techniques existantes offraient une réponse "massive" et donc diffuse, se félicite Gérard Canabady qui ne manque pas de "saluer le travail des équipes de la fédé".
Ce nouveau moyen de lutte a déjà séduit les représentants de la Direction de l'Agriculture (DAAF) lors du comité ver blanc de ce mardi. L'ultime étape est administrative. La méthode de l'épandage est la seule autorisée depuis 2006. Il faut donc que le procédé du "trempage" - terme officiel - soit avalisé par l'Etat. Même si rien n'est arrêté sur l'aspect commercialisation, le prix d'une boîte devrait osciller entre 1 et 2 euros.
Le temps tourne. En fonction des premières pluies de mi-octobre à début novembre, les premiers hannetons vont commencer à sortir. Ce sera le moment idéal pour les contaminer. La FDGDON compte donc sur la diligence de l'autorité administrative pour obtenir cette fameuse autorisation.
A la Réunion, 3.500 canniers attendent une réponse efficace au retour redouté du hanneton-scarabée. Saint-Louis, le Tampon ou encore Saint-Pierre pour ne citer qu'elles, sont les villes où le ravageur est particulièrement virulent.


