Bareigts et l'intersyndicale pour l'application des conventions collectives nationales dans les DOM

La suppression de la Loi Perben n'est pas nouvelle et traîne depuis une vingtaine d'années dans les DOM. Les représentants de l'intersyndicale se sont réunis ce matin autour de la députée PS de la première circonscription, Ericka Bareigts, dans le but de "renouveller" le dialogue social et demander l'application de plein droit des conventions collectives nationales au niveau local. "L'intersyndical s'est fixée l'objectif de faire appliquer les conventions collectives nationales. Le frein est l'article 16 de la loi Perben. Il est normal d'aller rencontrer la députée car il faut l'abroger. Il met en avant une rupture d'égalité de traitement entre les salariés métropolitains et domiens. Une situation qui n'est plus possible pour un département qui se dit français depuis 1946", explique le secrétaire général de la CFDT, Jean-Pierre Rivière.
"Cela fait 20 ans que l'on se bat. Les conventions sont des bases sociales intangibles. Cet article 16 bloque l'application systématique des conventions et il faut que les parlementaires s'en saisissent", ajoute-t-il.
Au-delà du problème des conventions collectives et de la structuration de branches, c'est la question du dialogue social qui est posée. "Le problème des conventions collectives nous renvoie à celui du dialogue social (…). On doit pouvoir, syndicats et patronat, se mettre autour d'une table pour établir un dialogue social territorial", explique pour sa part le secrétaire général de la CGTR, Ivan Hoareau.
Un argument partagé par la députée PS, Ericka Bareigts, qui a reçu pendant près de deux heures les représentants de l'intersyndicale. "On est là pour construire le dialogue social en général, élément essentiel dans le développement de l'économie. Se pose alors la question de l'application des conventions collectives et des structurations de branches. Une question qui n'est pas traitée jusque là. On fera la même démarche auprès du patronat", souligne la députée.
D'ores et déjà, le ministre du Travail et de l'Emploi, Michel Sapin, est saisi de la question. "Il devrait apporter un éclairage lors de sa prochaine visite à la Réunion (dans quelques mois ndlr)", poursuit-elle. Et pour faire émerger un nouveau modèle économique à la Réunion, l'intersyndicale et la députée entendent s'appuyer sur les derniers travaux réalisés lors des derniers Etats généraux ou encore la conférence économique et sociale.
Déjà d'autres parlementaires ont été saisis sur cette question, notamment le sénateur Paul Vergès qui est intervenu directement auprès du Premier ministre, et une autre rencontre est prévue avec Huguette Bello. "Pour les autres parlementaires, c'est motus et bouche cousue", regrette Ivan Hoareau.


