7e circonscription : Perceval Gaillard dénonce les “retournements de veste” de Jean-Luc Poudroux

Pas une voix pour le Rassemblement national, voilà le mot d’ordre à gauche pour ce second tour. Pour cela, Perceval Gaillard a réuni Olivier Hoarau, maire du Port, Ericka Bareigts, maire de Saint-Denis, et Brigitte Buron, pour Place Publique, pour bien marquer l’union de la gauche pour ces législatives. Les résultats de dimanche dernier signent la volonté de “changement pour une grande partie de la population. Mais, on l’a bien vu sur la 7e, avec ce retour de vieux briscard de la politique, on se demande comment ces gens peuvent incarner ce changement. Le seul vrai projet d’alternance est à gauche”, martèle le député sortant.
Le candidat du RN est habillé pour l’hiver par Perceval Gaillard, qui ne l’épargne pas en rappelant son bilan en tant que député. “Il a été élu en 2017 et on ne l’a plus revu dans la circonscription. Et visiblement, il n’était pas non plus à Paris. Avec un seul amendement adopté, il ne peut pas sérieusement dire qu’il a travaillé. Je laisse les gens vérifier, tout est en ligne. Même en étant dans l’opposition, j’ai réussi à faire adopter 37 amendements en seulement deux ans. Comment Jean-Luc Poudroux peut-il prétendre incarner le changement après 40 ans de vie politique. Pendant toute leur carrière, ces gens-là ont appelé à faire barrage au FN et maintenant courrent derrière le RN. On ne compte plus les retournements de veste de monsieur Poudroux. Pour rappel, il appelait à voter pour Huguette Bello il y a trois ans lors des dernières régionales. Il a été condamné pour corruption, j'avais neuf ans, et sans parler de son compte en Suisse”, rappelle Perceval Gaillard.
“Il faut arrêter avec le récit médiatique d’une vague RN”
Si le député sortant ne remet pas en doute la percée du RN lors du premier tour, il nuance en soulignant que “400.000 voix séparent le NFP du RN, il faut arrêter avec le récit médiatique d’une vague RN”, s’agace Perceval Gaillard [il faut également ajouter les 1,25 million de voix pour les candidats LR/RN (3,9 %), soit un écart de 1,5 million d’électeurs entre le NFP et l’extrême droite, ndlr]. “Il y a trois semaines, personne n’aurait misé un kopeck sur l’union de la gauche aujourd’hui, la réalité c’est que grâce aux forces progressistes, le RN n’aura pas de majorité absolue. À La Réunion, le NFP est en tête. La mobilisation de tous a fait échouer le plan du président, qui consistait à miser sur une division de la gauche pour refaire aux législatives le second tour de 2022, avec le dilemme Ensemble/RN. Le choix est désormais clair pour les électeurs, il y a deux programmes. Celui du RN, avec la poursuite de la politique d’Emmanuel Macron, ou celui du NFP qui prévoit l’augmentation des salaires et le blocage des prix. Si vous voulez le changement social, alors rejoignez le programme du NFP”, poursuit le candidat LFI/NFP.
Les ténors à la rescousse
Pour donner un corps à l’union de la gauche devant la presse réunie à la permanence de Perceval Gaillard, Ericka Bareigts et Olivier Hoarau avaient fait le déplacement, alors même que leurs communes respectives ne sont pas sur la 7e circonscription. Pour la maire du chef-lieu, pas de doute, il faut se ranger derrière le député sortant. ”Le résultat du premier tour est l’expression d’une confiance des électeurs. La Plateforme reconnaît le travail accompli par ce duo, car il ne faut pas oublier que Geneviève Payet [la suppléante EELVR de Perceval Gaillard, ndlr] est véritablement associée au travail parlementaire”, explique Ericka Bareigts. D’ailleurs, elle n’hésite pas à parler de “méthode Gaillard” pour faire avancer les dossiers. “Il a compris la diversité de la gauche avec plusieurs expressions et sensibilités, mais toujours avec une colonne vertébrale de valeurs progressistes et humanistes”.
Même son de cloche du coup du maire du Port, qui n’a visiblement toujours pas digéré la dissolution. “On s’est réveillé au lendemain des Européennes avec la promesse d’un gouvernement RN. C’est une décision irréfléchie du président de la République, mais il faut constater la dynamique en place. Les six sortants sont au second tour, et nous espérons pouvoir rafler la 3e circonscription. Il y a une vraie résistance face au danger RN. Certains candidats n’ont pas de parcours politique, je pense à la 2e circonscription. D’autres, comme dans la 7e, ont disparu des radars pour revenir par opportunisme. Dans la 1e, un candidat fait campagne sur le dégagisme, mais n’hésite pas à faire des courbettes à l’ancien maire après le 1er tour. Il faut rappeler l’hypocrisie du RN. Je pense que tout le monde a pu voir le débat de Karine Lebon et son adversaire RN, on est au-delà des divergences là”, martèle Olivier Hoarau.
Pas de doute sur le bien fondé du barrage républicain pour l’élu, qui dénonce les prises de position d’une partie de la classe politique. “Le réveil citoyen et républicain est là, et c’est notre devoir d’être aussi présent pour ce moment historique. Je vois des élus, des maires notamment, qui refusent de prendre position. C’est irresponsable, et il faut le condamner. C’est un manque de respect pour la population réunionnaise et pour le peuple français”
Discrète durant la conférence de presse, Brigitte Buron, représentante de Place Publique, rappelle le danger du RN pour la société civile. “Le paysage associatif sera bouleversé, car l’une des premières mesures sera sans doute de supprimer toutes les subventions qui les font vivre. J’ai grand espoir d’un réveil citoyen pour définitivement écarter Poudroux, qui n’a aucun projet pour La Réunion”.


