30 fois plus d’enfants en centre de rétention à Mayotte qu’ailleurs en France

Dans leur dernier rapport rendu public hier, le Cimade, le Forum-réfugié, l’Ordre de Malte, France Terre d’Asile et l’ASSFAM dressent un constat alarmant sur la situation des étrangers en situation irrégulière en France.
Les cinq associations indiquent que le placement en rétention concerne de plus en plus souvent des familles, notamment à Mayotte, où la situation est particulièrement explosive.
Ainsi, le rapport révèle qu’avec 93.147 renvois contre 87.790 sur les cinq dernières années, "l’État a réalisé davantage d’éloignements forcés depuis Mayotte que l’ensemble des 95 départements de la métropole".
L’île aux Parfums"concentre à la fois le plus grand nombre de personnes éloignées et les atteintes aux droits les plus manifestes", expliquent les associations. En effet, selon elles, "les éloignements sont réalisés en quelques heures, sur la base de lois dérogatoires, ce qui produit des violations des droits fondamentaux sans pratiquement aucun contrôle de la justice".
La situation des enfants en situation irrégulière est particulièrement critique dans le 101ème département français puisque 4378 enfants sont passés par la case rétention, "souvent rattachés illégalement à des adultes n’ayant aucune autorité parentale sur eux".
"Les pouvoirs publics ne prennent aucune disposition visant à réduire une pratique pourtant dénoncée depuis plusieurs années", déplorent les associations.
Ainsi, entre 2011 et 2015, "l’État a enfermé 30 fois plus d’enfants à Mayotte qu’ailleurs en France (21.436 contre 732)", ajoutent-elles dans le rapport.


