Wilfrid Bertile échoue à devenir ambassadeur à la Coopération. Sa fille est nommée à sa place...
Véronique Bertile était au cabinet de George Pau-Langevin depuis juin 2014. Elle a été nommée en conseil des ministres le 15 juillet dernier ambassadrice déléguée à la Coopération régionale dans la zone Antilles-Guyane. Le fait du Prince ?
Ecrit par zinfos974 – le vendredi 17 juillet 2015 à 09H33
Le 19 septembre 2013, Wilfrid Bertile (70 ans qui travaille actuellement au Cabinet de Nassimah Dindar) publiait un Courrier des lecteurs sur Zinfos intitulé "[Le fait du Prince]urlblank:http://www.zinfos974.com/Wilfrid-Bertile-Le-fait-du-Prince_a61748.html " dans lequel il regrettait de ne pas avoir été choisi comme ambassadeur chargé de la Coopération régionale et qu'on ait préféré à sa place une proche de Laurent Fabius.
Je reprends les meilleurs passages de ce courrier car ils prennent, deux ans après, un sel tout particulier : "Quand le poste d’ambassadeur chargé de coordonner la coopération régionale dans l’océan Indien devait changer de titulaire, j’avais fait part à qui de droit de mon intérêt. Oh ! pas spécialement pour la fonction : secrétaire général de la commission de l’océan Indien à Maurice, j’ai déjà eu le rang de chef de mission diplomatique, donc d’ambassadeur. Mais pour la mission : enseignant, chercheur, homme politique, j’ai toujours été un militant de la coopération régionale.
Le gouvernement a préféré nommer la maire de Charleville-Mézières, une enseignante, présentée comme une amie de Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères. Je n’ai rien contre cette personne, sûrement de grande qualité. Et je n’en fais pas une affaire personnelle : fils d’un pêcheur de Saint-Philippe, si j’ai quelque peu réussi ma vie, je dois tout à l’école républicaine et à mes électeurs, rien au fait du prince.
Mais j’avoue avoir été estomaqué par cette nomination. Qu’un gouvernement désigne pour s’occuper de la coopération régionale dans l’océan Indien un métropolitain au lieu d’un Réunionnais, alors que pour la Caraïbe, le poste correspondant est occupé par un Antillais, c’est faire peu de cas des Réunionnais par rapport à leurs compatriotes des Amériques. Qu’en plein débat sur la préférence régionale, il nomme un métropolitain novice en la matière au lieu d’un Réunionnais qui a quelques titres à faire valoir, c’est jeter de l’huile sur le feu. Qu’il nomme quelqu’un chargé de coordonner l’action de l’Etat avec celle du Département et de la Région en matière de coopération régionale sans tenir compte de l’avis des collectivités concernées, qu’est-ce, sinon une forme de mépris pour les élus locaux ? Que la demande des parlementaires censés contrôler l’action du gouvernement ne compte que pour du beurre, c’est une autre forme de mépris pour la représentation nationale. C’est beaucoup. C’est trop. Pis qu’une erreur, c’est une faute. On aurait voulu signifier qu’on a tiré un trait sur la réélection du président qu’on n’aurait pas agi autrement.
(...)
Il ne faut pas que de telles choses se reproduisent. Il faut que les Réunionnais ne soient pas jaloux les uns des autres et soient solidaires. Dans une île où la presque totalité des chefs de service sont des métropolitains, il faut que des Réunionnais accèdent à des postes de responsabilité. Pour atténuer le cloisonnement et le décalage entre l’administration et la population. Pour donner des repères et des exemples à nos jeunes, ainsi incités à se former pour prétendre aux plus hautes fonctions. Pour construire une Réunion nouvelle, non pas avec l’objectif de rattraper la France et l’Europe en plaquant sur elle un modèle importé, mais en tenant compte de son identité et de ses potentialités".
Aujourd'hui, Wilfrid Bertile a toutes les raisons d'être satisfait et il pourra à nouveau voter socialiste aux prochaines élections sans états d'âme : S'il n'a pas été nommé ambassadeur, c'est sa fille qui l'a été à sa place.
Et ironie de l'histoire : Alors que dans son courrier, il postulait au poste d'ambassadeur pour l'océan Indien, au motif qu'aux Antilles c'est un Antillais qui occupe ce poste, sa fille a été nommée... aux Antilles.