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Violences urbaines : “Ne surtout pas tomber dans le piège de la division”

Alors que demain, le préfet a convoqué les parlementaires et les élus réunionnais sur les violences urbaines, Perceval Gaillard s'est rendu ce mardi dans sa circonscription à la rencontre des associations qui œuvrent dans les quartiers.

Ecrit par Prisca Bigot – le mardi 02 avril 2024 à 21H07

“La réponse sécuritaire n’est pas la seule, c’est une réponse d’urgence, mais si l’on veut régler les problèmes sur le moyen et long terme, c’est des réponses sociales et éducatives qu’il faut donner. Il n’y a pas de problématique culturelle. Il n’y a pas de problème d’intégration ou de mauvaise intégration des Comoriens ou des Mahorais à La Réunion, ça, c’est un faux problème ”. Le député de la 7ᵉ circonscription en veut pour preuve le quartier du Gol. “Il y a une dizaine d’années, il y avait beaucoup de violence. Un travail a été fait vis-à-vis des jeunes, vis-à-vis des mères de famille”.

Fatima, plus connue sous le nom de “Gaya” à Saint-Louis, est membre de Fédération Solidarité des Communautés de l’océan Indien (FSCOI), de l’association Boska et a également créé sa propre structure. “Les parents et les enfants ont des difficultés. L’État est là, mais ne donne plus les moyens”, analyse celle qui est arrivée à La Réunion il y a quelques années déjà et qui s’est rapidement engagée au sein de son quartier. “Il faut aller à la rencontre, prendre le temps d’écouter, d’orienter. Il faut créer des liens. J’ai commencé par les enfants, par les parents et enfin le quartier”.

 

 

Chacun son tour, les différents représentants d’association sur le terrain exhortent à trouver une solution “à la situation”, à “soigner le bouton avant qu’il devienne une plaie”, invoque par exemple comme proverbe mahorais Sofia.

À travers ces violences urbaines, ces militants associatifs disent aussi des difficultés qu’ont tous parents (et encore plus les familles monoparentales) à élever les enfants, “l’éducation n’est plus la même”. Ils disent aussi des problèmes sociaux, de la communauté qui protège et qui en même temps est victime de “ségrégations” ou encore du manque de moyens donnés par l’État aux associations pour œuvrer sur le terrain.

En dépit de contextes différents, la peur que La Réunion devienne le théâtre de violences “comme à Mayotte” apparait aussi en filigrane pour certains.  “Nous sommes dans le même bateau. S’il coule, toute la France coule. Si le bateau avance toute la France avance”, apporte au débat Abdul Karim de la FSCOI.

“Il ne faut surtout pas tomber dans le piège de la division”, insiste le député qui proposera au préfet demain lors d’une réunion de travail avec les maires et les différents parlementaires un plan d’action. “Il faut pouvoir regarder les choses en face ». Si “tout le monde est d’accord” sur l’échiquier politique, “les solutions diffèrent” pointe en revanche le député insoumis qui réitère les propositions de son parti : recenser les associations qui doivent servir de relais, mettre en place un grand plan de protection de l’enfance et arrêter les transferts de prisonniers de Mayotte vers la Réunion.

 

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