Revenir à la rubrique : Société

Un livre, un auteur : « Une longue route pour m’unir au chant français » de François Cheng

Voici la nouvelle chronique littéraire de Gilette Aho :

Ecrit par La rédaction – le dimanche 03 septembre 2023 à 14H17
François Cheng, le livre d'une vie

« N’oublions pas nos morts ni notre propre mort,
C’est le devoir-mourir qui nous pousse vers l’élan.
De l’indicible au chant, notre voix est orphique,
Transmuant les absents en d’ardentes présences ».

Ces quelques vers écrits par François Cheng de l’Académie française sont extraits de l’ouvrage testamentaire : « une longue route pour m’unir au chant français »

Au fil des chapitres et dans une écriture aussi limpide que le bleu du ciel, François Cheng nous parle de son aventure terrestre et des morts qui vivent à nos côtés. Issu d’une famille de lettrés en Chine, il se prend de passion pour les poèmes de Rainer Maria Rilke (poète et écrivain autrichien).

Quant à l’âge de 20 ans, (en 1949) il se retrouve seul à Paris, il n’a aucune connaissance du français. Le temps, la patience et sa volonté vont lui ouvrir les portes de l’Académie française cinquante ans plus tard (en 2002).

La lecture de son autobiographie nous emmène vers l’éternité tant le choix des mots, la mise en phrases nous plongent dans une beauté perpétuelle, une tendresse infinie. Il revient sur ses lectures. La découverte de Rimbaud, la rencontre avec les écrivains tels que Vercors, Gide.

Son apprentissage du français l’a maintenu dans une exigence et dans une longue solitude. La langue française qu’il apprend avec toutes les complexités syntaxiques, le sens précis des synonymes, les énonciations littéraires. Il entreprend tout au long de son cheminement terrestre à rapprocher l’Occident de l’Orient en menant une réflexion sur le langage et la poésie.

D’autre part, pour l’académicien français, l’aventure de la vie est intimement liée à la mort. Nous le suivons quand il entreprend un voyage sur les traces de son poète préféré Rilke. Il partage avec nous son opposition au philosophe Adorno (ce dernier trouvait que c’était grossier d’écrire un poème autour de la Shoah).

François Cheng nous permet tout au long de la lecture de son ouvrage de ralentir et d’apaiser le temps tout en nous unissant au chant français.

La traversée dans le grondement tumultueux des vagues au spectacle sublime et en même temps plein de périls – à certains passages, le bateau frôle presque les falaises à pic – vaut baptême pour moi. A neuf ans, je comprends que mon voyage terrestre ne sera jamais de repos. Je serai toujours un errant, côtoyant sans cesse des abîmes imprévus.

 

Une longue route pour m’unir au chant français
François Cheng de l’Académie française
252 pages
Albin Michel

Thèmes :
Message fin article

Avez-vous aimé cet article ?

Partagez-le sans tarder sur les réseaux sociaux, abonnez-vous à notre Newsletter,
et restez à l'affût de nos dernières actualités en nous suivant sur Google Actualités.

Pour accéder à nos articles en continu, voici notre flux RSS : https://www.zinfos974.com/feed
Une meilleure expérience de lecture !
nous suggérons l'utilisation de Feedly.

0 commentaires

Dans la même rubrique

[Communiqué] 8 000 euros offerts pour la restauration du Chemin de croix de la Chapelle Pointue

Samedi 18 mai, dans le cadre de la Nuit des musées, Allianz France a remis à Béatrice Sigismeau, vice-Présidente du Conseil départemental, qui représentait le Président Cyrille Melchior, un don de 8 000 € pour la restauration du chemin de croix de la Chapelle Pointue, au Musée de Villèle. Une cérémonie à laquelle participait également la Conseillère départementale Eglantine Victorine.

Coup d’envoi de la Marche des visibilités ce dimanche

La Marche des visibilités va s’élancer du Jardin de l’Etat, à Saint-Denis, ce dimanche après-midi à 14h. Cette quatrième édition se terminera sur le Barachois avec des prises de parole et performances artistiques. Le Mois des visibilités doit, lui, s’achever le 25 juin prochain.

Le prix des oignons péi flambe sur les marchés

Depuis le mois dernier et l’interdiction par l’Inde de toute exportation de sa production d’oignons, les familles réunionnaises versent une larme à chaque fois qu’elles doivent s’approvisionner. Un lecteur de Zinfos974 nous a ainsi fait parvenir une photo prise samedi sur le marché de Saint-Pierre, où le prix de l’oignon péi, certes bien meilleur que son cousin indien, se négocie à 18 euros le kilo !

« L’histoire de la Buse est assez emblématique de la carrière d’un pirate de l’époque »

Si le mythe réunionnais du trésor de la Buse se nourrit depuis plusieurs décennies des nombreuses annonces, jamais confirmées, de découverte d’une potentielle cache secrète, Charles-Mézence Briseul estime qu’il faut rompre avec la coutume de la chasse au trésor et privilégier une archéologie de la piraterie. L’auteur de « La Buse, la biographie du plus grand pirate français » souligne par ailleurs que les rares éléments tangibles disponibles témoignent des difficultés financières du marin calaisien après le célèbre pillage de la Vierge du Cap.