Trois offres de rachat pour Le Quotidien de La Réunion

Le Quotidien de La Réunion et de l'océan Indien n'est pas encore sauvé, mais il revient de loin. En proie à d'importantes difficultés financières depuis son placement en redressement le 1er décembre 2021, le titre fondé par Maximim Chane Ki Chune il y a 47 ans n'avait reçu aucune offre de reprise à l'issue du délai imparti, le 13 décembre dernier.
Mais le Tribunal de commerce de Saint-Denis avait autorisé la poursuite des activités du journal pour une période de trois mois supplémentaires, à la faveur d'une aide exceptionnelle de 600.000 euros votée par la Région. La date limite de dépôt d'une offre de reprise avait ainsi été repoussée au 29 février et, un peu à la surprise générale, ce sont trois dossiers de rachat qui ont atterri sur le bureau de l'administrateur du Quotidien, Me Nicolas Gricourt.
Réunis en assemblée générale ce vendredi matin, les journalistes de la rédaction ont débattu des offres qui leur ont été présentées : celle d'Alfred Chane-Pane, l'ancien imprimeur du Journal de l'île, qui se présente à la tête d'un pool d'investisseurs locaux s'appuyant sur le patron de Zinfos974 Pierrot Dupuy ; celle de Jacques Tillier, le président directeur général du JIR, un titre lui-même placé en redressement judiciaire ; et celle, enfin, d'Henri Nijdam, patron de presse hexagonale (Média Capital), dont la précédente offre, en décembre dernier, avait été jugée hors des clous et non recevable.
Selon nos informations, les trois candidats déclarent vouloir racheter Le Quotidien et la plupart de ses 48 salariés, à l'exception notable des 36 journalistes qui composent la rédaction. Tous les repreneurs s'engagent cependant à en reprendre un certain nombre (les chiffres varient selon les offres de reprise), mais seulement après leur licenciement. Une stratégie dictée par la volonté de ne pas prendre en charge le coût des éventuelles clauses de cession, une disposition légale que peut faire valoir chaque journaliste lorsque le média qui l'emploie change de propriétaire.
Les trois offres retenues par l'administrateur du Quotidien vont désormais être examinées sur différents critères, celui du nombre d'emplois conservés figurant bien sûr parmi les plus importants. Les trois candidats, qui ne voulaient probablement pas poser tous leurs atouts sur la table, vont devoir améliorer leur offre pour empocher la mise, à mesure qu'ils seront mis en compétition par Me Nicolas Gricourt.
Comme lors de l'entre-deux-tours d'une élection, certains ralliements de circonstance ou de connivence pourraient secrètement s'opérer. Le fait qu'Henri Nijdam, ancien allié de Jacques Tillier, présente une offre distincte de celle du patron de JIR en faisant état de son intention d'imprimer chez Alfred Chane-Pane (ICP Roto), peut ainsi être aisément interprété comme la porte ouverte à une fusion de son offre avec celle du patron réunionnais.


