Trois-Bassins : Le riz péi s’invite dans les écoles

Pas de doute, pour Nicolas Florence, le directeur de l’association Riz Réunion, le riz qu’il présente à trois classes de l’école des Benjoins (Trois-Bassins) est “le meilleur du monde”. Devant lui, la trentaine d’élèves écoute attentivement ses explications sur la culture du riz à La Réunion. “C’est important de connaître votre culture. Vous devez savoir ce que vous avez dans vos assiettes”, explique Nicolas aux marmailles.
Objectif du jour pour les enfants, planter du riz dans des petits pots pour emporter chez eux. Ensuite, vient la mise en terre d’un plan pour la classe. “Certaines écoles ont réussi à garder leurs plants et ont désormais un petit caro de riz. À Saint-Gilles, les élèves vont pouvoir bientôt récolter leur production et la manger à la cantine”, se réjouit l’animateur.
Si tous savent que le riz qu’ils mangent provient d’une plante, les étapes d’usinages restent encore un mystère pour eux. “La graine que vous avez plantée s’appelle du riz paddy, mais il ne peut être consommé tout de suite. Il faut d’abord se débarrasser de sa coque, et on obtient du riz complet. Cette étape se nomme le décorticage. Si on souhaite avoir du riz blanc, il faut encore passer par l’étape du blanchissage qui sépare le riz du son. Le riz que nous récoltons à l’association doit passer par neuf étapes différentes, mais le riz que l’on trouve dans le commerce peut passer par jusqu’à douze étapes. Vous voyez donc que depuis le champ jusqu’à l’assiette, il y a beaucoup de travail. Voilà pourquoi il ne faut pas le jeter et faire attention au gaspillage alimentaire”, poursuit Nicolas Florence.
41.000 tonnes de blé importées chaque année à La Réunion
L’objectif est de convaincre les futurs consommateurs et citoyens de l’importance d’une filière rizicole locale. “Nous travaillons sur la sécurité alimentaire, et non pas l’autonomie. Pour nourrir toute l’île, il faudrait presque 21.000 hectares de riz, c’est presque la surface occupée par la canne aujourd’hui. Cela veut dire aussi recouvrir tous les champs de filets anti-oiseaux, et couper tous les arbres qui font de l’ombre aux cultures. Ce n’est pas réaliste. Ce que nous voulons, c'est développer la filière en formant et en important des machines pour créer un savoir-faire local”, explique le directeur de Riz Réunion, qui milite pour que “les créoles réalisent qu’on ne peut pas manger du riz tous les jours. Nous devons diversifier notre alimentation pour moins dépendre de l’extérieur”.
En fin d’atelier, les marmailles ont même pu goûter du riz bio complet produit à La Réunion. Une première pour beaucoup. “J’ai trouvé cela très constructif. Nous allons pouvoir travailler en classe sur ce sujet et on peut imaginer plein d’exercices autour de l’écrit”, s’enthousiasme de son côté la professeure des écoles Christelle Lauret, dont la classe a participé à l’animation.
Pour rappel, en 2021, La Réunion a importé près de 41.000 tonnes de riz, principalement en provenance d’Inde et du Cambodge.


