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Trafic de cocaïne Dubaï-Réunion et blanchiment : La tête de réseau présumée et sa compagne influenceuse confrontés

Il y a un an, Karim B., soupçonné d'être à la tête d'un réseau de trafic de cocaïne et de blanchiment d'argent en lien avec ce trafic, était placé en détention provisoire. Sa compagne, influenceuse et chroniqueuse TV, était également inquiétée, soupçonnée d'avoir été complice en tant que prête-nom d'une société d'import-export de véhicule qui aurait permis d'écouler une partie des sommes provenant du trafic. Tous deux vont se retrouver ce mardi après-midi dans le cabinet du juge d'instruction qui devrait confronter leurs déclarations.
Ecrit par Isabelle Serre – le mardi 20 février 2024 à 12H39

Le 7 février 2023, une petite dizaine d’interpellations s’étaient déroulées sur l'île, point d’orgue d’une longue enquête initiée par Tracfin, confiée à une juge d’instruction de St-Denis. Cinq individus, trois hommes et deux femmes, étaient déférés devant le procureur de la République de St-Denis à la suite de leur garde à vue.

Les deux protagonistes féminines, la compagne et l'ex-compagne de Karim B., considéré dans cette enquête comme la tête d'un réseau de trafic de stupéfiants entre la Guyane, l'Hexagone et La Réunion, sont soupçonnées d'avoir été des prête-noms pour des sociétés d’import-export de véhicules d’occasion de luxe, dont l’objectif était de blanchir l’argent issu du trafic de drogue dure. Du blanchiment qui aurait amené le couple alors formé par Karim B., la trentaine, et Marina L.L., une influenceuse, animatrice d’un talk show à la sauce péi vers une vie de luxe à Dubaï. Pour autant, le trentenaire, 13 condamnations à son casier judiciaire prononcées par différents tribunaux en métropole, vit des minima sociaux.

Sa compagne affirme dans les différentes publications sur les réseaux sociaux que nous avons pu consulter ne pas avoir eu conscience de se trouver au cœur d’un trafic. Un élément qui sera probablement débattu ce mardi après-midi dans le cabinet du juge d'instruction en charge de ce dossier où Karim B. et la récente maman vont être confrontés.

Un troisième individu, Irshad A., mécanicien de profession, est également inquiété dans cette affaire. Il lui est reproché d’avoir encaissé à plusieurs reprises des mandats cash à la demande de Karim qui était un de ses clients via les véhicules de luxe que celui-ci faisait importer. Son rôle mineur dans cette affaire lui a valu d’éviter la détention provisoire. Bilal R. a eu moins de chance de fait de son implication plus active au sein du réseau.

Karim B., est toujours écroué en attendant les suites de l’enquête et d’éventuelles poursuites devant le tribunal correctionnel devant lequel, si les faits reprochés sont avérés, il encourt 10 ans de prison. Ce mardi matin, il faisait par la voix de son avocat Me Julien Baracco, une demande de remise en liberté. Son passé judiciaire a joué en sa défaveur quant à l'avis donné par la représentante de la société qui a suggéré à la cour de le considérer au même titre que les risques de pression sur des co-auteurs et de refuser la demande de libération.

Décision demain, 21 février.

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