Trafic de cocaïne Dubaï-Réunion et blanchiment : La tête de réseau présumée et sa compagne influenceuse confrontés

Le 7 février 2023, une petite dizaine d’interpellations s’étaient déroulées sur l'île, point d’orgue d’une longue enquête initiée par Tracfin, confiée à une juge d’instruction de St-Denis. Cinq individus, trois hommes et deux femmes, étaient déférés devant le procureur de la République de St-Denis à la suite de leur garde à vue.
Les deux protagonistes féminines, la compagne et l'ex-compagne de Karim B., considéré dans cette enquête comme la tête d'un réseau de trafic de stupéfiants entre la Guyane, l'Hexagone et La Réunion, sont soupçonnées d'avoir été des prête-noms pour des sociétés d’import-export de véhicules d’occasion de luxe, dont l’objectif était de blanchir l’argent issu du trafic de drogue dure. Du blanchiment qui aurait amené le couple alors formé par Karim B., la trentaine, et Marina L.L., une influenceuse, animatrice d’un talk show à la sauce péi vers une vie de luxe à Dubaï. Pour autant, le trentenaire, 13 condamnations à son casier judiciaire prononcées par différents tribunaux en métropole, vit des minima sociaux.
Un troisième individu, Irshad A., mécanicien de profession, est également inquiété dans cette affaire. Il lui est reproché d’avoir encaissé à plusieurs reprises des mandats cash à la demande de Karim qui était un de ses clients via les véhicules de luxe que celui-ci faisait importer. Son rôle mineur dans cette affaire lui a valu d’éviter la détention provisoire. Bilal R. a eu moins de chance de fait de son implication plus active au sein du réseau.
Karim B., est toujours écroué en attendant les suites de l’enquête et d’éventuelles poursuites devant le tribunal correctionnel devant lequel, si les faits reprochés sont avérés, il encourt 10 ans de prison. Ce mardi matin, il faisait par la voix de son avocat Me Julien Baracco, une demande de remise en liberté. Son passé judiciaire a joué en sa défaveur quant à l'avis donné par la représentante de la société qui a suggéré à la cour de le considérer au même titre que les risques de pression sur des co-auteurs et de refuser la demande de libération.
Décision demain, 21 février.


