Revenir à la rubrique : Faits divers | Océan Indien

Trafic de cannabis : Quatre ans de prison pour « Nono » mais aucune explication

Jérémy Désiré alias "Nono", a été jugé ce jeudi après des années d'attente pour son extradiction depuis l'île Maurice. Il n'a pas reconnu l'ombre d'un des faits qui lui étaient reprochés, et encore moins être le fameux "Nono" dont tout le monde parle dans la procédure.

Ecrit par Régis Labrousse – le vendredi 06 octobre 2023 à 12H54

« Je ne suis jamais venu à la Réunion. Je n’ai pas de casier à Maurice et je ne suis pas le surnommé « Nono ». Je ne reconnais rien des faits qui me sont reprochés« , sont en substance les paroles qui résument ce procès pour trafic de drogue international. Jérémy Désiré surnommé « Nono », reconnu par les protagonistes de cette affaire comme étant le bras droit du surnommé « Franklin », nie tout en bloc. Même l’interprète présent lors de l’audience n’a pas prononcé le moindre mot. Pourtant, le président du tribunal a mis du cœur à l’ouvrage pour tenter de confondre le prévenu. Rien n’y fait.

Directement mis en cause par Laurent M. – considéré comme la tête de réseau réunionnaise et qui a écopé de 5 ans de prison dont 1 an de sursis – le skipper Mauricien dit qu’il le connait mais parce qu’il s’est battu avec lui à Maurice parce qu’il n’avait pas voulu payer une excursion en bateau lors d’un séjour sur l’île sœur. Pas né de la dernière pluie, le président lui demande : « Comment vous savez que c’est bien celui de cette affaire du coup puisque vous ne l’avez vu qu’une fois ?« . « C’est mon avocate qui m’a montré la photo qui est dans le dossier« , ajoutant : « Je veux bien une confrontation avec lui tout de suite, il n’y a pas de problème« . 

Face au positionnement du prévenu, les débats tournent court. Le président évoque les écoutes téléphoniques, les témoignages des autres individus qui le désignent, et malgré l’énumération de tous les éléments du dossier à charge, il n’obtient rien de plus et clôt l’instruction du dossier non sans une certaine frustration quelque peu palpable. Même chose du côté du procureur de la République qui dénote : « C’est votre droit de tenir cette position, c’est ce qui fait la richesse des audiences. Pour autant, ce dossier est constitué d’un véritable faisceau de preuves qui vous mettent clairement en cause« , assène le parquet qui requiert une peine de 7 ans de prison et l’interdiction définitive de territoire, considérant les enjeux importants de ces trafics.

« Vous l’aurez compris, c’est la relaxe que je plaide dans ce dossier« , répond maître Chantal Laguerre, en charge de la défense. « Ce dossier est vide, il n’y a rien contre lui. Il n’a jamais été entendu et la parole de celui qui le met en cause n’est pas d’or, il a pu dire ce qu’il voulait. Laurent M. avait tout intérêt à faire porter le chapeau à quelqu’un d’autre car il sait ce qu’il risque s’il donne les vrais noms, Rien ne rattache mon client à des noms de ce dossier. Aucun téléphone n’est à son nom et aucun lien n’a été fait entre le nom de mon client et son alias. Des « Nono », il y en a partout, même à Maurice. Si vous entrez quand même en voie de condamnation, je vous demande de réduire le quantum. Ce n’est pas parce qu’il est Mauricien qu’il doit prendre plus que la tête de réseau réunionnaise« , plaide la robe noire. 

Après délibération, le tribunal reconnaît Jérémy Désiré alias « Nono », coupable et le condamne à 4 ans de prison avec maintien en détention et prononce une interdiction de territoire définitive. « Vos explications sont insuffisantes pour que l’on puisse tendre vers une non-culpabilité. Le tribunal a une conviction. Vous êtes le skipper et sans vous, rien n’est possible« , conclut le magistrat.   

Thèmes : Trafic de drogue
Message fin article

Avez-vous aimé cet article ?

Partagez-le sans tarder sur les réseaux sociaux, abonnez-vous à notre Newsletter,
et restez à l'affût de nos dernières actualités en nous suivant sur Google Actualités.

Pour accéder à nos articles en continu, voici notre flux RSS : https://www.zinfos974.com/feed
Une meilleure expérience de lecture !
nous suggérons l'utilisation de Feedly.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

Dans la même rubrique

Soupçons d’emplois illégaux à la Région : « La fin ne saurait justifier les moyens »

La procureure de la République Véronique Denizot a demandé la condamnation des 11 prévenus de l’affaire des emplois présumés illégaux de la Région, ce jeudi lors de la quatrième journée du procès, une peine de 5 ans d’inéligibilité étant notamment requise pour l’ancien président Didier Robert, visé pour prise illégale d’intérêts et détournement de fonds . L’actuelle mandature de la Région, partie civile du procès, a demandé un préjudice à hauteur de 1,5 million correspondant à la somme des salaires versés aux huit conseillers techniques poursuivis pour recel.

Soupçons d’emplois illégaux à la Région : « Nous étions des facilitateurs »

Au troisième jour du procès sur les emplois présumés fictifs à la Région sous les mandats de Didier Robert, six prévenus ont témoigné, affirmant leur engagement et leur innocence. Yves Ferrières, Sabrina Ramin, Yannick Gironcel, Jean-Charles Maroudé, Ravy Vellayoudom, et Yoland Velleyen ont décrit leurs rôles sans pour certains fournir cependant des détails concrets sur leurs missions. Le procès continue aujourd’hui avec les dépositions attendues de Vincent Bègue et Didier Robert et les réquisitions du parquet qui permettront sans doute d’en savoir plus sur ce qu’a révélé l’enquête menée par les policiers parisiens.