Streaming : pourquoi votre facture va augmenter d’ici 2030 ?

Longtemps présenté comme une alternative économique à la télévision traditionnelle, le streaming pourrait devenir un poste de dépense de plus en plus lourd pour les ménages. Selon une étude prospective, la seule addition des plateformes vidéo pourrait atteindre près de 75 euros par mois à l’horizon 2030. Une trajectoire qui interroge aussi à La Réunion, où le coût du numérique est déjà plus élevé qu’en métropole.
En une quinzaine d’années, le streaming a profondément changé de visage. En 2014, l’abonnement de base à Netflix s’affichait à moins de huit euros par mois. Aujourd’hui, certaines formules approchent ou dépassent les quinze euros, une dynamique également observée chez Disney+ ou HBO Max. Jusqu’où cette inflation peut-elle aller ? C’est la question posée par une étude publiée par la plateforme française Spliiit, spécialisée dans le coabonnement.
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Une cinquantaine d'euros en moyenne aujourd'hui
Selon ses projections, la dépense mensuelle moyenne consacrée aux services de vidéo à la demande par abonnement pourrait atteindre environ 75 euros d’ici 2030, contre une cinquantaine aujourd’hui. En cause, une inflation annuelle des services numériques estimée entre 10 % et 15 %, la multiplication des plateformes et la transformation progressive de services autrefois inclus en options payantes. À cela s’ajoutent des évolutions qui pèsent sur l’expérience utilisateur : apparition de la publicité, restrictions du partage de comptes ou encore monétisation accrue de la qualité vidéo et audio.
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Cette hausse ne concerne pas uniquement la vidéo. L’étude élargit l’analyse à l’ensemble des abonnements numériques – streaming musical, presse en ligne, stockage cloud ou logiciels professionnels – et évoque un « panier numérique » susceptible d’atteindre 230 euros par mois en 2030, soit plus de 2.700 euros par an. Le streaming et les outils de productivité représenteraient à eux seuls plus de la moitié de cette facture.
Et à La Réunion ?
À La Réunion, cette trajectoire soulève des inquiétudes particulières. Les abonnements y sont structurellement plus chers. Les usages, eux, confirment pourtant le poids croissant de la vidéo : d’après l’Arcep, le trafic de données mobiles progresse fortement sur l’île, porté en grande partie par la consommation de contenus vidéo, avec un volume moyen d’environ 15 Go par mois et par abonné. Autrement dit, le streaming est déjà bien installé dans les pratiques, mais dans un contexte où le budget numérique pèse davantage sur le pouvoir d’achat.
À l’échelle nationale, environ six Français sur dix disposent aujourd’hui d’au moins un abonnement de streaming vidéo, Netflix restant la plateforme la plus largement diffusée. Faute de chiffres spécifiques pour La Réunion, ces ordres de grandeur donnent néanmoins la mesure d’un phénomène appelé à s’amplifier. À mesure que les abonnements se multiplient et renchérissent, l’accès aux contenus culturels et aux services numériques pourrait devenir plus contraint, renforçant les inégalités dans un territoire où le numérique n’est plus un simple confort, mais un poste de dépense incontournable.


