À La Réunion, les bébés portent plus souvent le nom de leurs deux parents

Les parents réunionnais choisissent davantage de transmettre leurs deux noms de famille à leur enfant que dans le reste de la France, explique l'Insee dans une récente étude. En 2025, 22 % des nouveau-nés reconnus par leurs deux parents à La Réunion ont reçu un double nom, contre 16 % à l’échelle nationale.
Le nom du père demeure largement majoritaire à la naissance, mais le double nom poursuit sa progression. Selon une étude publiée par l’Insee, 15,1 % des 644.000 enfants nés en France en 2025 portent les noms de leurs deux parents.
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Cette proportion était de 10,3 % en 2014. En un peu plus de dix ans, la pratique a donc progressé de près de cinq points. À l’inverse, 77,9 % des nouveau-nés portent uniquement le nom de leur père et 6,8 % seulement celui de leur mère. Dans ce dernier cas, la plupart des enfants n’ont été reconnus que par elle.
La Réunion au-dessus de la moyenne nationale
La tendance est encore plus marquée dans les départements et régions d’outre-mer, à l’exception notable de Mayotte.
À La Réunion, 22 % des enfants reconnus par leurs deux parents portent un double nom. L’île se situe ainsi six points au-dessus de la moyenne nationale, établie à 16 % pour cette catégorie de nouveau-nés.
La proportion atteint 24,2 % en Martinique et 22,9 % en Guadeloupe. L’Insee ne fournit toutefois pas d’explication particulière concernant le niveau observé à La Réunion.
Mayotte fait figure d’exception, avec moins de 1 % de doubles noms. L’institut rapproche cette situation de l’histoire de l’état civil mahorais. Avant sa révision à partir de 2000, les habitants portaient généralement leur prénom suivi de celui de leur père, sans véritable nom de famille transmis sur plusieurs générations.
Trois fois plus fréquent chez les parents non mariés
Le choix du double nom varie fortement selon la situation familiale. Les parents non mariés le choisissent près de trois fois plus souvent que les couples mariés : 21,7 %, contre 7,6 %.
Cette part monte à 23,1 % lorsque les parents ne vivent pas ensemble. Le double nom permet notamment de rendre visible la filiation entre l’enfant et sa mère lorsque celle-ci ne porte pas le même nom.
Chez les couples de femmes, la pratique est largement majoritaire : près de 60 % des enfants portent les noms de leurs deux mères. En l’absence de choix explicite, la loi prévoit d’ailleurs automatiquement l’attribution du double nom.
Le nom du père reste placé en premier
Même lorsque les deux noms sont transmis, l’ordre traditionnel reste dominant. Dans les trois quarts des cas, le nom du père précède celui de la mère.
Depuis 2005, les parents peuvent pourtant choisir de transmettre le nom du père, celui de la mère ou leurs deux noms accolés, dans l’ordre de leur choix. Une évolution législative destinée à mettre fin à l’exclusivité paternelle qui prévalait auparavant dans la transmission du nom de famille.


