Malaise à l'École d'apprentissage maritime : face aux critiques des familles, la direction réplique

L’ambiance se tend à l’École d’apprentissage maritime du Port (EAMR). Dans un courrier transmis à notre rédaction, un groupe de parents d'élèves dénonce des cas de harcèlement institutionnel, des sanctions disproportionnées et la rétention de bulletins de notes à l'approche de la rentrée. Interrogé, le directeur de l'établissement, Sami Ouadrani, rejette en bloc ces accusations et invoque l'application rigoureuse du règlement intérieur et des spécificités légales liées aux métiers de la mer.
Un protocole contesté par des familles. Dans un document écrit, plusieurs parents d’élèves de l’EAMR tirent la sonnette d’alarme sur ce qu'ils qualifient de « climat de peur ». Ils pointent du doigt des propos jugés humiliants de la part de l'encadrement, des exclusions prononcées sans conseil de discipline, ainsi que la pratique de fouilles et de tests urinaires de dépistage réalisés hors protocole médical standard. Le collectif s'inquiète également du sort de huit élèves dont le passage en classe supérieure n'est toujours pas validé, faute de bulletins et de conventions de stage transmis.
Pas de bulletin ? « Une question d'équité »
Face à ces accusations, le directeur Sami Ouadrani a tenu à apporter une mise au point factuelle, en commençant par la situation des bulletins scolaires non distribués. Loin d'un dysfonctionnement administratif, il s'agit selon lui d'une situation sur-mesure, initiée par les familles elles-mêmes.
« Il s’agit tout simplement d’une demande des parents qui ont souhaité, pour des raisons diverses, que leurs enfants ne passent pas leurs CCF (Contrôles en Cours de Formation) en juin, mais en août », explique le directeur. Or, ces examens de fin d'année sont cruciaux et peuvent comporter des notes éliminatoires pour le passage en année supérieure. « Par souci d’équité, on ne peut pas acter un passage en deuxième année alors que l'évaluation n'a pas officiellement eu lieu. »
Des stages assurés et un cadre légal strict
Sur le front des stages, une source d'angoisse majeure pour les élèves marins dont la scolarité dépend de l'embarquement, la direction se veut rassurante. Pour la vague de rentrée qui débute le 18 septembre, « tout est préparé en amont et aucun élève n'est laissé sur le carreau », martèle Sami Ouadrani. L’établissement rappelle qu’il accompagne activement les jeunes via son réseau d'entreprises partenaires, tout en veillant à la stricte conformité des missions (un élève en mécanique doit faire de la mécanique, un autre doit valider son temps de navigation).
Quant à la question sensible des dépistages anti-drogue et des contrôles médicaux au sein de l'école, le directeur rappelle la spécificité des métiers visés : « Pour la profession de marin, une visite médicale annuelle est obligatoire. Nos encadrants sont des gens de mer, formés et habilités à procéder à ces tests. »
« Aucune sanction hors de la loi »
Interrogé enfin sur le climat relationnel et la sévérité supposée des sanctions, Sami Ouadrani exprime sa vive surprise face à une équipe pédagogique qu'il décrit comme « soudée et expérimentée ». Rappelant que le respect mutuel est inscrit au cœur du projet d'établissement et que le règlement est signé par les deux parties en début d'année, il conclut avec fermeté : « Certains ont pu trouver les sanctions dures, mais tout est prévu. Pour les faits graves, une exclusion conservatoire de 8 jours maximum peut être prononcée en attendant le conseil de discipline. Il n'y a aucune sanction en dehors du cadre de la loi. »


