St-Paul : Le psychothérapeute accusé de violer ses patientes veut sortir de prison

"C'est toujours le même mode opératoire fondé sur l'emprise et l'exploitation de la vulnérabilité de ses proies", résume la robe noire présente ce mardi matin à l'audience de la chambre de l'instruction. Celle-ci annonce la présence d'environ 10 à 15 plaignantes qui souhaitent témoigner devant les jurés d'assises.
Le psychothérapeute auto proclamé et condamné en mars 2022 à 13 ans de réclusion par la cour criminelle souhaite être remis en liberté en attendant sa comparution devant la cour d'assises en 2023. Car même s'il a reconnu lors de l'audience criminelle avoir abusé d'environ 200 femmes qui auraient fréquenté son cabinet saint-paulois en forme de bulle, le septuagénaire a fait appel de sa condamnation.
Mais l'avocat de ce dernier rétorque que l'instruction de cette affaire a duré 10 ans, "une décennie au cours de laquelle [son] client était libre de ses mouvements". Pour Me Charlie Follenfant, le psychothérapeute n'aurait jamais fait pression sur sa patientèle avant son procès. "Le seul argument que vous avancez, c'est sa condamnation. C'est une violation caractérisée de la présomption d'innocence", tonne le conseil.
Aucune qualification officielle
Pour rappel, l'accusé s'était fait une réputation auprès des couples en difficulté. Il recevait dans sa bulle à Saint-Paul et s'intéressait plus particulièrement au sort des dames qu'il voyait seul en consultation. Il leur proposait sa méthode : recomposer des personnes morcelées en utilisant la technique du massage californien. Un massage se pratiquant nu pour éviter toute gêne dans les mouvements. De nombreuses femmes ont raconté que le psychothérapeute leur prodiguait des caresses intimes, demandait des fellations et procédait à des pénétrations.
Le septuagénaire qui n'avait pas les qualifications requises exerçait de façon gratuite "par amour de son prochain" et parce que selon son expérience, "la gratuité hâtait la guérison".
Les magistrats de l'instruction se sont donné jusqu'au 11 octobre pour décider si oui ou non, l'accusé restera incarcéré.


