Manifestations lycéennes à La Réunion et à Mayotte : 110 gardes à vue en une semaine

Entre le 1er et le 8 octobre 2026, 110 gardes à vue ont été enregistrées dans le ressort de la cour d’appel de Saint-Denis, dont 92 concernaient des mineurs. Face aux blocages et aux incidents survenus aux abords de plusieurs établissements scolaires, les parquets de Saint-Denis, de Saint-Pierre et de Mamoudzou ont engagé des poursuites et mis en œuvre différentes réponses pénales.
Depuis le 1er octobre, plusieurs établissements scolaires de La Réunion et de Mayotte sont confrontés à des blocages, des tentatives de blocage et des rassemblements lycéens. Si ces mobilisations donnent lieu à des expressions collectives, elles ont également été marquées par des violences, des dégradations et des jets de projectiles. Selon le bilan communiqué par le parquet général, certains de ces faits auraient été commis par des groupes d’individus cagoulés, parfois étrangers aux établissements concernés.
Les forces de sécurité intérieure, policiers et gendarmes, sont mobilisées pour sécuriser les abords des établissements, garantir le déroulement des rassemblements dans le calme et interpeller les personnes soupçonnées d’avoir commis des infractions.
En parallèle, les parquets de Saint-Denis, de Saint-Pierre et de Mamoudzou assurent le suivi judiciaire des procédures, de jour comme de nuit, y compris le week-end. Cette mobilisation concerne notamment la gestion des gardes à vue, le traitement des procédures en temps réel, les déferrements devant les magistrats et la tenue des audiences.
110 gardes à vue, dont 92 concernant des mineurs
Entre le 1er et le 8 octobre, 110 gardes à vue ont été recensées dans l’ensemble du ressort de la cour d’appel de Saint-Denis. Parmi les personnes concernées, 92 étaient mineures, soit 84 % du total, tandis que 18 étaient majeures.
La répartition géographique fait état de 68 gardes à vue dans le ressort du parquet de Saint-Denis, de 30 dans celui de Saint-Pierre et de 12 dans celui de Mamoudzou.
À l’issue de l’examen des procédures, les parquets ont privilégié des réponses pénales présentées comme fermes, rapides et individualisées.
36 personnes poursuivies devant les juridictions
Au total, 36 personnes font l’objet de poursuites judiciaires : 30 mineurs et six majeurs.
Parmi les mineurs concernés, 26 ont été déférés devant la justice et quatre ont été convoqués devant le juge des enfants. Chez les majeurs, cinq ont été déférés.
Par ailleurs, 13 mineurs ont été placés sous contrôle judiciaire. Les mesures prononcées comportent notamment des obligations de respecter un couvre-feu, de ne pas participer à des manifestations sur la voie publique, de ne pas quitter le département et de répondre aux convocations judiciaires.
En complément des poursuites, 30 mesures alternatives aux poursuites ont été engagées, dont six à l’issue d’un déferrement.
Le bilan fait également état de 19 procédures classées sans suite. Les 25 autres restent en cours d’enquête ou d’orientation.
La responsabilité des parents rappelée
Dans son communiqué, la procureure générale Fabienne Atzori rappelle les obligations des parents en matière d’éducation et de surveillance de leurs enfants mineurs.
Sur le plan civil, l’article 1242 du Code civil prévoit, dans les conditions fixées par la loi, la responsabilité des parents pour les dommages causés par leur enfant mineur. Ils peuvent ainsi être tenus d’indemniser les victimes, notamment les membres des forces de l’ordre blessés dans l’exercice de leurs fonctions, ainsi que les personnes ou les établissements ayant subi des dégradations.
Le parquet général souligne également que la responsabilité pénale des parents peut être engagée dans certaines circonstances. En application de l’article 227-17 du Code pénal, le manquement à leurs obligations légales au point de compromettre la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation de leur enfant est susceptible d’être sanctionné lorsque les conditions prévues par la loi sont réunies. Cette infraction est passible de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.
Les représentants légaux des mineurs concernés sont systématiquement convoqués aux différentes étapes de la procédure judiciaire.
Enfin, le parquet général rappelle que toute personne mise en cause demeure présumée innocente jusqu’à ce qu’une décision de justice définitive établisse, le cas échéant, sa culpabilité.


