Revenir à la rubrique : Faits divers

St-Joseph : « Ce qu’il veut, c’est les femmes, pas les enfants »

Un Saint-Louisien a été jugé pour avoir harcelé son ex-conjointe alors qu'il avait interdiction de l'approcher suite à un jugement précédent. Le prévenu a expliqué qu'il voulait juste connaître l'enfant qu'il a eu avec elle, mais dont il ne connaît même pas le prénom. Il va rester 8 mois de plus en prison, là où il est déjà incarcéré pour des faits de violences sur ascendant en plus de la levée d'un sursis.

Ecrit par Gaëtan Dumuids – le samedi 09 décembre 2023 à 11H56

C’est avec les menottes aux poignets que Samuel J. est arrivé à son procès pour harcèlement de son ex-compagne. Une fois n’est pas coutume, le procès a débuté par la lecture de son casier judiciaire pour comprendre les enjeux de l’affaire. Huit condamnations y sont enregistrées, dont cinq pour des faits de violences.

Le trentenaire est actuellement incarcéré pour des violences récentes sur ses parents. Surtout, le prévenu a vu son contrôle judiciaire commué en détention provisoire pour ne pas avoir respecté la mesure d’éloignement sur la mère de son dernier enfant. En 2022, il avait été condamné pour agression sexuelle sur elle et avait interdiction de l’approcher.

Dès la détention, il utilisait le téléphone circulant en prison pour l’appeler. À sa sortie, il utilisait les téléphones des personnes présentes aux soirées où il s’alcoolisait. Il l’avait également suivie dans Saint-Joseph et s’était rendu à proximité de la maison de ses parents. Enfin, certains amis du Saint-Louisien faisaient des menaces à la victime lorsqu’ils la croisaient.

« Je ne sais même pas comment s’appelle le petit »

Face aux juges, le prévenu explique que c’est à cause de l’alcool qu’il l’appelle et qu’il veut juste connaître son enfant. « Je ne ferais du mal à personne. Elle fait sa vie, je fais la mienne. Je ne sais même pas comment s’appelle le petit », lance-t-il en forme de reproche à la victime.

« Quand je lui ai dit que j’étais enceinte de deux mois, il m’a quittée. Il m’a dit devant son pote qu’il avait déjà deux enfants et qu’il n’en voulait pas d’un troisième. Il dit à tout le monde que ce n’est pas son enfant, parce que je l’aurais trompé. Ce qu’il veut, c’est les femmes, pas les enfants. Il veut juste récupérer ce qui lui appartenait, ce qu’il contrôlait et qu’il a perdu », s’émeut la victime.

Cette dernière va ensuite expliquer qu’elle a dû déménager, changer de travail et de groupe d’amis pour être sûre qu’il ne la retrouve pas. « Elle ne peut plus vivre seule. Elle a peur de mettre son enfant à la crèche, car il a menacé de l’enlever. Mais l’enfant, il s’en moque, il pourrait engager les démarches pour le reconnaître, mais il ne le fera pas », affirme Me Lucie Kerachni qui demande 1000 euros pour le préjudice moral de sa cliente.

« On est dans un système de vengeance dès qu’on a commis une erreur »

« Elle ne demande même pas de punition, elle veut juste la paix. Mais même ça, il ne veut pas. Quand on est sous contrôle judiciaire, la première chose à respecter, c’est de ne pas faire de nouvelles infractions. Et bien non, il commet même des violences sur ses ascendants et se retrouve sous le coup de deux peines d’emprisonnement », rappelle la Vice-procureure Carole Pantalacci qui requiert une peine de 15 mois de prison ferme.

« On ne peut pas le condamner à 15 mois de prison pour 4 appels. La peine doit rester liée aux faits, pas au casier judiciaire. Pourquoi est-il puni ? Parce qu’il veut voir son enfant ? Parce qu’il veut de l’amour ? On est dans un système de vengeance dès qu’on a commis une erreur », argue Me Alain Le Bras.

Le tribunal le condamne à 8 mois de prison ferme qui s’ajoutent à la peine en cours qui devait s’achever en septembre 2024. Il doit de plus payer 1000 euros pour le préjudice moral.

 

 

 

Thèmes : Justice
Partagez cet article:
S’abonner
Notification pour
2 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
furax666
2 mois il y a

elle voulait juste des enfants pas d hommes…

Heben
2 mois il y a

Pfff.. a emmener loin en mer et faire tomber du bateau..qd s occupera t on vraiment de ce genre de nuisible..frapper même ses parents…quelle éducation à t il reçu ou pas reçu?Le mec est à recommencer…

Dans la même rubrique

St-Denis : Les parents dépassés frappent leur garçon avec le tuyau d’arrosage

Le père et la mère minimisent les coups portés régulièrement à leur marmaille de 12 ans avec une ceinture. Mais les constatations médicales sont sans appel. Un jour de février 2020, ils se sont, chacun à leur tour, particulièrement acharnés à cause d’un « trop-plein ». Si la famille semble désormais réunie, les prévenus ont tout de même été condamnés ce vendredi. Le père est derrière les verrous pour d’autres faits de violences.

Trafic de drogues de synthèse : Le psychonaute sévèrement condamné

Des substances psychédéliques par kilo importées par colis postal de Chine où elles sont fabriquées par des laboratoires ont inondé La Réunion. Ces cristaux qui imitent la cocaïne ou les amphétamines ne seraient pas de la drogue, selon un trentenaire rejugé à sa demande par la cour d’appel en novembre 2023. Celui-ci s’est réclamé de sa consommation personnelle et n’a pas manqué d’imagination pour justifier son train de vie. Mais il n’a pas convaincu la cour dont la décision tombe comme un couperet.